La fréquence de survenue des épidémies de monkeypox en RCA ces dernières années prouve que ce virus est endémique dans certaines régions du pays comme le sud-ouest (la préfecture de la Lobaye) et le sud-est dans le Mbomou. Cependant le réservoir du virus est mal connu même si plusieurs auteurs rapportent les écureuils et certains rongeurs comme réservoirs probables.
De 2010 à ce jour la RCA a enregistré sept épidémies de monkeypox dans ces deux préfectures et même si on sait que la plupart des cas humains surviennent après contact avec un animal infecté au cours des activités de chasse, l’espèce réservoir n’est pas formellement identifiée et la fréquence des cas en particulier dans les régions forestières montre que les activités de déforestation rapprochent l’homme de plus en plus de celle-ci.
Un deuxième cas de monkeypox vient d’être confirmé par l’Institut Pasteur de Bangui chez un pygmée dans un campement situé à Toma dans la commune de Ndolobo dans la Lobaye. Suite à cette confirmation, une mission de l’Institut Pasteur appuyée par le Ministère de la Santé et le bureau pays de l’OMS a permis de prélever le week-end dernier dans un campement de pygmées 26 personnes contacts et l’analyse des sérums au laboratoire de l’Institut Pasteur montre que 24 (92,3%) avaient des anticorps dirigés contre le monkeypox et 4 contre le cawpox.
Ces résultats mettent en évidence une forte circulation du virus dans la région et un contact permanent avec le réservoir ce qui explique le faible nombre de cas enregistré lors de la survenue des épidémies puisque la plupart des personnes sont immunisées.
La priorité de l’équipe de l’Institut Pasteur de Bangui aujourd’hui et de renforcer la surveillance au niveau de la faune afin d’identifier les espèces réservoirs de ce virus qui au vu de la survenue de plus en plus rapprochée des épisodes d’épidémies semble constituer dans l’avenir un réel problème de santé publique.