Jean-Marc ZOKOUE

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2 novembre 2022 – Développement de tests pour diagnostiquer l’infection par le MPXV en moins de 30 minutes

Le virus du monkeypox (MPXV) est un pathogène tropical négligé dont l’émergence récente a accéléré l’étude. Dans ce contexte, les chercheurs du Pasteur Network ont mis au point des tests de diagnostic rapide du MPXV qui peuvent être visualisés à l’œil nu en moins de 30 minutes, et qui sont aussi cohérents que le test d’acide nucléique basé sur la PCR actuellement utilisé pour le diagnostic du MPXV. Ce nouvel outil de diagnostic contribuera au contrôle et à la prévention des épidémies de MPXV.

En mai 2022, des épidémies de virus du monkeypox (MPXV) ont été signalées simultanément en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, en dehors des régions d’endémie du virus en Afrique. Les chercheurs du Pasteur Network ont collaboré pour développer et valider des tests de détection rapide du MPXV. Ces tests nouvellement conçus peuvent produire des résultats fiables par fluorescence ou par flux latéral sur une bandelette en 20 à 30 minutes. Menée par les équipes d’Emmanuel Nakouné (Institut Pasteur de Bangui) et de Nicolas Berthet et Gary Wong (Institut Pasteur de Shanghai), l’étude présentant les résultats de ces tests de diagnostic rapide a été publiée dans la revue Viruses.

Les tests sont basés sur l’amplification isotherme d’une région ciblée du génome du virus, et sont basés sur la recombinase avec ou sans CRISPR/Cas12. Les tests ont donné des résultats cohérents avec le test moléculaire de référence, la PCR en temps réel, pour les 19 échantillons cliniques utilisés pour valider le test. En outre, les tests étaient spécifiques et ne présentaient pas de réaction croisée avec d’autres poxvirus, tels que le virus de la vaccine.

Le MPXV, un pathogène tropical négligé, est étroitement lié à la variole, une maladie qui a été éradiquée chez l’homme depuis les années 1980. Bien que des épidémies de MPXV soient régulièrement signalées en Afrique parmi les communautés les plus pauvres, la maladie reste peu étudiée, même après que la première épidémie de MPXV a été signalée en dehors de la zone d’endémie aux États-Unis en 2003. La détection rapide, sensible et spécifique du MPXV est essentielle pour informer les autorités sanitaires des cas suspects le plus rapidement possible, afin de suivre l’évolution des épidémies. Ces résultats fournissent donc une plateforme de point de soins pour le diagnostic précoce des cas potentiels de MPXV, et contribueront à la prévention et au contrôle des épidémies actuelles et futures de MPXV.

Pour plus d’informations :

Lingjing Mao, Jiaxu Ying, Benjamin Selekon, Ella Gonofio, Xiaoxia Wang, Emmanuel Nakoune, Gary Wong*, Nicolas Berthet*.

Développement et caractérisation de tests d’amplification isothermes basés sur la recombinase (RPA/RAA) pour la détection rapide du virus Monkeypox. Virus, 2022, 14, 2112.

https://doi.org/10.3390/v14102112.

* auteurs correspondants

2022-11-02T11:49:36+00:00juillet 16th, 2022|Actualités, MONKEYPOX, Recherche|

6 décembre 2021 – Le Comité des médicaments de l’Agence Européenne des Médicaments a publié son avis sommaire à l’appui de l’approbation de la demande d’autorisation de mise sur le marché de SIGA de Tecovirimat (TPOXX®) pour son utilisation dans le cadre du traitement de la variole, de la variole du singe, de la variole bovine et des complications dues à la vaccination contre la vaccine.

Le Comité des médicaments de l’Agence Européenne des Médicaments a publié son avis sommaire à l’appui de l’approbation de la demande d’autorisation de mise sur le marché de SIGA de Tecovirimat dans le cadre du traitement des complications de la variole, de la variole du singe, de la cowpox et de la vaccine. L’Institut Pasteur de Bangui et l’Université d’Oxford débuteront l’utilisation de cette molécule dans le cadre d’une étude compassionnelle d’efficacité du Tecovirimat pour traiter des patients atteints de variole du singe en impasse thérapeutique à M’baïki.

