Monthly Archives: August 2016

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26 août 2016 – Un cinquième cas de choléra confirmé biologiquement par l’Institut Pasteur de Bangui.

Depuis le début de l’épidémie de cholera déclarée par la Ministre de la Santé le 10 août 2016, l’ensemble des cas suspects de malades est localisé le long du fleuve Oubangui. L’Institut Pasteur a confirmé la présence de la bactérie responsable de la maladie, Vibrio cholerae, dans les selles de 5 patients reçus au Laboratoire d’Analyses Médicales (Ndjoukou, Zawara, Bongossoua, Longo et Benz-Vi). Le dernier concerne un enfant de 3 ans.

En collaboration avec le Centre National de Référence pour le choléra à l’Institut Pasteur de Paris, France, et avec le soutien de l’OMS, des analyses moléculaires complémentaires ont été réalisées sur le Vibrio cholerae isolé des 4 premiers patients reçus. Les résultats indiquent que les bactéries appartiennent toutes à la même souche de sérogroupe O1 et de sérotype Inaba. Cette souche est régulièrement impliquée dans les épidémies observées dans le monde (Haïti, Inde, etc).

Le Ministère de la Santé et ses partenaires ont mis en œuvre un plan de lutte contre l’épidémie avec un renforcement de la surveillance autour du fleuve, le déploiement d’équipes d’intervention, de prise en charge des cas et d’amélioration des conditions d’hygiène, ainsi que la coordination avec les autorités de santé au Congo, pays qui est aussi frappé par une importante épidémie de choléra depuis plusieurs mois. Les seules mesures de prévention contre la maladie sont le lavage des mains et des aliments, ainsi qu’améliorer l’accès à une eau potable.

2016-08-26T13:13:21+00:00August 26th, 2016|Actualités|

19 août 2016 – Deux experts de l’Institut Pasteur de Bangui ont présenté des éléments de surveillance de la grippe en RCA au personnel de santé du Complexe Pédiatrique de Bangui.

La grippe, maladie infectieuse contagieuse et fréquente, causée par les virus influenza A, B et C sévit de manière épidémique en ce début de saison des pluies en République Centrafricaine. La récente épidémie de Niem-Yéléwa, où une mission d’investigation s’est rendue en présence de membres de l’Institut Pasteur de Bangui  a fait 12 décès sur 245 cas suspectés. Ces cas s’ajoutent aux 152 cas confirmés (62%) de virus grippaux H1N1 et H3N2 recensés dans l’ensemble des sites sentinelles, confirmant la présence de ces virus sur tout le territoire centrafricain. Cette flambée pose un réel problème de santé publique car les âges extrêmes (personnes âgées et nourrissons) sont les plus touchés. De plus, un réel risque de mutation et de recombinaison avec un autre virus existent dans les zones rurales où circulent les volailles et les porcs. D’autres virus à l’origine de décès (un à Bangui et un à Pissa) co-circulent avec les souches épidémiques de grippe : le rhinovirus et le VRSA (virus respiratoire syncitial). Cette situation est inquiétante au point que les personnels soignants sont les plus exposés à la maladie et les plus contaminants une fois infectés.

Les Dr Emmanuel NAKOUNE, directeur scientifique de l’Institut Pasteur de Bangui et responsable du centre national de référence (CNR) de la grippe, ainsi que le Dr. Ulrich VICKOS, médecin chercheur au CNR, ont réalisé aujourd’hui une présentation intitulée « la grippe, la surveillance par les sites sentinelles » pour informer sur la maladie et sensibiliser les personnels de santé du Complexe Pédiatrique de Bangui, coordonnés par l’ONG EMERGENCY, sur les mesures préventives et d’hygiène à mettre en œuvre. Les experts ont ensuite été sollicités pour répondre à des questions au sujet des co-infection fréquentes, des moyens à mettre en œuvre, du rôle joué par l’Institut Pasteur de Bangui. La proximité à Bangui entre l’Institut Pasteur et le Complexe Pédiatrique est une opportunité de collaboration et de valorisation des activités scientifiques de recherche médicale.

Les Dr NAKOUNE et Dr VICKOS appartiennent à l’équipe du Laboratoire des arbovirus, des fièvres hémorragiques virales, des virus émergents et des zoonoses / du centre national de recherche sur la grippe, la rage et la fièvre jaune.

