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21 février 2021 – Évaluation des facteurs de risque d’infection par le SRAS-CoV-2 chez le personnel de santé impliqué dans la prise en charge des cas de Covid-19 en République centrafricaine »

La surveillance des facteurs de risque pour la Covid-19 chez les personnels de santé en Afrique est une étude multicentrique dans 5 pays africains coordonnée par l’Institut Pasteur de Paris et réalisée par le Réseau International des Instituts Pasteur et le réseau MediLabSecure. Le Burkina Faso, le Cameroun, le Niger, la République centrafricaine et Madagascar cherchent à identifier les facteurs de risque potentiels d’infection chez les professionnels de santé en contact avec des patients atteints de Covid-19 lors de la prise en charge des premiers cas et d’améliorer la compréhension des principales caractéristiques épidémiologiques dans la dynamique de la diffusion/transmission interhumaine du virus, conformément aux recommandations de l’OMS.

« COVID-19 evaluation risk among the healthcare workers in charge of the first cases in Central African Republic » (COVERHA) est une étude mise en place par les équipes du projet MediLabSecure et du Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP). Elle est coordonnée par l’Institut Pasteur de Paris et soutenue par les instituts européens partenaires (Laboratoire de réponse urgente aux menaces biologiques (CIBU) de l’Institut Pasteur de Paris, Istituto Superiore di Sanità (ISS) en Italie et Centre de recherche en santé animale (INIA-CISA) en Espagne).

Depuis la déclaration du premier cas de Covid-19 en République Centrafricaine (RCA) le 14 mars 2020, aucune étude dans le pays n’a caractérisé l’infection par le SRAS-CoV-2.  Comme beaucoup d’autres maladies en RCA, la Covid-19 est très peu documentée. Les personnels de santé, en première ligne de la gestion de la pandémie, sont susceptibles d’être exposés au coronavirus SRAS-CoV-2 et de le transmettre en cas d’infection. Les résultats de cette étude permettront de mieux prévenir et contrôler les infections dans les services hospitaliers de référence et pourront soutenir les capacités de surveillance nationale et permettre aux autorités sanitaires de proposer des axes d’amélioration des mesures de lutte et de prévention.

D’un même fil conducteur, deux autres études financées par l’OMS et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE) français visent à rechercher la présence d’anticorps dans trois populations différentes (cas confirmés/cas contacts et la population générale de Bangui). Ces études de séroprévalence sont menées afin de mesurer l’étendue de l’infection en fonction de la présence d’anticorps au sein de la population étudiée.

Projet 1 : « Etude séro-épidémiologique de l’infection par SARS-COV-2 dans la population à Bangui, République centrafricaine ». Ce projet est mené dans le cadre de « La recherche pasteurienne internationale en réponse au coronavirus en Afrique » (REPAIR). Cette action, coordonnée par le Réseau International des Instituts Pasteur et soutenue par le MEAE regroupe un consortium de 10 Instituts africains du réseau (Tunisie, Algérie, Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger, République Centrafricaine, Cameroun, Madagascar). Elle s’organise en cinq groupes de travail focalisés sur la situation en Afrique : évaluation de la performance des tests diagnostiques, études d’épidémiologie moléculaire du virus, séro-épidémiologie du SRAS-CoV-2, modélisation mathématique de la diffusion et étude de la réponse sociale aux tests de diagnostic du virus. La République centrafricaine participe au niveau de l’étude séro-épidémiologique de l’infection dans la population générale mais aussi au niveau du séquençage des souches de virus circulants dans le pays et dans la validation des tests de l‘IPT.

Projet 2 : First Few X cases (FFX) est un projet inclus dans le programme UNITY financé par l’OMS. Le projet a pour but de décrire la réponse immunitaire anticorps vis-à-vis du Covid-19 chez des cas confirmés et leur cas contacts à Bangui en République centrafricaine. L’objectif est d’identifier les caractéristiques cliniques, épidémiologiques et virologiques des premiers cas.