La variole du singe ou Monkeypox est une pathologie létale dans 1 à 10 % des cas en République Centrafricaine où les épidémies de Monkeypox sont récurrentes dans certaines régions du pays. On connait sa clinique, proche de la variole, mais on ne lui connait pas de traitement curatif. Il n’existe actuellement aucun traitement spécifique recommandé pour le Monkeypox.

SIGA Technologies collabore avec l’Université d’Oxford au Royaume-Uni pour fournir TPOXX® (Tecovirimat) dans le cadre d’un protocole d’accès élargi pour traiter les personnes atteintes de la variole du singe en République centrafricaine. L’Université d’Oxford parraine le protocole et l’étude en République Centrafricaine. SIGA a annoncé le 16 novembre 2021 que le Comité des médicaments de l’Agence Européenne des Médicaments a publié son avis sommaire à l’appui de l’approbation de la demande d’autorisation de mise sur le marché de SIGA de Tecovirimat.

L’Institut Pasteur de Bangui, qui fête ses 60 ans cette année, agit en tant que coordinateur et responsable de la supervision et de la conduite de l’étude en République Centrafricaine, y compris la gestion des sites d’investigation, l’hébergement de la base de données des essais cliniques et la réalisation des tests biologiques. Le Ministère de la Santé et de la Population de la République Centrafricaine sera responsable de l’administration de TPOXX (Tecovirimat) aux patients infectés par la variole du singe en impasse thérapeutique sur les sites d’investigation sélectionnés.

L’Institut Pasteur Bangui collabore avec le ministère de la Santé pour former le personnel de santé et optimiser l’administration et le suivi du traitement par Tecovirimat. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un essai clinique formel, le programme d’accès élargi sera mené conformément aux bonnes pratiques cliniques, fournissant des informations importantes sur les effets du Tecovirimat lorsqu’il est administré dans des conditions réelles. Une mission de l’Institut Pasteur de Bangui a été récemment à Mbaïki dans ce cadre.

2021-12-07T07:51:34+00:00décembre 6th, 2021|Actualités, ALERRT, News, Recherche|

1 décembre 2021 – Fête nationale de la République Centrafricaine

Le 1er décembre 1958 l’Oubangui-Chari est devenu la République Centrafricaine. Cette année, c’est la 63ème commémoration de cet événement national pour la République centrafricaine. Comme à l’accoutumée, l’Institut Pasteur de Bangui a mis à l’honneur la force, les valeurs et l’unité du pays en prenant part au grand défilé sur l’avenue des Martyrs en présence des autorités du pays ainsi que des représentants diplomatiques. « On peut considérer l’Institut Pasteur de Bangui comme l’épine dorsale du système de santé en République Centrafricaine » disait le ministre de la santé et de la population Dr Pierre SOMSE dans son discours à l’occasion du 60e anniversaire de l’Institut Pasteur de Bangui.
Créé en 1961 au lendemain de l’Indépendance de la République Centrafricaine, l’Institut Pasteur de Bangui, durant 60 ans, a été un excellent outil au service de l’amitié et de la coopération franco-centrafricaine pour une République Centrafricaine prospère.

2021-12-05T14:54:53+00:00décembre 5th, 2021|Actualités, News|

8 novembre 2021 – Journées Scientifiques de Bangui, 2e édition

La deuxième édition des Journées Scientifiques de Bangui a réuni les 8 et 9 novembre 2021 à l’Alliance Française de Bangui, des experts internationaux et plus de 130 participants pour échanger à propos des défis de la science sur les Pathologies Tropicales Emergentes et Ré-émergentes.

L’événement a eu lieu juste après la cérémonie du 60e anniversaire de l’Institut Pasteur de Bangui, organisée le 6 novembre 2021. Le Professeur Faustin-Archange TOUADERA, Président de la République, Chef de l’Etat a procédé à l’ouverture solennelle de cette 2e édition des Journées Scientifiques de Bangui. Différentes thématiques ont été abordées à travers huit conférences plénières ; quatorze communications orales sur la surveillance des pathologies infectieuses émergentes et ré-émergentes ; six communications orales sur les outils de diagnostics et méthodes thérapeutiques et préventives ; une  présentation dans le cadre de la sécurité alimentaire ; cinq présentations dans le cadre de la sensibilité et résistance des pathogènes et vecteurs ainsi que dans celui des prises en charge thérapeutique ; sept présentations concernant les autres pathologies.

