Les grands projets en cours à l’IPB

Projet MACOMBA

Dr Alexandre Manirakiza (Investigateur principal)
Service d’Epidémiologie, Institut Pasteur de Bangui (IPB), République centrafricaine

Dr Muriel Vray (Coordination)
Unité d’épidémiologie des maladies émergentes, Institut Pasteur Paris

Etude comparative de l’efficacité de deux stratégies prophylactiques contre le paludisme par des antifolates chez les femmes enceintes infectées par le VIH.

(MACOMBA: MAternity and COntrol of Malaria-hiv co-infection in BAngui)
ClinicalTrials.gov Identifier: NCT01746199

Le cotrimoxazole (CTM), administré quotidiennement, a montré des résultats encourageants sur la prévention du paludisme.

Cependant, ces résultats doivent être confirmés par un essai randomisé réalisé dans des conditions pratiques de prise en charge.
L’objectif principal de cette étude est de montrer une efficacité du CTM donné en une prise par jour par rapport à celle obtenue avec le traitement préventif intermittent par de la SP (TPIsp) sur la parasitémie placentaire chez les femmes enceintes infectées par le VIH en République centrafricaine.

Les objectifs secondaires consistent à comparer les profils de résistance des parasites isolés (mutations au niveau des gènes codant la dihydrofolate réductase (dhfr) et la dihydropteroate synthase (dhps), l’incidence d’accès palustres pendant la durée du suivi, l’anémie de la mère, les taux de mortalité maternelle, le poids de naissance de l’enfant, le risque de transmission mèreenfant du VIH et du paludisme obtenus sous CTM et SP.
Cette étude permettra également d’évaluer la tolérance et l’acceptabilité du CTM.

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Il s’agit d’un essai clinique, randomisé, qui est réalisé sans insu sur les traitements (CTM ou TPIsp) qui est réalisé dans quatre maternités de Bangui, capitale de la RCA.
La population cible est constituée de femmes enceintes VIH séropositives ayant leur première consultation prénatale (entre la 16ème et 28ème semaine d’aménorrhée).
Les femmes dont le taux de CD4 est supérieur à 350 cellules/mm3 sont éligibles.

La taille de l’échantillon a été évaluée à 150 par bras.
La randomisation des traitements est centralisée et stratifiée par site et par gestité (primigeste versus multipare).
Les informations cliniques, thérapeutiques et biomédicales sont collectées au cours de la grossesse et à l’accouchement.

La durée de ce projet est estimée à trois ans maximum. Les résultats de ce projet permettront de confirmer l’intérêt d’une prophylaxie du paludisme par CTM dans les conditions pratiques de suivi de la grossesse chez les femmes enceintes infectées par le VIH.

Financement : Fondation de France

 

 

Projet TORCADIA

Dr Sébastien Breurec
Responsable de l’étude, Institut Pasteur de Bangui.

Dr Muriel Vray (Coordination)
Unité d’épidémiologie des maladies émergentes, Institut Pasteur Paris

Dr Jean-Chrysostome Gody
Pédiatre, Directeur du complexe pédiatrique de Bangui

Epidémiologie des Diarrhées infantiles hospitalisées à Bangui

Etude de Cas / Témoins

Contexte et cadre de l’étude

Les maladies infectieuses sont responsables de 25% des décès dans le monde.
Parmi elles, les diarrhées occupent la 3ème place des infections les plus meurtrières (environ 2.2 millions de morts par an dont près de 2 millions d’enfants de moins de 5 ans).
En République centrafricaine, comme dans les autres pays en développement, les diarrhées infantiles constituent un des principaux problèmes de santé publique, avec une prévalence globale estimée à 19% et pouvant atteindre 30% dans la classe d’âge la plus touchée des enfants de 12 à 23 mois.

Objectifs

Les objectifs principaux sont les suivants :

  • identifier les pathogènes impliqués dans les diarrhées nécessitant une hospitalisation chez les enfants de moins de 5 ans
  • torcadiamesurer l’indice de pathogénicité de chaque agent étiologique isolé et l’antibiorésistance des différentes bactéries isolées
  • identifier les facteurs de risque (socio-économiques, alimentaires, environnementaux…) de gravité des diarrhées ou de leurs séquelles cliniques
  • construire des algorithmes de décision pour la prise en charge des enfants hospitalisés pour des diarrhées graves
  • évaluer par une approche anthropologique, les pratiques, concepts locaux autour de la diarrhée, du traitement, et de l’alimentation d’un enfant avec diarrhée.

