Monthly Archives: June 2017

//June

22 juin 2017 – Mission conjointe d’investigation autour d’un cas de Monkeypox

La fréquence de survenue des épidémies de monkeypox en RCA ces dernières années prouve que ce virus est endémique dans certaines régions du pays comme le sud-ouest (la préfecture de la Lobaye) et le sud-est dans le Mbomou. Cependant le réservoir du virus est mal connu même si plusieurs auteurs rapportent les écureuils et certains rongeurs comme réservoirs probables.
De 2010 à ce jour la RCA a enregistré sept épidémies de monkeypox dans ces deux préfectures et même si on sait que la plupart des cas humains surviennent après contact avec un animal infecté au cours des activités de chasse, l’espèce réservoir n’est pas formellement identifiée et la fréquence des cas en particulier dans les régions forestières montre que les activités de déforestation rapprochent l’homme de plus en plus de celle-ci.
Un deuxième cas de monkeypox vient d’être confirmé par l’Institut Pasteur de Bangui chez un pygmée dans un campement situé à Toma dans la commune de Ndolobo dans la Lobaye. Suite à cette confirmation, une mission de l’Institut Pasteur appuyée par le Ministère de la Santé et le bureau pays de l’OMS a permis de prélever le week-end dernier dans un campement de pygmées 26 personnes contacts et l’analyse des sérums au laboratoire de l’Institut Pasteur montre que 24 (92,3%) avaient des anticorps dirigés contre le monkeypox et 4 contre le cawpox.
Ces résultats mettent en évidence une forte circulation du virus dans la région et un contact permanent avec le réservoir ce qui explique le faible nombre de cas enregistré lors de la survenue des épidémies puisque la plupart des personnes sont immunisées.
La priorité de l’équipe de l’Institut Pasteur de Bangui aujourd’hui et de renforcer la surveillance au niveau de la faune afin d’identifier les espèces réservoirs de ce virus qui au vu de la survenue de plus en plus rapprochée des épisodes d’épidémies semble constituer dans l’avenir un réel problème de santé publique.

2017-07-03T10:17:21+00:00June 23rd, 2017|Actualités|

15 juin 2017 – L’OMS et l’Institut Pasteur de Bangui évaluent ensemble un plan de préparation face au risque d’épidémie d’Ebola en République Centrafricaine

Une épidémie d’Ebola touche une zone de forêt équatoriale en République Démocratique du Congo (RDC) dans la province du Bas-Uélé, voisine de la République centrafricaine, dans une zone difficile d’accès. Depuis, la RCA s’organise avec l’appui des partenaires à l’élaboration des plans de contingence et de riposte en cas de survenue de l’épidémie sur le sol centrafricain.

C’est dans ce cadre que le Pr RENAUD Bertrand, expert à l’OMS s’est rendue à l’IPB, Centre collaborateur de l’OMS pour les fièvres hémorragiques virales et les arbovirus dirigé par le Dr Emmanuel NAKOUNE, afin d’évaluer un plan de préparation, en collaboration avec le ministère de la santé, pour des mesures de contrôle de l’infection appropriée, une surveillance épidémiologique et des formations en matière de pratiques pour circonscrire l’épidémie en cas de flambée.

Les populations concernées vivent dans une zone conflictuelle où l’accès aux soins et aux analyses de laboratoires peuvent être difficiles pour les populations, rendant encore plus complexe la lutte contre la maladie et l’éventuelle flambée épidémique.

En 2014, un plan de contingence du virus Ebola avait été mis en place le long de la frontière fluviale avec la RDC. Le département avait prévu de créer 29 postes de contrôle. Malheureusement, les derniers conflits ont anéanti tous ces efforts.

2017-06-16T18:24:19+00:00June 16th, 2017|Actualités|

12 juin 2017 – L’étude PaluFlag visant à améliorer et simplifier le diagnostic du paludisme et des autres syndromes fébriles sera lancée le 1er juillet 2017 à l’Institut Pasteur de Bangui

Dans le but de proposer de futurs tests plus simples d’utilisation et moins chers pour le diagnostic et la prise en charge du paludisme, l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) et la société HORIBA Médical (Montpellier, France), fabricant des machines d’hématologie utilisées à l’IPB, collaborent au développement et à la validation d’outils innovants. A partir du 1er juillet 2017, et en collaboration étroite avec des médecins hospitaliers partenaires, un dispositif spécial sera mis en place à l’IPB afin de recevoir les volontaires avec de la fièvre et n’ayant pas pris de traitement antipaludique. Cette étude permettra en outre d’évaluer la présence en République Centrafricaine des virus des syndromes fébriles, hors paludisme (dengue, chikungunya, zika, etc).

Le paludisme est une maladie endémique en Afrique Sub-Saharienne (regroupant plus de 85 % des 198 millions de cas répertoriés dans le monde) et en République Centrafricaine (RCA). Elle constitue la principale cause de morbidité/mortalité, notamment chez les enfants de moins de 5 ans. D’après les données de 2013 du Service de Lutte contre le Paludisme en RCA, structure du Ministère de la Santé et de la Population chargée de coordonner la lutte contre la maladie dans le pays, 59 % des consultations dans les formations sanitaires et 34 % des décès sont liés au paludisme. Il y aurait 1,4 millions de cas estimés et 3 600 décès chaque année d’après l’OMS (http://www.who.int/malaria/publications/country-profiles/profile_caf_en.pdf?ua=1).

En RCA, la maladie est provoquée exclusivement par le parasite Plasmodium falciparum, espèce la plus pathogène et responsable des cas mortels sans traitement, transmis à l’homme par les piqures de moustiques du genre Anopheles. Les manifestations du paludisme sont diverses rendant complexe son diagnostic clinique. La maladie débute généralement par un syndrome fébrile qui peut inclure des vomissements, diarrhées, etc. La prévention de la maladie peut se faire par la protection contre les piqures de moustiques (moustiquaires, répulsifs), ainsi que par des traitements préventifs généralement réservés aux voyageurs en zones infestées. Le diagnostic réalisé par l’Institut Pasteur consiste en un test de goutte épaisse en microscopie visant à rechercher la présence du parasite (test de référence) et la numération sanguine (NFS) pour évaluer l’impact de la maladie.

2017-06-16T18:47:58+00:00June 12th, 2017|Actualités|