Ce fut l’occasion de lancer une réflexion globale autour des avancées scientifiques en santé publique et de les mettre à la disposition du grand public.

Les Journées Scientifiques de Bangui ont pour ambition l’exploitation commune des potentialités scientifiques et de recherche de l’Université de Bangui et de l’Institut Pasteur de Bangui dans le domaine de la santé publique en République Centrafricaine et aussi sur le continent africain. Le 14 mars 2017, une convention-cadre d’établissement de partenariat entre l’Institut Pasteur de Bangui et l’Université de Bangui est signée. C’est à ce titre que les deux institutions ont coorganisé les premières journées scientifiques de Bangui les 28 et 29 novembre 2018.

Cette année, pour marquer son 60e anniversaire, l’Institut Pasteur de Bangui a le privilège d’organiser les 2e Journées Scientifiques de Bangui avec l’appui de l’Institut Pasteur, de l’Etat centrafricain, l’Unicef, l’Ambassade France, ALPHA LAB, ThermoFisher Scientific, Orange Centrafrique, Air France, NordSud -cti, LABELIANS, Powers Scurity, SOCATRAF, FAO, LEDGER PLAZA, TOTAL ENERGIES, KENYAN AIRWAYS. La 3e édition pourrait avoir lieu dans 3 ans.

2021-12-05T14:18:26+00:00décembre 5th, 2021|Actualités, News|

6 novembre 2021 – 60ème anniversaire de l’Institut Pasteur de Bangui

Le 60e anniversaire de l’Institut Pasteur de Bangui a fait définitivement date ce samedi 6 novembre 2021. Le président de la République Centrafricaine et le Directeur Général de l’Institut Pasteur étaient présents pour commémorer cet Institut devenu au fil des ans un organisme essentiel en République Centrafrique et aussi sur le continent africain.

 

Le 6 novembre 2021 a eu lieu la cérémonie du 60ème anniversaire de l’implantation de l’Institut Pasteur de Bangui (en abrégé IPB) en République centrafricaine. Outre Son Excellence le Président de la République Pr Faustin-Archange TOUADERA, le directeur général de l’Institut Pasteur, le directeur du Pasteur Network, ainsi que de nombreuses autorités centrafricaines dont le ministre de la santé et les représentants de plusieurs institutions françaises, ont participé à cette cérémonie.

La cérémonie s’est tenue dans la nouvelle salle de conférence inaugurée en parallèle par le Président de la République. Elle porte le nom de « Eric KELEMBO », chercheur de l’IPB, expert de la tuberculose, mort lors d’une mission du ministère de la santé.

Un autre temps fort de cette cérémonie a été la surprise faite au Pr Stewart COLE parle Chef de l’ETAT. Le Président de la République chef de l’Etat a nommé à titre exceptionnel, dans l’ordre national de la reconnaissance centrafricaine, au grade de commandeur, le Pr Stewart Cole Directeur General de l’Institut Pasteur.

Aujourd’hui l’IPB se positionne comme un acteur incontournable en matière de recherche, de formation, de santé publique et de service à la population. Il constitue un appui essentiel à la décision politique et à la conduite de l’action publique. Il offre aux centrafricains une meilleure prévention et prise en charge des maladies infectieuses et métaboliques. Ses 8 laboratoires nationaux de référence qui surveillent en permanence les maladies infectieuses, permettent aux acteurs de santé d’adapter leur stratégie de riposte. Par ses projets de recherche, il permet une meilleure compréhension de l’épidémiologie et mécanismes pathogéniques des agents infectieux qui circulent en Centrafrique. L’impact de ses recherches s’étend au-delà des frontières de la Centrafrique. La signature solennelle de la reconduction de la convention qui l’Institut Pasteur de Bangui et la République Centrafricaine était également un symbole fort à l’issue de cette cérémonie.

Une mention spéciale a été faite pour le personnel qui fait ce qui est l’IPB, ainsi que le soutien des tutelles et des partenaires sans qui rien ne serait possible.

