De juin 2018 à juin 2019, une étude coordonnée par l’Institut Pasteur de Bangui et financée par le Fond Mondial à travers Word Vision met en œuvre l’évaluation de la sensibilité des vecteurs du paludisme aux insecticides dans certaines régions en Centrafrique.

Le paludisme est une maladie infectieuse, mortelle mais curable. Il est transmis par les piqûres de moustiques femelles du genre Anopheles. En République Centrafricaine (RCA), le paludisme se transmet de manière intense et pérenne toute l’année. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les deux méthodes de base pour lutter contre la transmission du paludisme sont l’usage de Moustiquaires Imprégnées d’Insecticides à Longue Durée d’Action (MILDA) et la pulvérisation intra-domiciliaire (PID) d’insecticides rémanents.

Malheureusement, la résistance des vecteurs aux insecticides a été rapportée dans différentes régions du monde incluant l’Afrique sub-saharienne. Ce constat constitue alors un obstacle majeur pour le contrôle des moustiques qui transmettent le paludisme et d’autres maladies.

La République Centrafricaine ne dispose pas de données récentes sur les moustiques vecteurs du paludisme, leur répartition ainsi que leur sensibilité aux insecticides pour l’ensemble du pays mises à part les données obtenues au niveau de Bangui la Capitale et ses environs.

Le service d’Entomologie médicale de l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) dirigé par le Dr Carine NGOAGOUNI, mène des études d’intérêt médical sur la connaissance des moustiques comme les Anophèles (vecteur du Plasmodium) et des Aedes (vecteur des arbovirus). L’objectif est de déterminer le rôle épidémiologique de chaque espèce et proposer des moyens de lutte efficaces.

Financé par le Fond Mondial à travers World Vision, la présente étude vise à évaluer dans certaines régions sanitaires de la RCA, la sensibilité des vecteurs du paludisme aux insecticides. L’étude sera coordonnée par l’équipe d’entomologistes médicaux de l’IPB en partenariat avec le Ministère de la Santé à travers le Service de Lutte contre le Paludisme (SLP), World Vision et une expertise internationale représentée par l’Institut Pasteur de Dakar au Sénégal (IPD) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) à Montpellier en France.

L’équipe d’entomologistes de l’IPB procédera à l’échantillonnage des populations naturelles d’anophèles sur les différents sites retenus dans cette étude. Elle réalisera également les différentes analyses de laboratoire (identification morphologique, bio-essais, analyses moléculaires et biochimiques).