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3 avril 2019 – Faire connaître la prééclampsie en Centrafrique, pour donner la vie en restant en vie

La prééclampsie sévère est l’une des complications redoutées de l’hypertension artérielle au cours de la grossesse. En République centrafricaine, il n’y a pas de données publiées sur les aspects cliniques de la prééclampsie sévère. Le service d’épidémiologie de l’Institut Pasteur de Bangui a contribué à une étude sur la prévalence et le diagnostic de cette complication redoutable, réalisée dans le service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital communautaire de Bangui. Ses conclusions recommandent de mieux former le personnel médical au dépistage précoce des symptômes de la prééclampsie et proposent des protocoles thérapeutiques simples pour sa prise en charge et réduire ainsi le taux de décès maternels.

Une complication obstétricale dont on parle peu.

Appelée aussi toxémie gravidique, la prééclampsie est une maladie que l’on connaît généralement mal. Elle se caractérise par une élévation de la pression artérielle se produisant au plus tôt après vingt semaines d’aménorrhée, probablement due à un dysfonctionnement du placenta. Dans la plupart des cas, une forme sévère survient et l’unique façon de sauver la mère est alors d’extraire le fœtus et son placenta. C’est la deuxième cause de décès maternels après les hémorragies de la délivrance.

En zone tropicale, la prééclampsie serait en partie liée au paludisme placentaire car il n’y a pas de distinction nette entre les mécanismes pathogènes de ces deux affections.

La situation en République Centrafricaine et les premières données.

Selon une estimation de 2010, la mortalité maternelle en République Centrafricaine serait de 890 décès pour 100.000 naissances vivantes, le 3ème taux le plus élevée au monde. Le manque d’accès aux soins et la qualité insuffisante du suivi des grossesses, puis lors de la période post-partum expliquent en grande partie cette donnée préoccupante.

En collaboration avec le département d’obstétrique et de gynécologie de l’Hôpital communautaire de Bangui, l’Institut Pasteur a apporté son expertise en épidémiologie pour évaluer la prévalence et la qualité du diagnostic de la prééclampsie par une première étude analytique transversale réalisée en 2015 – 2016. Les résultats suggèrent plusieurs propositions pour améliorer le dépistage et la prise en charge clinique et thérapeutique de la prééclampsie sévère.

Cette étude ouvre également des perspectives de recherche. En particulier une meilleure compréhension du mécanisme pathogénique qui lie le paludisme placentaire et la prééclampsie serait bénéfique à des millions de femmes dans les pays en développement.

2019-05-29T02:56:54+01:00avril 3rd, 2019|Actualités, Recherche|

2 avril 2019 – L’émergence de la tuberculose multirésistante désormais sous haute surveillance en Centrafrique

La République centrafricaine est l’un des pays au monde, les plus lourdement touchés par la tuberculose avec une incidence de 423 cas pour 100 000 habitants. Le pays est également confronté à l’émergence de la tuberculose multirésistante. En 2015, l’Institut Pasteur de Bangui a introduit la surveillance de la résistance à la rifampicine par la technique GeneXpert MTB / RIF et publie un premier bilan après 3 ans d’activité.

Une pandémie mondiale

La tuberculose est l’une des dix premières causes de mortalité dans le monde. En 2016, 10,4 millions de personnes ont contracté cette maladie bactérienne et 1,7 millions en sont mortes. La tuberculose atteint particulièrement les personnes vivant avec le VIH chez lesquelles elle constitue l’une des premières causes de mortalité. En 2016, 40 % des décès de personnes séropositives étaient liés à la tuberculose.

La journée mondiale de la lutte contre la tuberculose, le 24 mars 2019 , avait cette année pour thème la sensibilisation des populations à  la fin à l’épidémie mondiale. Pour l’atteinte de cet objectif ambitieux, il a été recommandé d’élargir urgemment l’accès à la prévention et au traitement et de garantir un financement suffisant et durable, y compris pour la recherche et l’innovation.

À l’échelle mondiale, l’incidence de la tuberculose baisse d’environ 2 % par an. Pour contrer cette maladie, l’OMS travaille au progrès du diagnostic et au meilleur accès aux traitements antibiotiques.

Une pathologie insuffisamment maîtrisée en Centrafrique

En République centrafricaine, malgré les efforts du Plan National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), la lutte contre cette pandémie reste insuffisante. En raison des crises militaro politiques qui se sont succédées, le système de santé n’est pas en mesure de fournir un diagnostic et une prise en charge suffisantes pour certaines zones du pays. Le dépistage tardif et le suivi insuffisant des patients retardent leur mise sous traitement, altèrent leur pronostic et accroissent le risque de transmission et d’apparition de tuberculose multirésistante. La prise en charge des patients coinfectés par la tuberculose et le VIH doit également être améliorée par la combinaison systématique des dépistages. Enfin, selon les régions, les enquêtes systématiques autour des cas confirmés peuvent être insuffisantes.

Une révolution pour le diagnostic de la tuberculose en République centrafricaine

Depuis 2015, l’Institut Pasteur de Bangui réalise le dépistage de la résistance à la Rifampicine, considérée comme marqueur fiable de la tuberculose multirésistante,  par une technique de biologie moléculaire sur l’automate GeneXpert. Il permet un diagnostic en seulement deux heures – contre plusieurs semaines pour les tests classiques et nécessite moins d’infrastructures. Le PNLT a le projet de placer en province plusieurs de ces équipements pour améliorer la prise en charge des patients hors Bangui.

De 2015 à 2018, l’Institut Pasteur de Bangui a pu évaluer la résistance à la rifampicine et synthétise les données dans un article qui met notamment en évidence une prévalence de 70% de cette résistance parmi les patients en échec thérapeutique au décours de leur traitement initial.

2019-05-29T02:54:06+01:00avril 2nd, 2019|Actualités, oms|