2 juin 2021 – Une première étude approfondie du Virus Respiratoire Syncytial (VRS) en République Centrafricaine fournit des données importantes à la compréhension de son épidémiologie et au développement de stratégies de prévention efficaces et d’approches thérapeutiques ciblées.

Une première étude épidémiologique moléculaire du Virus Respiratoire Syncytial (VRS) en République Centrafricaine a montré que la prévalence du VRS était significativement plus élevée chez les nourrissons de moins de 6 mois parmi les enfants hospitalisés avec des fluctuations annuelles et saisonnières. Une circulation concomitante du VRS-A et du VRS-B avec une prédominance alternée et un remplacement temporel du génotype NA1 du VRS-A par ON1 a également été observée.

 

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est l’un des principaux agents pathogènes viraux à l’origine d’infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) chez les enfants de moins de 5 ans. Les voies respiratoires infantiles sont plus petites et les atteintes peuvent être très sévères. Chaque année dans le monde on compte près de 30 millions de cas d’infections aiguës des voies respiratoires inférieures. La réponse immunitaire au virus respiratoire syncytial ne protège pas contre une réinfection et il n’existe pas de vaccin autorisé.

Le VRS a rarement été étudié en République centrafricaine (RCA). En profitant du réseau national de surveillance de la grippe en République centrafricaine, une étude a visé à fournir les premières informations sur la prévalence, la saisonnalité et les manifestations cliniques du VRS en RCA sur 4 ans de surveillance. Des co-infections bactériennes avec Staphylococcus aureus, Hemophilus influenzae, Moraxella catarrhalis, Streptococcus pneumoniae et/ou co-infections par le virus de la grippe A virales ont été retrouvées dans certains cas et la caractérisation moléculaire du VRS a permis d’identifier les génotypes ON1 et NA1 pour le VRS-A. Lire l’article.

Ces résultats sont d’une utilité aux cliniciens pour le traitement des enfants atteints d’IRAS ainsi qu’aux autorités sanitaires pour la conception des protocoles de prise en charge. Par ailleurs, les investigations moléculaires soulignent l’importance de la mise en place d’une surveillance sentinelle afin de suivre l’évolution des génotypes du VRS pour la composition du futur vaccin.

Le Centre National de Référence pour la grippe (CNRG -Institut Pasteur de Bangui) organise la surveillance épidémiologique des virus grippaux en République Centrafricaine en observant et en apportant une expertise sur les virus grippaux et autres virus respiratoires qui circulent dans le pays. Sa mission consiste également à alerter les autorités de santé publique de tout événement pouvant menacer la santé de la population et de leur apporter un conseil scientifique. Ce réseau de surveillance épidémiologique des virus grippaux comptant 5 sites sentinelles mis en place depuis 10 ans que l’Institut Pasteur de Bangui renforce par la formation des médecins et techniciens de laboratoire et assure la partie laboratoire recherche. La surveillance syndromique est associée à la surveillance virologique pour mieux apprécier le niveau de circulation des virus Influenza en RCA, identifier leurs types et sous-types et décrire les autres virus respiratoires présents impliqués dans les IRAS. La République Centrafricaine fait partie du réseau mondial de surveillance virologique de la grippe depuis que l’OMS l’a identifiée comme pays ayant la capacité de poser un diagnostic virologique de la grippe. De ce fait, le CNRG-Institut Pasteur de Bangui transmet les virus grippaux isolés 2 fois par an à l’OMS afin d’aider à la formulation vaccinale annuelle. Afin d’améliorer la surveillance virologique et épidémiologique, la RCA contribue respectivement en 2017 et 2018 aux plateformes d’analyse de données (FluNet et FluId) opérationnelles élaborées par l’OMS. Deux autres, (PISA et BoD) sont en expérimentation pour l’évaluation de la sévérité de la grippe, l’estimation de son fardeau et ainsi combler le déficit des données épidémiologiques encore parcellaires.