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23 septembre 2021 – Journée mondiale de la rage 2021

Atelier de Formation du personnel de la Sante et de l’Elevage impliqué dans la surveillance de la rage à l’Institut Pasteur de Bangui

Pour préparer la 15e journée mondiale de la rage en République Centrafricaine qui aura lieu le 28 septembre 2021, un atelier de formation du personnel de la santé et de l’Elevage impliqué dans la surveillance de la rage a été organisé à l’Institut Pasteur de Bangui. Dans son discours d’ouverture, Le Ministre de la santé et de la population Dr Pierre SOMSE a rappelé le thème de cette journée « La rage : la réalité, pas la peur » et a communiqué les chiffres de la rage en République Centrafricaine, soit 8132 personnes mordues pour 7242 animaux mordeurs et 30 cas de décès de 2016 à 2021.
Depuis sa création en 1961 jusqu’en 2021, année de son 60e anniversaire, l’Institut Pasteur de Bangui ne cesse de s’investir dans la prévention et la lutte contre la rage, la sensibilisation à la maladie, le renforcement du système de surveillance et le contrôle de la maladie. Grâce à son Centre Antirabique pour la prévention et le traitement de la Rage, l’Institut Pasteur de Bangui, Centre National de Référence et Centre Collaborateur OMS de la rage en République Centrafricaine procure gratuitement des prophylaxies post-exposition aux personnes qui en ont besoin et sauve ainsi des vies.

2021-09-23T16:12:52+00:00September 23rd, 2021|Actualités, Santé - Nos expertises|

2 juin 2021 – Une première étude approfondie du Virus Respiratoire Syncytial (VRS) en République Centrafricaine fournit des données importantes à la compréhension de son épidémiologie et au développement de stratégies de prévention efficaces et d’approches thérapeutiques ciblées.

Une première étude épidémiologique moléculaire du Virus Respiratoire Syncytial (VRS) en République Centrafricaine a montré que la prévalence du VRS était significativement plus élevée chez les nourrissons de moins de 6 mois parmi les enfants hospitalisés avec des fluctuations annuelles et saisonnières. Une circulation concomitante du VRS-A et du VRS-B avec une prédominance alternée et un remplacement temporel du génotype NA1 du VRS-A par ON1 a également été observée.

 

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est l’un des principaux agents pathogènes viraux à l’origine d’infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) chez les enfants de moins de 5 ans. Les voies respiratoires infantiles sont plus petites et les atteintes peuvent être très sévères. Chaque année dans le monde on compte près de 30 millions de cas d’infections aiguës des voies respiratoires inférieures. La réponse immunitaire au virus respiratoire syncytial ne protège pas contre une réinfection et il n’existe pas de vaccin autorisé.

Le VRS a rarement été étudié en République centrafricaine (RCA). En profitant du réseau national de surveillance de la grippe en République centrafricaine, une étude a visé à fournir les premières informations sur la prévalence, la saisonnalité et les manifestations cliniques du VRS en RCA sur 4 ans de surveillance. Des co-infections bactériennes avec Staphylococcus aureus, Hemophilus influenzae, Moraxella catarrhalis, Streptococcus pneumoniae et/ou co-infections par le virus de la grippe A virales ont été retrouvées dans certains cas et la caractérisation moléculaire du VRS a permis d’identifier les génotypes ON1 et NA1 pour le VRS-A. Lire l’article.

Ces résultats sont d’une utilité aux cliniciens pour le traitement des enfants atteints d’IRAS ainsi qu’aux autorités sanitaires pour la conception des protocoles de prise en charge. Par ailleurs, les investigations moléculaires soulignent l’importance de la mise en place d’une surveillance sentinelle afin de suivre l’évolution des génotypes du VRS pour la composition du futur vaccin.