L’IPB appartient au Pasteur Network composé de 33 instituts dans le monde et que l’Institut Pasteur a souhaité doter de moyens nouveaux cette année en créant la fondation des instituts et en renforçant l’Alliance Pasteur Internationale. Le pasteur Network existe depuis plus de 130 ans au bénéfice de la santé des population, né de la volonté de Louis Pasteur de mettre le fruit de ses découvertes vaccinales et microbiologiques à la libre disposition de communauté médicale internationale. Le pasteur Network est implanté aujourd’hui dans 25 pays, sur 5 continents.

2021-12-03T16:12:53+00:00décembre 3rd, 2021|Actualités, News|

23 septembre 2021 – Journée mondiale de la rage 2021

Atelier de Formation du personnel de la Sante et de l’Elevage impliqué dans la surveillance de la rage à l’Institut Pasteur de Bangui

Pour préparer la 15e journée mondiale de la rage en République Centrafricaine qui aura lieu le 28 septembre 2021, un atelier de formation du personnel de la santé et de l’Elevage impliqué dans la surveillance de la rage a été organisé à l’Institut Pasteur de Bangui. Dans son discours d’ouverture, Le Ministre de la santé et de la population Dr Pierre SOMSE a rappelé le thème de cette journée « La rage : la réalité, pas la peur » et a communiqué les chiffres de la rage en République Centrafricaine, soit 8132 personnes mordues pour 7242 animaux mordeurs et 30 cas de décès de 2016 à 2021.
Depuis sa création en 1961 jusqu’en 2021, année de son 60e anniversaire, l’Institut Pasteur de Bangui ne cesse de s’investir dans la prévention et la lutte contre la rage, la sensibilisation à la maladie, le renforcement du système de surveillance et le contrôle de la maladie. Grâce à son Centre Antirabique pour la prévention et le traitement de la Rage, l’Institut Pasteur de Bangui, Centre National de Référence et Centre Collaborateur OMS de la rage en République Centrafricaine procure gratuitement des prophylaxies post-exposition aux personnes qui en ont besoin et sauve ainsi des vies.

2021-09-23T16:12:52+00:00septembre 23rd, 2021|Actualités, Santé - Nos expertises|

2 juin 2021 – Une première étude approfondie du Virus Respiratoire Syncytial (VRS) en République Centrafricaine fournit des données importantes à la compréhension de son épidémiologie et au développement de stratégies de prévention efficaces et d’approches thérapeutiques ciblées.

Une première étude épidémiologique moléculaire du Virus Respiratoire Syncytial (VRS) en République Centrafricaine a montré que la prévalence du VRS était significativement plus élevée chez les nourrissons de moins de 6 mois parmi les enfants hospitalisés avec des fluctuations annuelles et saisonnières. Une circulation concomitante du VRS-A et du VRS-B avec une prédominance alternée et un remplacement temporel du génotype NA1 du VRS-A par ON1 a également été observée.

 

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est l’un des principaux agents pathogènes viraux à l’origine d’infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) chez les enfants de moins de 5 ans. Les voies respiratoires infantiles sont plus petites et les atteintes peuvent être très sévères. Chaque année dans le monde on compte près de 30 millions de cas d’infections aiguës des voies respiratoires inférieures. La réponse immunitaire au virus respiratoire syncytial ne protège pas contre une réinfection et il n’existe pas de vaccin autorisé.

Le VRS a rarement été étudié en République centrafricaine (RCA). En profitant du réseau national de surveillance de la grippe en République centrafricaine, une étude a visé à fournir les premières informations sur la prévalence, la saisonnalité et les manifestations cliniques du VRS en RCA sur 4 ans de surveillance. Des co-infections bactériennes avec Staphylococcus aureus, Hemophilus influenzae, Moraxella catarrhalis, Streptococcus pneumoniae et/ou co-infections par le virus de la grippe A virales ont été retrouvées dans certains cas et la caractérisation moléculaire du VRS a permis d’identifier les génotypes ON1 et NA1 pour le VRS-A. Lire l’article.

Ces résultats sont d’une utilité aux cliniciens pour le traitement des enfants atteints d’IRAS ainsi qu’aux autorités sanitaires pour la conception des protocoles de prise en charge. Par ailleurs, les investigations moléculaires soulignent l’importance de la mise en place d’une surveillance sentinelle afin de suivre l’évolution des génotypes du VRS pour la composition du futur vaccin.