2016-08-22T10:02:15+00:00August 19th, 2016|Actualités|

17 août 2016 – Des cas de grippe H3N2 confirmés en RCA par l’Institut Pasteur de Bangui

Une épidémie de grippe est suspectée en République Centrafricaine depuis le 27 juillet 2016 et une alerte lancée par l’ONG Mercy-Corps dans la commune de Niem à 65km de Bouar (environ 500 km de Bangui la capitale). Dans ce contexte, une mission d’investigation de l’épidémie, organisée par le Ministère de la Santé avec l’appui par l’OMS, et à laquelle a participé l’Institut Pasteur de Bangui, l’Hôpital Préfectoral de Bouar et l’UNICEF, s’est rendue sur place le 8 août 2016 pour réaliser des prélèvements naso-pharyngés et sanguins en vue de confirmer l’existence du virus grippal et d’identifier les souches circulantes.

Les échantillons analysés à l’Institut Pasteur de Bangui au retour de la mission ont confirmé la présence de virus de grippe influenza A sous-type H3N2 chez 4 cas suspects parmi les 20 prélevés à Niem.

A l’issu de la mise à jour des données épidémiologiques, 241 cas suspects ont été recensés et traités pour un syndrome grippal, ainsi que 12 décès, entre le 27 juillet et le 10 août 2016. La proportion des cas âgés de moins de 59 mois et de plus de 50 ans, généralement les plus vulnérables à la maladie, est de 68% (soit 164 cas suspects).

2016-08-17T16:41:31+00:00August 17th, 2016|Actualités|

08 août 2016 – La semaine de travail consacrée à la préparation du lancement du projet AFRIBIOTA pour lutter contre la malnutrition infantile en République Centrafricaine s’est achevée.

Entre le mardi 2 et le dimanche 7 août 2016, l’Institut Pasteur de Bangui a accueilli une délégation des Instituts Pasteur de Paris et de Madagascar dans le but d’organiser le démarrage de l’étude AFRIBIOTA en RCA. Cette délégation était composée de Pascale VONAESCH, co-coordinatrice du programme (Institut Pasteur de Paris), de Paméla PALVADEAU, chef de projet (Institut Pasteur de Madagascar) et d’Aurélie ETIENNE, médecin d’étude clinique (Institut Pasteur de Madagascar).

La semaine de travail a été consacrée à la rencontre avec l’ensemble des acteurs locaux impliqués dans le projet qui comporte plusieurs volets complémentaires : anthropologie, nutrition, clinique, biologie, épidémiologie. Ainsi, il a notamment été l’occasion de visiter le complexe pédiatrique de Bangui où l’inclusion des enfants et les prélèvements seront réalisés avant d’être transmis à l’Institut Pasteur de Bangui et aux autres laboratoires du consortium pour la réalisation des analyses biologiques.

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Le projet de recherche AFRIBIOTA, dirigé par le Pr Philippe SANSONNETI de l’Institut Pasteur de Paris, vise à explorer et caractériser le syndrome d’entéropathie environnementale pédiatrique qui joue un rôle dans la malnutrition infantile. Ce syndrome consiste en une inflammation chronique de l’intestin. En comprenant mieux cet état, de nouveaux outils de diagnostic et de traitements pourront être mis en œuvre pour limiter les risques de malnutrition chez les enfants.IMG_0005

Le programme AFRIBIOTA est soutenu par la Fondation Total.

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2016-08-12T11:03:43+00:00August 11th, 2016|Actualités|

10 Août 2016 – Prévalence inquiétante des Entérobactéries résistantes aux antibiotiques chez les enfants centrafricains.

Alain Farra, Thierry Frank et Sébastien Breurec (1), du Laboratoire de Bactériologie de l’Institut Pasteur de Bangui viennent de publier une étude montrant que près de 59% des enfants centrafricains de moins de 5 ans sont porteurs asymptomatiques d’Entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre élargi (EBLSE) ; une des plus hautes prévalences jamais décrite au monde.