Le Centre National de Référence pour la grippe (CNRG -Institut Pasteur de Bangui) organise la surveillance épidémiologique des virus grippaux en République Centrafricaine en observant et en apportant une expertise sur les virus grippaux et autres virus respiratoires qui circulent dans le pays. Sa mission consiste également à alerter les autorités de santé publique de tout événement pouvant menacer la santé de la population et de leur apporter un conseil scientifique. Ce réseau de surveillance épidémiologique des virus grippaux comptant 5 sites sentinelles mis en place depuis 10 ans que l’Institut Pasteur de Bangui renforce par la formation des médecins et techniciens de laboratoire et assure la partie laboratoire recherche. La surveillance syndromique est associée à la surveillance virologique pour mieux apprécier le niveau de circulation des virus Influenza en RCA, identifier leurs types et sous-types et décrire les autres virus respiratoires présents impliqués dans les IRAS. La République Centrafricaine fait partie du réseau mondial de surveillance virologique de la grippe depuis que l’OMS l’a identifiée comme pays ayant la capacité de poser un diagnostic virologique de la grippe. De ce fait, le CNRG-Institut Pasteur de Bangui transmet les virus grippaux isolés 2 fois par an à l’OMS afin d’aider à la formulation vaccinale annuelle. Afin d’améliorer la surveillance virologique et épidémiologique, la RCA contribue respectivement en 2017 et 2018 aux plateformes d’analyse de données (FluNet et FluId) opérationnelles élaborées par l’OMS. Deux autres, (PISA et BoD) sont en expérimentation pour l’évaluation de la sévérité de la grippe, l’estimation de son fardeau et ainsi combler le déficit des données épidémiologiques encore parcellaires.

2021-06-02T07:13:28+00:00June 2nd, 2021|Actualités, ASIDE, Recherche|

29 mai 2021 – Tuberculose multirésistante en République Centrafricaine : le point sur le niveau actuel de la résistance aux antituberculeux de 1ère ligne

 

Les formes multirésistantes de la tuberculose notamment aux deux antibiotiques principaux prescrits en première intention, la rifampicine et l’isoniazide se développent et concernent la plupart des cas en République Centrafricaine. Cette résistance combinée entraîne l’inefficacité des traitements de première intention, une mortalité et une contagion accrues, et l’acquisition de résistances additionnelles à d’autres antituberculeux. Une étude menée par l’Institut Pasteur de Bangui sur 225 patients diagnostiqués tuberculeux a montré que 73,2% des résistances ont concerné à la fois la rifampicine et l’isoniazide. Et dans 34,2%, elles ont concerné tous les antituberculeux de première ligne.

Depuis la découverte du bacille tuberculeux par Robert Koch en 1882, la tuberculose continue d’être un problème de santé publique dans le monde. En 2018, L’OMS a rapporté 10 millions de cas de tuberculose dans le monde dont 1,2 million de décès hors patients VIH. Les cas de tuberculose multi résistante (TBMR) à la rifampicine et l’isoniazide étaient estimés à 484 000 dont 214 000 décès. Si la prévalence globale de la TBMR est estimée en 2018 à 3,4% chez les nouveaux patients et 18% des cas précédemment traités, des taux plus élevés ont été rapportés en Russie avec plus de 25% chez les nouveaux cas et plus de 50% chez les retraitements.

La pharmaco résistance apparait donc aujourd’hui comme un problème majeur dans la prise en charge de la tuberculose pulmonaire car si un patient a une tuberculose pharmaco résistante, sa maladie ne répondra pas à l’un des deux principaux antituberculeux que sont la rifampicine et l’isoniazide. Les deux principales causes du développement de la résistance aux médicaments sont connues pour être la non-observance du traitement prescrit et l’utilisation de schémas de traitement inadéquats.  Parmi les facteurs de risque importants de résistance aux médicaments, il a été rapporté le traitement antérieur avec des médicaments antituberculeux et le contact avec une personne atteinte de tuberculose pharmaco résistante.

L’émergence et la propagation de la TBMR constituent un véritable challenge pour la stratégie « Mettre fin à la tuberculose d’ici à 2035 » car elles compromettent tous les acquis des programmes mondiaux de lutte contre la tuberculose et menacent de déstabiliser la lutte mondiale contre cette maladie.

La prévalence de la TBMR augmente partout dans le monde, tant parmi les nouveaux cas de tuberculose que parmi ceux déjà traités alors que seulement 50% de ces patients atteints de TBMR ont été traités avec succès. Un patient atteint de TBMR est une source de danger pour la santé publique qui ne peut pas être sous-estimé.

La République Centrafricaine est l’un des pays ayant une forte charge tuberculeuse avec une incidence de 540/100 000 habitants mais à ce jour, il n’existe que des données partielles au niveau national sur la prévalence de la TBMR. Des études circonscrites réalisées en 2010 et en 2011 respectivement sur les résistances primaires et secondaires avaient rapporté 0,4% de résistances primaires et déjà 40% chez les retraitements…. Lire l’article.

L’Institut Pasteur de Bangui abrite le Laboratoire National de Référence de la Tuberculose (LNR-TB) pour le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT) du ministère de la santé de la République Centrafricaine. Les activités du LNR-TB sont :

  • La coordination des 80 Centres de Diagnostic et de Traitement (CDT) de la République Centrafricaine ;
  • La formation initiale des techniciens en bacilloscopie ;
  • La fourniture des intrants et réactifs (bascilloscopie) à tous les CDT ;
  • La supervision des activités des CDT ;
  • L’organisation des Contrôles de Qualité Externe (CQE) pour tous les CDT ;
  • La surveillance de la TBMR dans le pays.

