Le paludisme est une maladie mortelle mais curable transmise par les piqûres de moustiques femelles (Anopheles). Elle est due au parasite du genre Plasmodium. En République Centrafricaine (RCA), P. falciparum, responsable de la plupart des cas mortels dans le monde, reste l’espèce plasmodiale la plus présente. L’accès aux traitements préventifs et curatifs et la lutte anti-vectorielle (moustiquaires imprégnées d’insecticide et pulvérisations intradomiciliaires d’insecticides) sont les moyens les plus efficaces pour réduire la transmission et protéger les populations.
Cette année, le thème mondial de cette journée est : En finir définitivement avec le paludisme avec notamment la prévention comme axe majeur de réflexion. Bien que le nombre de cas et de décès a baissé de 21% et de 29%, respectivement, entre 2010 et 2015, le paludisme continue de faire plus de 400 000 morts par an, presque exclusivement en Afrique où sont recensés 90% des cas et 92% des décès.
« La Stratégie mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030, adoptée par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2015 […] fixe des buts ambitieux :
• Réduire de 40% l’incidence du paludisme au plan mondial d’ici à 2030.
• Réduire de 40% les taux de mortalité palustre au plan mondial d’ici à 2030.
• Éliminer le paludisme dans au moins 10 pays d’ici à 2030.
• Empêcher la réapparition du paludisme dans tous les pays exempts »

L’Institut Pasteur de Bangui (IPB) s’est investi depuis sa création dans la lutte contre la maladie et contribue avec les partenaires locaux à la surveillance et à la réduction de la transmission. Au sein de cet Institut, un service d’Entomologie Médicale, dirigé par le Dr Carine NGOAGOUNI, première thèse d’entomologie médicale en RCA, mène des études sur la connaissance des moustiques d’intérêt médical (Anophèles, Aedes etc.) afin de déterminer le rôle épidémiologique de chaque espèce et proposer des moyens de prévention et de lutte efficace.. Ce service dispose d’insectarium pour l’élevage des moustiques (souches de référence et de terrain), d’une animalerie équipée, ainsi que de plateformes pour l’analyse des échantillons collectés sur le terrain.
Enfin, le Laboratoire d’Analyses Médicales de l’IPB, dirigé par le Dr Pierre-Alain RUBBO, se charge de réaliser le diagnostic et le suivi des patients infectés en RCA. En 2016, l’IPB a réalisé plus de 3000 tests de gouttes épaisses à titre d’exemple.

L’infographie illustre la difficulté d’accès de certaines populations aux moyens de prévention de la transmission de la maladie (Organisation Mondiale de la Santé 2017).