Le premier cas documenté d’un enfant malnutri de 36 mois co-infecté VIH/VHE en République Centrafricaine démontre que cette co-infection chez un enfant souffrant de malnutrition aiguë sévère peut accélérer une issue fatale. Il est important de rechercher aussi bien le VHE que les parasites intestinaux chez des enfants malnutris vivants avec le VIH afin d’éviter d’éventuelles complications fatales.

L’infection par le virus de l’hépatite E (VHE) est une cause d’hépatite virale à travers le monde et une préoccupation majeure de santé publique. Le VHE peut donner une hépatite fulminante sévère et surtout dangereuse pour les femmes enceintes. Il existe 4 génotypes du VHE. Les génotypes 1 et 2 sont souvent transmis à travers la consommation d’eau souillée par les matières fécales. Ces génotypes sont ubiquitaires mais rencontrés le plus souvent dans les pays à faible niveau d’hygiène. Le génotype 3 est d’origine zoonotique et plus souvent rencontré dans les pays développés alors que le génotype 4 est plus spécifiquement décrit en Chine.

La caractérisation moléculaire de la souche de VHE isolée chez un enfant de 36 mois infecté par le VIH au Centre Hospitalier Universitaire Pédiatrique de Bangui, a révélé qu’il s’agissait du génotype 3c (doi:10.3390/idr12030017). C’est la première fois que le génotype 3 est isolé en République Centrafricaine bien qu’il soit à l’état endémique dans le pays. De plus, c’est également la première fois, au niveau mondial, que ce génotype soit isolé chez un enfant infecté par le VIH souffrant de malnutrition aiguë sévère. Ce résultat montre que devant des cas de malnutrition aiguë sévère, surtout dans les pays à faible niveau d’hygiène, il est nécessaire de procéder aussi bien à la recherche des parasites intestinaux que du VIH et de VHE afin d’éviter d’éventuelles complications dues à ces virus.