Méthodes

Il s’agit d’une étude cas-témoins. Les cas sont les patients de moins de 60 mois se présentant avec un tableau clinique de diarrhée nécessitant une hospitalisation.

Un témoin en population générale sera apparié à chaque cas sur le niveau socioéconomique, l’âge et le sexe du cas.

Un examen clinique, des examens biologiques des selles (parasitologiques, virologiques et bactériologiques) et du sang seront effectués chez les cas, des mesures anthropométriques et un examen des selles chez les témoins.
Les parents des cas et des témoins seront interrogés pour évaluer leur niveau socioéconomique et l’alimentation de base de leurs enfants.

Résultats attendus


Avancée de l’étude
Cette étude permettra de renforcer les connaissances sur l’épidémiologie et les étiologies des diarrhées infantiles chez des enfants hospitalisés à Bangui, et d’améliorer les algorithmes de prise en charge des patients.

L’étude a débuté en décembre 2011 pour une durée de 2 ans. Au 1er avril 2013, 296 cas et 296 témoins ont été inclus.

 

Ce projet en République centrafricaine bénéficie du soutien financier de la Fondation Total, engagée depuis plusieurs années aux côtés de l’Institut Pasteur dans la lutte contre les maladies diarrhéiques infantiles au travers d’un projet similaire en cours à Madagascar.

Financement : Fondation Total

 

TIGERBRIDGE

Invasion of Ae. albopictus in forests of Central Africa and the risk of emergence of new zoonotic viruses

 

Aedes (Stegomyia) albopictus, an invasive mosquito species with its origins in the forested areas of Southeast Asia, has recently spread across the world including Europe and Central Africa. Ae. albopictus supports the development and transmission of numerous arboviruses under laboratory conditions and is now recognized as a primary vector of dengue (DENV), chikungunya (CHIKV) and zika (ZIKAV). Since it was first reported in Central Africa in 2000, Ae. albopictus has gradually spread over most of this region to become the dominant species in urban and rural environments. In parallel with its expansion, there has been an increase in outbreaks of DENV, CHIKV and ZIKAV, and new viral strains have been selected (CHIKV). Overall, the spread of Ae. albopictus in Central Africa, with consequent replacement of autochthonous mosquitoes, disruption of epidemiological equilibriums, and selection of new viral variants causing massive urban or rural outbreaks has caused a major and dramatic reshuffling of the epidemiology of arborviruses. The region has now become a source of viruses with the ability to spread throughout and beyond Africa due to the increased flow of international travelers.

We think the impacts on health will increase. From what is known of the biology of Ae. albopictus in its native area, there is no doubt that the ecological limits in Central Africa have not yet been reached. The species is currently mainly reported in the anthropogenic compartment but could also easily invade the forest compartment due to its propensity to exploit natural water collections (rock and tree holes) and its significant appetence for animals. This pattern is consistent with what we observed in Gabon during a pilot study carried out in 2014 in the national wildlife reserve of La Lopé. Aedes albopictus has spread from villages to a number of remote forest locations, indicating interaction with wild hosts as blood sources. The wildlife in the La Lopé National Park includes several groups of potential reservoirs of enzootic mosquito-borne viruses transmitted by sylvan Aedes species (subgenus Stegomyia), which are phylogenetically related to Ae. albopictus. In such a context we hypothesize that the spread of Ae. albopictus in forested areas will have multiple impacts on i) resident sylvan mosquito communities through competitive interactions; ii) viral enzootic cycles, through its proven vector competence for a range of viruses in circulation and appetence for animal bloodmeals; iii) virus evolution eventually leading to the emergence of new viruses and their transfer to humans. Therefore, with respect to health issues at both local and global levels, it is therefore essential and urgent to assess the ecological and epidemiological consequences of the spread of the tiger mosquito into the evergreen forests of Central Africa. This is the frame of the TIGERBRIDGE project, which takes a highly innovative approach to this important issue to attain its main aim, to “monitor and understand how Aedes albopictus invades forest ecosystems of Central Africa, and, assess, given its increasing contact with wildlife, to establish which zoonotic viruses could spread to human populations”. TIGERBRIDGE is built on a robust consortium (4 partners: MIVEGEC, EPV, UMMISCO units and IPB), which brings together the necessary complementary fields and tasks (x6) to achieve its ultimate objective.