Ces études sont pertinentes et d’un fort intérêt dans un contexte où la République Centrafricaine envisage une campagne de vaccination au vaccin AstraZeneca. Dans ce contexte, l’Institut Pasteur de Bangui vise produire les premières données de séquences du SRAS-CoV-2 circulant en République Centrafricaine.

2021-02-22T06:48:51+00:00February 22nd, 2021|Actualités, COVID-19|

Prise en charge intégrée des cas de paludisme et lutte anti-vectorielle dans la communauté : étude pilote en République Centrafricaine

En République Centrafricaine, le poids du paludisme est très élevé chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. La Centrafrique affiche le deuxième taux de mortalité néonatale le plus élevé au monde derrière le Pakistan. Mais le paludisme reste la première cause de mortalité en Centrafrique, frappant particulièrement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Les deux tiers des consultations pédiatriques des enfants de moins de 5 ans sont liés au paludisme.

La Centrafrique vise les objectifs mondiaux de réduction de l’incidence et de la mortalité associée de 40% en 2020, 75% en 2025 et 90% en 2030. Un défi qui nécessite un effort de financement conséquent et continu notamment par la distribution de Moustiquaires Imprégnées d’Insecticides de Longue Durée (MIILD), des traitements antipaludiques, mais aussi des soins ainsi que des tests de diagnostic rapides et fiables.

Pour résoudre ce défi, le pays en 2015 a adopté la stratégie de la Prise en Charge Communautaire intégrée. Elle donne aux agents de santé communautaire (ASCs), les compétences nécessaires pour offrir des soins de proximité, en vue de réduire considérablement la morbidité et la mortalité dans la population des enfants de moins de 5 ans.

Dans le cadre du paludisme, l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) appuie le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) sur le volet évaluation de meilleures stratégies thérapeutiques pour lutter contre le paludisme. Durant les périodes du 8 au 10 décembre et du 14 au 16 décembre 2020, l’IPB a lancé les activités de l’étude « Prise en charge intégrée des cas de paludisme et la lutte anti-vectorielle dans la communauté : étude pilote en République Centrafricaine » à Gbozo dans l’Ombella M’poko et à Batalimo dans la Lobaye. Cette étude vise à estimer le nombre de cas de paludisme évités dans la zone couverte par le projet et son évaluation entomologique (vecteurs impliqués dans la transmission, taux d’inoculation entomologiques, Indice sporozoïtique, etc.). Elle a pour objectif de renforcer le réseau communautaire dans la lutte contre le paludisme dans les zones en difficultés en assurant un diagnostic et un traitement immédiat des cas du paludisme à domicile. Il s’agit d’un projet pilote dont les bénéficiaires directs sont les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Cette étude est soutenue financièrement par le Rotary International (Rotary Club La Celle Saint Cloud /France), le Fond Mondial via World Vision par un don des MIILD et le PNLP. Les activités de lancement consistent à former et /ou recycler le personnel de santé et les leaders communautaires sur le diagnostic et le traitement du paludisme, le suivi clinique pour s’assurer de la guérison, l’assainissement de l’environnement et le rappel de l’importance des MIILD. Les agents de santé communautaire sont dotés de médicaments de première ligne pour le traitement du paludisme, microscopes, fiches d’inclusion, kits de laboratoire (Test de Dépistage Rapide, tubes de prélèvement, fournitures de bureau, etc.) et des MIILD.

Ce projet d’étude est l’une des preuves concrètes des objectifs du laboratoire d’entomologie médicale de l’IPB qui, depuis 2011, mène des études sur la connaissance des moustiques d’intérêt médical afin de déterminer le rôle épidémiologique de chaque espèce et proposer des moyens de prévention et de lutte efficaces. Ledit laboratoire est présentement le seul qui dispose d’infrastructures (laboratoire avec insectarium, animalerie etc.) et de personnel qualifié dans ce domaine en RCA. Aussi, ce laboratoire travaille en collaboration avec le laboratoire de Parasitologie, récemment ré-ouvert sur des thématiques visant le paludisme.

2021-02-13T12:29:26+00:00February 13th, 2021|Actualités, Recherche, Rotary|