En République Centrafricaine, les cas de rougeole ont bondi à 3284 cas suspects au 20 janvier 2020, comparé à 240 cas en 2018 selon le Ministère de la Santé. L’épidémie enflamme 17 districts de santé du pays sur 35 et a causé 52 décès. Le ministère de la santé organise la riposte à l’épidémie en collaboration avec l’OMS, l’UNICEF, GAVI et les autres partenaires. Comment en est-on arrivé là ?

Cela n’est pas forcément nouveau. Depuis quelques années déjà, on parle de recrudescence de rougeole en République Centrafricaine (RCA) et les causes sont multifactorielles.  Pour la période allant du 21 janvier 2019 au 20 janvier 2020, la surveillance intégrée des maladies fait état de 3284 cas suspects de rougeole, dont 52 décès. L’épidémie touche 17 districts de santé du pays sur 35. Le laboratoire national de référence OMS pour la rougeole de l’Institut Pasteur de Bangui a reçu, pour la période indiquée, 979 sérums provenant des cas suspects de rougeole parmi lesquels 263 (32%) sont positifs pour la recherche des IgM antirougeoleux.

La rougeole, cette maladie hautement contagieuse, est endémique en RCA. Dans ce pays, les épidémies de rougeole se déclarent entre les mois de décembre et mars, avec un pic au mois de février. De plus, la couverture vaccinale, principal bouclier contre la maladie, n’est pas optimale depuis des années en raison de l’accès difficile aux services de vaccination opérationnels. Un autre facteur favorisant des cas compliqués de rougeole est la malnutrition chronique, véritable fléau dans ces zones. Il faut souligner que l’efficacité du vaccin est estimée à 85%. En combinant à cela le nombre d’enfants non vaccinés, il en résulte la cohorte de susceptibles qui augmente cumulativement depuis ces cinq dernières années.

Le ministère de la santé planifie la campagne de riposte à cette épidémie de rougeole en collaboration avec l’OMS, l’UNICEF, GAVI et les autres partenaires historiques de la Santé en RCA.