Les chercheurs ont déterminé la présence d’EBLSE dans les prélèvements de selles de 134 enfants en bonne santé. L’analyse des résultats a permis de constater que 79 enfants étaient porteurs de ces bactéries qui sont résistantes à tous les antibiotiques actuellement commercialisés dans le pays. Ils ont par ailleurs montré que 76% des souches d’Escherichia coli identifiées dans ces prélèvements proviennent d’une souche pandémique ultra virulente (B2-O25b-ST131).

Dans une étude réalisée en 2013 en milieu hospitalier, la même équipe de chercheurs avait isolé ces EBLSE à partir d’infections de sites opératoires (Infections nosocomiales). Ces nouveaux travaux apportent les premières données jamais réalisées sur le portage fécal de ces bactéries en milieu communautaire en Afrique sub-saharienne.

Les prélèvements étudiés dans ces travaux ont été précédemment collectés à Bangui entre 2011 et 2014 dans le cadre du projet Torcadia. Ce projet de recherche avait permis de déterminer les pathogènes à l’origine des diarrhées infectieuses chez les enfants. Il avait en particulier montré que les rotavirus, pour lesquels il existe un vaccin, étaient responsables de 40% des infections, plaidant pour la mise à disposition de ce vaccin à tous les enfants centrafricains. Torcadia avait également mis en évidence l’utilisation inappropriée d’antibiotiques en dehors des recommandations de l’OMS.

Ces nouvelles données décrivant une prévalence extrême du portage fécal de bactéries résistantes aux antibiotiques renforcent encore la nécessité d’une sensibilisation à une prescription et une utilisation adéquate des antibiotiques. Les médicaments dont la qualité n’est pas contrôlée, sont en vente libre dans tout le pays. Par ailleurs, dans la plupart des centres de santé, le diagnostic basé sur la seule observation des signes cliniques conduit à une surprescription d’antibiotiques. Il en résulte une prise en charge non adaptée des enfants et une utilisation favorisant l’émergence de résistances.

Classée au 180ème rang sur 187 selon l’indice de développement humain, la République Centrafricaine connait déjà une grande pauvreté et des conditions sanitaires très précaires. Près d’un enfant sur 6 meurt avant l’âge de 5 ans.

Lire l’article

 

Le projet Torcadia a été financé grâce au soutien de la Fondation Total

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(1) Sébastien Breurec travaille actuellement au Centre Hospitalier Universitaire de Pointe-à-Pitre/les Abymes, Laboratoire de Microbiologie clinique et environnementale, Pointe-à-Pitre, France

2016-08-11T14:58:30+00:00August 10th, 2016|Actualités|

10 Août 2016 – L’Institut Pasteur de Bangui confirme un premier cas de choléra dans la ville de Bangui.

Une épidémie de choléra frappe actuellement la République Centrafricaine avec au moins 13 décès survenus parmi 46 cas de diarrhée aiguë aqueuse suspects recensés. L’épidémie a été déclarée mercredi par la Ministre de la Santé, Fernande Ndjengbot, suite à la confirmation biologique d’un de ces cas par l’Institut Pasteur de Bangui. Trois autres cas suspects sont en cours d’investigation.

Initialement localisés dans la commune de Ndjoukou, à une centaine de kilomètres de Bangui, des cas sont apparus ensuite dans les villages proches de la capitale tout au long du fleuve Oubangui, et enfin à Bangui. La Région de Bangui avait déjà été touchée en 2011 par la maladie qui avait fait une vingtaine de morts avant d’être endiguée.

Des mesures d’urgence ont été prises par le Ministère de la Santé avec le soutien de l’OMS : prise en charge des cas au Centre de Traitement des Epidémies, fourniture des médicaments, approvisionnement en eau potable, distribution de comprimés de purification d’eau, gestion des dépouilles et désinfection des objets souillés, communication et sensibilisation.

Le choléra est une maladie diarrhéique humaine due à la bactérie Vibrio cholerae généralement transmise par l’eau et les aliments souillés. La quasi-totalité des cas signalés dans le monde survient en Afrique, la maladie étant associée aux conditions sanitaires précaires. L’importante déshydratation est généralement à l’origine des décès, les pertes d’eau et d’électrolytes pouvant atteindre 15 litres par jour.

Une fiche d’informations au sujet de la maladie est disponible sur le site de l’Institut Pasteur.