04 mars 2021 – Comment les Instituts Pasteur à travers le projet SARA développent une expertise sur les sujets d’antibiorésistance en République Centrafricaine

Le Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP) et l’Institut Pasteur (Paris) ont défini une stratégie commune de surveillance, ainsi qu’un renforcement de capacités visant à développer des activités de recherche sur la thématique de vulnérabilité à l’antibiorésistance. A travers le projet Surveillance de l’Antibio-Résistance en Afrique (SARA), ils visent à répondre à ce défi majeur et prioritaire de santé publique, y apportant un savoir-faire et des capacités scientifiques internationalement reconnues.

La consommation massive et inappropriée des antibiotiques, aussi bien en santé humaine qu’animale, favorise l’apparition de bactéries résistantes à ces médicaments et les rend donc inefficaces. De plus, leur usage contribue à augmenter leur présence dans l’environnement, notamment en Afrique où la consommation des antibiotiques est peu contrôlée et la résistance peut conduire à des impasses thérapeutiques potentiellement responsables d’une surmortalité. C’est pourquoi la lutte contre l’antibiorésistance doit suivre une approche « One Health, Une seule santé » préconisée par les instances internationales, comme l’Organisation mondiale pour la santé (OMS). La surveillance de la résistance aux antibiotiques suit les évolutions des populations microbiennes, permet la détection précoce des souches résistantes importantes pour la santé publique et appuie la notification de ces souches. Au niveau mondial, elle est coordonnée par le système de surveillance Global Anti Microbial Resistance de l’OMS. Le but de ce système est de combiner les données cliniques, épidémiologiques et de laboratoire concernant les pathogènes qui posent un problème de résistance au niveau mondial. Cette surveillance est capitale pour la protection de la santé publique et la définition des actions prioritaires.

En République Centrafricaine, si un plan stratégique a été élaboré, il n’est pas mis en œuvre. Le renforcement de la surveillance et de la lutte contre l’antibiorésistance ne fait pas partie des priorités

de la stratégie de coopération entre l’OMS et le Ministère de la Santé et de la Population et le pays ne fait pas encore partie du système GLASS de l’OMS (le Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens). En se calant sur la méthodologie TriCycle (programme One Health de surveillance de l’Anti Microbial Resistance de l’OMS), le projet Surveillance de l’Antibio-Résistance en Afrique (SARA), dirigé par Sylvain Brisse de l’Institut Pasteur et financé par le Ministère des Affaires Européennes et Etrangères, vise à développer un réseau de surveillance et de recherche sur l’antibiorésistance dans 6 pays d’Afrique : Bénin, Cameroun, Madagascar, Maroc, République Centrafricaine, Sénégal. En y intégrant le Laboratoire de Bactériologie Médical et environnemental de l’Institut Pasteur de Bangui, les personnels de santé de la République Centrafricaine pourront disposer d’un outil permettant de prendre connaissance des données les plus récentes concernant le taux de résistance de différentes bactéries aux antibiotiques, aussi bien au niveau national que local.

Les taux de résistance aux antibiotiques, les mécanismes moléculaires de résistance et les interactions homme – animal – alimentation – environnement sont mal connus en République Centrafricaine, et cette expertise du projet SARA pourra fournir ces données essentielles pour définir des politiques publiques de contrôle de l’antibiorésistance, ainsi qu’en clinique pour la prescription d’antibiotiques avant que le(s) germe(s) responsable(s) de l’infection et sa sensibilité soient connus.

Le laboratoire de bactériologie médicale et environnementale de l’IPB surveille l’évolution des nouvelles formes de résistance aux antibiotiques sur le plan national. Il aide les laboratoires privés ou publics à identifier les formes émergentes de résistance aux antibiotiques, celles qui sont encore relativement rares mais en augmentation, et qui sont critiques du point de vue de la santé publique. Depuis le mois de février 2021, l’identification de l’antibiorésistance est facilitée par l’utilisation de l’automate ADAGIO, un appareil coûteux financé par le Rotary, pour la lecture et l’interprétation des antibiogrammes. A travers ce réseau SARA, le laboratoire de bactériologie médical et environnemental pourra construire des liens de collaborations scientifiques ou renforcer ceux déjà existants, définir une politique d’échange et de gestion des données partagées, mettre en place des ateliers de formation pratique, des cours théoriques et échanger des personnels entre institutions, partager stratégies et méthodes d’analyses de données épidémiologiques et microbiologiques. Le projet SARA se chargera des recommandations et directives complémentaires pour caractériser de manière ciblée et systématique les résistances importantes pour la santé publique au moyen de méthodes standardisées. Pour compléter cette surveillance globale, ce projet SARA à 1.000.000 d’euros, subventionnera des études spécifiques à un post doctorant durant 2 ans. L’Ambassade de France en République centrafricaine va également contribuer financièrement au développement du Laboratoire de Bactériologie Médicale et Expérimentale de l’IPB dans les deux prochaines années.

