Dans le but de proposer de futurs tests plus simples d’utilisation et moins chers pour le diagnostic et la prise en charge du paludisme, l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) et la société HORIBA Médical (Montpellier, France), fabricant des machines d’hématologie utilisées à l’IPB, collaborent au développement et à la validation d’outils innovants. A partir du 1er juillet 2017, et en collaboration étroite avec des médecins hospitaliers partenaires, un dispositif spécial sera mis en place à l’IPB afin de recevoir les volontaires avec de la fièvre et n’ayant pas pris de traitement antipaludique. Cette étude permettra en outre d’évaluer la présence en République Centrafricaine des virus des syndromes fébriles, hors paludisme (dengue, chikungunya, zika, etc).

Le paludisme est une maladie endémique en Afrique Sub-Saharienne (regroupant plus de 85 % des 198 millions de cas répertoriés dans le monde) et en République Centrafricaine (RCA). Elle constitue la principale cause de morbidité/mortalité, notamment chez les enfants de moins de 5 ans. D’après les données de 2013 du Service de Lutte contre le Paludisme en RCA, structure du Ministère de la Santé et de la Population chargée de coordonner la lutte contre la maladie dans le pays, 59 % des consultations dans les formations sanitaires et 34 % des décès sont liés au paludisme. Il y aurait 1,4 millions de cas estimés et 3 600 décès chaque année d’après l’OMS (http://www.who.int/malaria/publications/country-profiles/profile_caf_en.pdf?ua=1).

En RCA, la maladie est provoquée exclusivement par le parasite Plasmodium falciparum, espèce la plus pathogène et responsable des cas mortels sans traitement, transmis à l’homme par les piqures de moustiques du genre Anopheles. Les manifestations du paludisme sont diverses rendant complexe son diagnostic clinique. La maladie débute généralement par un syndrome fébrile qui peut inclure des vomissements, diarrhées, etc. La prévention de la maladie peut se faire par la protection contre les piqures de moustiques (moustiquaires, répulsifs), ainsi que par des traitements préventifs généralement réservés aux voyageurs en zones infestées. Le diagnostic réalisé par l’Institut Pasteur consiste en un test de goutte épaisse en microscopie visant à rechercher la présence du parasite (test de référence) et la numération sanguine (NFS) pour évaluer l’impact de la maladie.