Le Centre National de Référence pour la grippe (CNRG -Institut Pasteur de Bangui) organise la surveillance épidémiologique des virus grippaux en République Centrafricaine en observant et en apportant une expertise sur les virus grippaux et autres virus respiratoires qui circulent dans le pays. Sa mission consiste également à alerter les autorités de santé publique de tout événement pouvant menacer la santé de la population et de leur apporter un conseil scientifique. Ce réseau de surveillance épidémiologique des virus grippaux comptant 5 sites sentinelles mis en place depuis 10 ans que l’Institut Pasteur de Bangui renforce par la formation des médecins et techniciens de laboratoire et assure la partie laboratoire recherche. La surveillance syndromique est associée à la surveillance virologique pour mieux apprécier le niveau de circulation des virus Influenza en RCA, identifier leurs types et sous-types et décrire les autres virus respiratoires présents impliqués dans les IRAS. La République Centrafricaine fait partie du réseau mondial de surveillance virologique de la grippe depuis que l’OMS l’a identifiée comme pays ayant la capacité de poser un diagnostic virologique de la grippe. De ce fait, le CNRG-Institut Pasteur de Bangui transmet les virus grippaux isolés 2 fois par an à l’OMS afin d’aider à la formulation vaccinale annuelle. Afin d’améliorer la surveillance virologique et épidémiologique, la RCA contribue respectivement en 2017 et 2018 aux plateformes d’analyse de données (FluNet et FluId) opérationnelles élaborées par l’OMS. Deux autres, (PISA et BoD) sont en expérimentation pour l’évaluation de la sévérité de la grippe, l’estimation de son fardeau et ainsi combler le déficit des données épidémiologiques encore parcellaires.

2021-06-02T07:13:28+00:00juin 2nd, 2021|Actualités, ASIDE, Recherche|

29 mai 2021 – Tuberculose multirésistante en République Centrafricaine : le point sur le niveau actuel de la résistance aux antituberculeux de 1ère ligne

 

Les formes multirésistantes de la tuberculose notamment aux deux antibiotiques principaux prescrits en première intention, la rifampicine et l’isoniazide se développent et concernent la plupart des cas en République Centrafricaine. Cette résistance combinée entraîne l’inefficacité des traitements de première intention, une mortalité et une contagion accrues, et l’acquisition de résistances additionnelles à d’autres antituberculeux. Une étude menée par l’Institut Pasteur de Bangui sur 225 patients diagnostiqués tuberculeux a montré que 73,2% des résistances ont concerné à la fois la rifampicine et l’isoniazide. Et dans 34,2%, elles ont concerné tous les antituberculeux de première ligne.

Depuis la découverte du bacille tuberculeux par Robert Koch en 1882, la tuberculose continue d’être un problème de santé publique dans le monde. En 2018, L’OMS a rapporté 10 millions de cas de tuberculose dans le monde dont 1,2 million de décès hors patients VIH. Les cas de tuberculose multi résistante (TBMR) à la rifampicine et l’isoniazide étaient estimés à 484 000 dont 214 000 décès. Si la prévalence globale de la TBMR est estimée en 2018 à 3,4% chez les nouveaux patients et 18% des cas précédemment traités, des taux plus élevés ont été rapportés en Russie avec plus de 25% chez les nouveaux cas et plus de 50% chez les retraitements.

La pharmaco résistance apparait donc aujourd’hui comme un problème majeur dans la prise en charge de la tuberculose pulmonaire car si un patient a une tuberculose pharmaco résistante, sa maladie ne répondra pas à l’un des deux principaux antituberculeux que sont la rifampicine et l’isoniazide. Les deux principales causes du développement de la résistance aux médicaments sont connues pour être la non-observance du traitement prescrit et l’utilisation de schémas de traitement inadéquats.  Parmi les facteurs de risque importants de résistance aux médicaments, il a été rapporté le traitement antérieur avec des médicaments antituberculeux et le contact avec une personne atteinte de tuberculose pharmaco résistante.

L’émergence et la propagation de la TBMR constituent un véritable challenge pour la stratégie « Mettre fin à la tuberculose d’ici à 2035 » car elles compromettent tous les acquis des programmes mondiaux de lutte contre la tuberculose et menacent de déstabiliser la lutte mondiale contre cette maladie.

