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18 juin 2020 – La République Centrafricaine « Pays libre du poliovirus sauvage »

Le bureau pays en Centrafrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé la nouvelle le 17 juin 2020 sur son compte twitter : la Commission Régionale de Certification pour la Région Africaine a déclaré la République Centrafricaine ” pays libre du poliovirus sauvage “.

 

Il s’agit là d’un accomplissement important.  La République Centrafricaine n’a plus détecté de cas de poliovirus sauvage (PVS) depuis le 08 décembre 2011. Les données du laboratoire de référence régional OMS de la poliomyélite abrité à l’Institut Pasteur de Bangui le certifient. Ce résultat est le fruit de l’engagement, auprès du Ministère de la Santé, des organisations internationales et fondations privées qui ont soutenu financièrement cet effort depuis de longues années y compris l’Institut Pasteur de Bangui.

L’Institut Pasteur de Bangui (IPB) est engagé depuis 1996 à la riposte nationale contre la poliomyélite par la surveillance active intégrée des paralysies flasques aigues. Le laboratoire poliomyélite de l’IPB fait partie du réseau mondial des laboratoires poliomyélite accrédités par l’OMS. Il est pris en compte dans le processus de la certification. L’IPB a pu démontrer pendant toutes ces années que le laboratoire poliomyélite pour le pays est fiable, que toute circulation du poliovirus sauvage peut être détectée à temps dans n’importe quelle partie du pays et que la transmission du poliovirus sauvage a été interrompue.

Bien que la RCA soit touchée par un poliovirus circulant dérivé de souche vaccinale PVDVc de type 2 depuis le 2 mai 2019, le pays a su démontrer l’efficacité de la surveillance, la performance de la vaccination, la performance du laboratoire, la disponibilité du plan de confinement du poliovirus et la disponibilité du plan de riposte en cas de réimportation ainsi que l’absence de cas de PVS après la période de 2011. Ce qui constitue une avancée considérable.

En rappel, la poliomyélite est causée par un virus qui envahit le système nerveux. Elle peut engendrer des paralysies irréversibles en quelques heures et elle touche surtout les enfants en bas âge. La certification de l’éradication de la poliomyélite est réalisée sur une base régionale. Chaque région ne peut être considérée comme certifiée que lorsque tous les pays de la région démontrent l’absence de transmission du poliovirus sauvage pendant au moins trois années consécutives en présence d’une surveillance aux normes recommandés par l’OMS. Sur les six régions de l’OMS, cinq sont déclarées libres de poliomyélite. Il s’agit de la Région Amériques (1994), de la Région Pacifique Occidental (2000), la Région Europe (2002), la Région Asie du Sud-Est (2014) et la Région Afrique (2020). Il ne reste que la Région Méditerranée Orientale.

2020-06-18T18:52:20+00:00June 18th, 2020|Actualités, oms|

3 juin 2020 – Une nouvelle mutation de Plasmodium falciparum dévoilée en République Centrafricaine.

Une nouvelle étude portant sur les marqueurs de résistance aux médicaments chez le parasite du paludisme en République Centrafricaine, publiée dans Malaria Journal, révèle l’absence à Bangui de souches de Plasmodium falciparum portant des mutations décrites dans la résistance à l’artémisinine.  En revanche, cette étude identifie une mutation probablement jamais observée auparavant et dont le phénotype n’est pas encore connu. L’étude a par ailleurs mis en évidence la circulation de Plasmodium ovale en co-infection avec Plasmodium falciparum, l’espèce prépondérante du parasite responsable du paludisme.

En 2018, le nombre de cas de paludisme dans le monde a été estimé à 228 millions. La plupart des cas (213 millions ou 93 %) ont été enregistrés en 2018 en Afrique. Cette même année, dix-neuf pays d’Afrique subsaharienne et l’Inde ont concentré 85% du nombre total de cas dans le monde. Plasmodium falciparum est le parasite du paludisme le plus prévalent en Afrique ; il est en effet à l’origine de 99,7 % des cas de paludisme estimés en 2018. Au niveau mondial, le nombre de décès dus au paludisme a été estimé à 405 000 en 2018 et à elle seule, l’Afrique a enregistré 94 % des décès liés au paludisme dans le monde en 2018. (https://www.who.int/malaria/media/world-malaria-report-2019/fr/)

Le suivi de l’efficacité des antipaludiques est un élément essentiel de la lutte contre le paludisme du fait de l’apparition régulière d’une résistance de Plasmodium falciparum à plusieurs antipaludiques ces dernières décennies. L’émergence et la propagation de la résistance à l’artémisinine, le traitement de première ligne actuel pour le paludisme simple, met en danger les progrès substantiels de l’élimination du paludisme dans le monde.

C’est dans ce contexte que le laboratoire de parasitologie de l’Institut Pasteur de Bangui a réalisé une étude moléculaire pouvant guider la lutte contre le paludisme et répondre au défi de la résistance à l’artémisinine en République Centrafricaine, pays d’endémie palustre. L’objectif était d’estimer la proportion d’isolats de de P. falciparum portant des mutations décrites dans la résistance à l’artémisinine. Cette étude a indiqué l’absence de souches aux mutations associées à la résistance à l’artémisinine à Bangui, capitale de la République Centrafricaine. Dans cette étude, il a été mis en évidence la circulation du Plasmodium ovale en co-infection avec le Plasmodium falciparum. L’observation des marqueurs moléculaires de la résistance aux médicaments chez ces parasites responsables du paludisme a révélé la circulation d’une souche non caractérisée dont on ignore si elle est résistante ou non. Le décryptage de cette souche dans une étude future plus représentative permettra de définir le profil de ce polymorphisme.

L’article a paru dans Malaria Journal le 24 mai 2020 sous le titre « Molecular Assessment of kelch13 Non-Synonymous Mutations in Plasmodium Falciparum Isolates From Central African Republic (2017-2019) ».

2020-06-03T12:17:21+00:00June 3rd, 2020|Actualités, News, Recherche|