2016-08-12T11:09:20+00:00August 10th, 2016|Actualités, Non classé|

29 juillet 2016 – Le Dr Frank de l’Institut Pasteur de Bangui intervient au Complexe Pédiatrique pour sensibiliser le personnel médical sur l’efficacité des antibiotiques.

 

Les antibiotiques ont permis de considérablement réduire la mortalité associée aux maladies infectieuses ces dernières années, et notamment en Afrique où surviennent la majorité des décès dus à des pathogènes. L’utilisation massive, parfois excessive, de ces antibiotiques a conduit à l’émergence de bactéries résistantes à un ou plusieurs de ces traitements (bactéries multi-résistantes – BMR). Il existe donc un risque préoccupant de ne pas arriver à traiter le malade. Les BMR posent un grave problème de santé publique car leur résistance à la quasi-totalité des antibiotiques disponibles dans le pays, conduit souvent au décès du patient. Cette menace est d’autant plus alarmante que les travaux ont montré la présence de BMR en milieu hospitalier et communautaire.Dr Frank                                                                                  Le Dr Thierry FRANK, responsable du Service de Bactériologie au sein de l’Institut Pasteur de Bangui, a réalisé vendredi 29 juillet 2016 devant l’ensemble du personnel de santé du Complexe Pédiatrique de Bangui une présentation des travaux menés en RCA depuis 2006 sur ce thème de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Cette présentation avait pour but de sensibiliser le personnel médical, en première ligne dans la lutte contre les maladies infectieuses, à l’utilisation rationnelle des antibiotiques et aux moyens de réduire significativement les complications liées à la résistance en RCA (hygiène). Plusieurs projets sont actuellement menés entre l’Institut Pasteur de Bangui et le Complexe Pédiatrique dans ce but.

 

2019-05-28T12:45:15+00:00August 4th, 2016|Actualités, Non classé|

Journée mondiale contre les hépatites

28 Juillet 2016 – Journée Mondiale contre les Hépatites:
“Connaître l’hépatite. Agir maintenant.”

En 2010, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fait de la Journée mondiale contre les hépatites virales l’une des quatre journées mondiales officielles consacrées à des maladies spécifiques. L’objectif de cette journée du 28 juillet était de sensibiliser le public aux hépatites virales, des méthodes de prévention aux traitements disponibles.

Le principal message de l’édition 2016 fait notamment référence aux 400 millions d’individus infectés par une hépatite virale dans le monde, dont près de 95% ignorent leur statut. Etant donné l’ampleur de la pandémie, il y a donc une urgence à se protéger contre le risque de contracter la maladie, de se faire dépister pour connaître son statut et de se traiter pour limiter les complications et éviter les décès.

L’Institut Pasteur de Bangui (IPB), très impliqué dans la lutte contre les hépatites en RCA, a multiplié les activités de sensibilisation du grand public tout au long de la journée du 28 juillet 2016. Ainsi, des préservatifs gracieusement offerts par l’ONG Emergency partenaire de l’IPB, ont été distribués aux visiteurs. A cette occasion, des experts de l’IPB étaient présents pour répondre aux questions du public et informer sur les méthodes de protection contre la maladie, les tests de dépistage disponibles sur place, ainsi que sur les traitements accessibles en RCA.

Enfin, pour clôturer cette journée, une table ronde s’est déroulée à la radio nationale Ndeke Luka en présence d’experts de l’IPB et de personnels soignants pour échanger sur la lutte contre les hépatites virales en RCA et en Afrique.

Les hépatites virales

Les hépatites virales constituent un groupe de maladies infectieuses appelées hépatites A, B, C, D et E. Les virus à l’origine de chacune de ces maladies diffèrent par leur mode de transmission et leur agressivité :

  • transmission féco-orale : hépatites A et E
  • transmission parentérale (aiguilles), sanguine et/ou sexuelle : hépatites B, C et D.

Ces maladies font près de 1,4 million de décès par an, surtout dus aux virus de l’hépatite B et C, soit plus que le VIH/Sida ou le paludisme. Les hépatites B et C constituent la 7ème cause de mortalité au monde, et il est dénombré environ 10 millions de nouvelles contaminations chaque année.

Lire notre dernière publication sur les hépatites virales en République Centrafricaine

2019-05-28T12:42:11+00:00August 1st, 2016|Actualités, Non classé|