La prévalence de la TBMR augmente partout dans le monde, tant parmi les nouveaux cas de tuberculose que parmi ceux déjà traités alors que seulement 50% de ces patients atteints de TBMR ont été traités avec succès. Un patient atteint de TBMR est une source de danger pour la santé publique qui ne peut pas être sous-estimé.

La République Centrafricaine est l’un des pays ayant une forte charge tuberculeuse avec une incidence de 540/100 000 habitants mais à ce jour, il n’existe que des données partielles au niveau national sur la prévalence de la TBMR. Des études circonscrites réalisées en 2010 et en 2011 respectivement sur les résistances primaires et secondaires avaient rapporté 0,4% de résistances primaires et déjà 40% chez les retraitements…. Lire l’article.

L’Institut Pasteur de Bangui abrite le Laboratoire National de Référence de la Tuberculose (LNR-TB) pour le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT) du ministère de la santé de la République Centrafricaine. Les activités du LNR-TB sont :

  • La coordination des 80 Centres de Diagnostic et de Traitement (CDT) de la République Centrafricaine ;
  • La formation initiale des techniciens en bacilloscopie ;
  • La fourniture des intrants et réactifs (bascilloscopie) à tous les CDT ;
  • La supervision des activités des CDT ;
  • L’organisation des Contrôles de Qualité Externe (CQE) pour tous les CDT ;
  • La surveillance de la TBMR dans le pays.

04 mars 2021 – Comment les Instituts Pasteur à travers le projet SARA développent une expertise sur les sujets d’antibiorésistance en République Centrafricaine

Le Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP) et l’Institut Pasteur (Paris) ont défini une stratégie commune de surveillance, ainsi qu’un renforcement de capacités visant à développer des activités de recherche sur la thématique de vulnérabilité à l’antibiorésistance. A travers le projet Surveillance de l’Antibio-Résistance en Afrique (SARA), ils visent à répondre à ce défi majeur et prioritaire de santé publique, y apportant un savoir-faire et des capacités scientifiques internationalement reconnues.

La consommation massive et inappropriée des antibiotiques, aussi bien en santé humaine qu’animale, favorise l’apparition de bactéries résistantes à ces médicaments et les rend donc inefficaces. De plus, leur usage contribue à augmenter leur présence dans l’environnement, notamment en Afrique où la consommation des antibiotiques est peu contrôlée et la résistance peut conduire à des impasses thérapeutiques potentiellement responsables d’une surmortalité. C’est pourquoi la lutte contre l’antibiorésistance doit suivre une approche « One Health, Une seule santé » préconisée par les instances internationales, comme l’Organisation mondiale pour la santé (OMS). La surveillance de la résistance aux antibiotiques suit les évolutions des populations microbiennes, permet la détection précoce des souches résistantes importantes pour la santé publique et appuie la notification de ces souches. Au niveau mondial, elle est coordonnée par le système de surveillance Global Anti Microbial Resistance de l’OMS. Le but de ce système est de combiner les données cliniques, épidémiologiques et de laboratoire concernant les pathogènes qui posent un problème de résistance au niveau mondial. Cette surveillance est capitale pour la protection de la santé publique et la définition des actions prioritaires.

En République Centrafricaine, si un plan stratégique a été élaboré, il n’est pas mis en œuvre. Le renforcement de la surveillance et de la lutte contre l’antibiorésistance ne fait pas partie des priorités

de la stratégie de coopération entre l’OMS et le Ministère de la Santé et de la Population et le pays ne fait pas encore partie du système GLASS de l’OMS (le Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens). En se calant sur la méthodologie TriCycle (programme One Health de surveillance de l’Anti Microbial Resistance de l’OMS), le projet Surveillance de l’Antibio-Résistance en Afrique (SARA), dirigé par Sylvain Brisse de l’Institut Pasteur et financé par le Ministère des Affaires Européennes et Etrangères, vise à développer un réseau de surveillance et de recherche sur l’antibiorésistance dans 6 pays d’Afrique : Bénin, Cameroun, Madagascar, Maroc, République Centrafricaine, Sénégal. En y intégrant le Laboratoire de Bactériologie Médical et environnemental de l’Institut Pasteur de Bangui, les personnels de santé de la République Centrafricaine pourront disposer d’un outil permettant de prendre connaissance des données les plus récentes concernant le taux de résistance de différentes bactéries aux antibiotiques, aussi bien au niveau national que local.