Grâce au projet SARA, la population centrafricaine pourra bénéficier d’une meilleure prise en charge grâce à l’amélioration des techniques diagnostiques ainsi qu’une potentielle mise à jour des recommandations de l’antibiothérapie probabiliste.

2021-03-05T15:48:22+00:00March 5th, 2021|Actualités, RIIP|

21 février 2021 – Évaluation des facteurs de risque d’infection par le SRAS-CoV-2 chez le personnel de santé impliqué dans la prise en charge des cas de Covid-19 en République centrafricaine »

La surveillance des facteurs de risque pour la Covid-19 chez les personnels de santé en Afrique est une étude multicentrique dans 5 pays africains coordonnée par l’Institut Pasteur de Paris et réalisée par le Réseau International des Instituts Pasteur et le réseau MediLabSecure. Le Burkina Faso, le Cameroun, le Niger, la République centrafricaine et Madagascar cherchent à identifier les facteurs de risque potentiels d’infection chez les professionnels de santé en contact avec des patients atteints de Covid-19 lors de la prise en charge des premiers cas et d’améliorer la compréhension des principales caractéristiques épidémiologiques dans la dynamique de la diffusion/transmission interhumaine du virus, conformément aux recommandations de l’OMS.

« COVID-19 evaluation risk among the healthcare workers in charge of the first cases in Central African Republic » (COVERHA) est une étude mise en place par les équipes du projet MediLabSecure et du Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP). Elle est coordonnée par l’Institut Pasteur de Paris et soutenue par les instituts européens partenaires (Laboratoire de réponse urgente aux menaces biologiques (CIBU) de l’Institut Pasteur de Paris, Istituto Superiore di Sanità (ISS) en Italie et Centre de recherche en santé animale (INIA-CISA) en Espagne).

Depuis la déclaration du premier cas de Covid-19 en République Centrafricaine (RCA) le 14 mars 2020, aucune étude dans le pays n’a caractérisé l’infection par le SRAS-CoV-2.  Comme beaucoup d’autres maladies en RCA, la Covid-19 est très peu documentée. Les personnels de santé, en première ligne de la gestion de la pandémie, sont susceptibles d’être exposés au coronavirus SRAS-CoV-2 et de le transmettre en cas d’infection. Les résultats de cette étude permettront de mieux prévenir et contrôler les infections dans les services hospitaliers de référence et pourront soutenir les capacités de surveillance nationale et permettre aux autorités sanitaires de proposer des axes d’amélioration des mesures de lutte et de prévention.

D’un même fil conducteur, deux autres études financées par l’OMS et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE) français visent à rechercher la présence d’anticorps dans trois populations différentes (cas confirmés/cas contacts et la population générale de Bangui). Ces études de séroprévalence sont menées afin de mesurer l’étendue de l’infection en fonction de la présence d’anticorps au sein de la population étudiée.

Projet 1 : « Etude séro-épidémiologique de l’infection par SARS-COV-2 dans la population à Bangui, République centrafricaine ». Ce projet est mené dans le cadre de « La recherche pasteurienne internationale en réponse au coronavirus en Afrique » (REPAIR). Cette action, coordonnée par le Réseau International des Instituts Pasteur et soutenue par le MEAE regroupe un consortium de 10 Instituts africains du réseau (Tunisie, Algérie, Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger, République Centrafricaine, Cameroun, Madagascar). Elle s’organise en cinq groupes de travail focalisés sur la situation en Afrique : évaluation de la performance des tests diagnostiques, études d’épidémiologie moléculaire du virus, séro-épidémiologie du SRAS-CoV-2, modélisation mathématique de la diffusion et étude de la réponse sociale aux tests de diagnostic du virus. La République centrafricaine participe au niveau de l’étude séro-épidémiologique de l’infection dans la population générale mais aussi au niveau du séquençage des souches de virus circulants dans le pays et dans la validation des tests de l‘IPT.

Projet 2 : First Few X cases (FFX) est un projet inclus dans le programme UNITY financé par l’OMS. Le projet a pour but de décrire la réponse immunitaire anticorps vis-à-vis du Covid-19 chez des cas confirmés et leur cas contacts à Bangui en République centrafricaine. L’objectif est d’identifier les caractéristiques cliniques, épidémiologiques et virologiques des premiers cas.

Ces études sont pertinentes et d’un fort intérêt dans un contexte où la République Centrafricaine envisage une campagne de vaccination au vaccin AstraZeneca. Dans ce contexte, l’Institut Pasteur de Bangui vise produire les premières données de séquences du SRAS-CoV-2 circulant en République Centrafricaine.

2021-02-22T06:48:51+00:00February 22nd, 2021|Actualités, COVID-19|

Prise en charge intégrée des cas de paludisme et lutte anti-vectorielle dans la communauté : étude pilote en République Centrafricaine

En République Centrafricaine, le poids du paludisme est très élevé chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. La Centrafrique affiche le deuxième taux de mortalité néonatale le plus élevé au monde derrière le Pakistan. Mais le paludisme reste la première cause de mortalité en Centrafrique, frappant particulièrement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Les deux tiers des consultations pédiatriques des enfants de moins de 5 ans sont liés au paludisme.

La Centrafrique vise les objectifs mondiaux de réduction de l’incidence et de la mortalité associée de 40% en 2020, 75% en 2025 et 90% en 2030. Un défi qui nécessite un effort de financement conséquent et continu notamment par la distribution de Moustiquaires Imprégnées d’Insecticides de Longue Durée (MIILD), des traitements antipaludiques, mais aussi des soins ainsi que des tests de diagnostic rapides et fiables.

Pour résoudre ce défi, le pays en 2015 a adopté la stratégie de la Prise en Charge Communautaire intégrée. Elle donne aux agents de santé communautaire (ASCs), les compétences nécessaires pour offrir des soins de proximité, en vue de réduire considérablement la morbidité et la mortalité dans la population des enfants de moins de 5 ans.

Dans le cadre du paludisme, l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) appuie le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) sur le volet évaluation de meilleures stratégies thérapeutiques pour lutter contre le paludisme. Durant les périodes du 8 au 10 décembre et du 14 au 16 décembre 2020, l’IPB a lancé les activités de l’étude « Prise en charge intégrée des cas de paludisme et la lutte anti-vectorielle dans la communauté : étude pilote en République Centrafricaine » à Gbozo dans l’Ombella M’poko et à Batalimo dans la Lobaye. Cette étude vise à estimer le nombre de cas de paludisme évités dans la zone couverte par le projet et son évaluation entomologique (vecteurs impliqués dans la transmission, taux d’inoculation entomologiques, Indice sporozoïtique, etc.). Elle a pour objectif de renforcer le réseau communautaire dans la lutte contre le paludisme dans les zones en difficultés en assurant un diagnostic et un traitement immédiat des cas du paludisme à domicile. Il s’agit d’un projet pilote dont les bénéficiaires directs sont les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Cette étude est soutenue financièrement par le Rotary International (Rotary Club La Celle Saint Cloud /France), le Fond Mondial via World Vision par un don des MIILD et le PNLP. Les activités de lancement consistent à former et /ou recycler le personnel de santé et les leaders communautaires sur le diagnostic et le traitement du paludisme, le suivi clinique pour s’assurer de la guérison, l’assainissement de l’environnement et le rappel de l’importance des MIILD. Les agents de santé communautaire sont dotés de médicaments de première ligne pour le traitement du paludisme, microscopes, fiches d’inclusion, kits de laboratoire (Test de Dépistage Rapide, tubes de prélèvement, fournitures de bureau, etc.) et des MIILD.

Ce projet d’étude est l’une des preuves concrètes des objectifs du laboratoire d’entomologie médicale de l’IPB qui, depuis 2011, mène des études sur la connaissance des moustiques d’intérêt médical afin de déterminer le rôle épidémiologique de chaque espèce et proposer des moyens de prévention et de lutte efficaces. Ledit laboratoire est présentement le seul qui dispose d’infrastructures (laboratoire avec insectarium, animalerie etc.) et de personnel qualifié dans ce domaine en RCA. Aussi, ce laboratoire travaille en collaboration avec le laboratoire de Parasitologie, récemment ré-ouvert sur des thématiques visant le paludisme.

2021-02-13T12:29:26+00:00February 13th, 2021|Actualités, Recherche, Rotary|