Les taux de résistance aux antibiotiques, les mécanismes moléculaires de résistance et les interactions homme – animal – alimentation – environnement sont mal connus en République Centrafricaine, et cette expertise du projet SARA pourra fournir ces données essentielles pour définir des politiques publiques de contrôle de l’antibiorésistance, ainsi qu’en clinique pour la prescription d’antibiotiques avant que le(s) germe(s) responsable(s) de l’infection et sa sensibilité soient connus.

Le laboratoire de bactériologie médicale et environnementale de l’IPB surveille l’évolution des nouvelles formes de résistance aux antibiotiques sur le plan national. Il aide les laboratoires privés ou publics à identifier les formes émergentes de résistance aux antibiotiques, celles qui sont encore relativement rares mais en augmentation, et qui sont critiques du point de vue de la santé publique. Depuis le mois de février 2021, l’identification de l’antibiorésistance est facilitée par l’utilisation de l’automate ADAGIO, un appareil coûteux financé par le Rotary, pour la lecture et l’interprétation des antibiogrammes. A travers ce réseau SARA, le laboratoire de bactériologie médical et environnemental pourra construire des liens de collaborations scientifiques ou renforcer ceux déjà existants, définir une politique d’échange et de gestion des données partagées, mettre en place des ateliers de formation pratique, des cours théoriques et échanger des personnels entre institutions, partager stratégies et méthodes d’analyses de données épidémiologiques et microbiologiques. Le projet SARA se chargera des recommandations et directives complémentaires pour caractériser de manière ciblée et systématique les résistances importantes pour la santé publique au moyen de méthodes standardisées. Pour compléter cette surveillance globale, ce projet SARA à 1.000.000 d’euros, subventionnera des études spécifiques à un post doctorant durant 2 ans. L’Ambassade de France en République centrafricaine va également contribuer financièrement au développement du Laboratoire de Bactériologie Médicale et Expérimentale de l’IPB dans les deux prochaines années.

Grâce au projet SARA, la population centrafricaine pourra bénéficier d’une meilleure prise en charge grâce à l’amélioration des techniques diagnostiques ainsi qu’une potentielle mise à jour des recommandations de l’antibiothérapie probabiliste.

2021-03-05T15:48:22+00:00mars 5th, 2021|Actualités, RIIP|

21 février 2021 – Évaluation des facteurs de risque d’infection par le SRAS-CoV-2 chez le personnel de santé impliqué dans la prise en charge des cas de Covid-19 en République centrafricaine »

La surveillance des facteurs de risque pour la Covid-19 chez les personnels de santé en Afrique est une étude multicentrique dans 5 pays africains coordonnée par l’Institut Pasteur de Paris et réalisée par le Réseau International des Instituts Pasteur et le réseau MediLabSecure. Le Burkina Faso, le Cameroun, le Niger, la République centrafricaine et Madagascar cherchent à identifier les facteurs de risque potentiels d’infection chez les professionnels de santé en contact avec des patients atteints de Covid-19 lors de la prise en charge des premiers cas et d’améliorer la compréhension des principales caractéristiques épidémiologiques dans la dynamique de la diffusion/transmission interhumaine du virus, conformément aux recommandations de l’OMS.

« COVID-19 evaluation risk among the healthcare workers in charge of the first cases in Central African Republic » (COVERHA) est une étude mise en place par les équipes du projet MediLabSecure et du Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP). Elle est coordonnée par l’Institut Pasteur de Paris et soutenue par les instituts européens partenaires (Laboratoire de réponse urgente aux menaces biologiques (CIBU) de l’Institut Pasteur de Paris, Istituto Superiore di Sanità (ISS) en Italie et Centre de recherche en santé animale (INIA-CISA) en Espagne).

Depuis la déclaration du premier cas de Covid-19 en République Centrafricaine (RCA) le 14 mars 2020, aucune étude dans le pays n’a caractérisé l’infection par le SRAS-CoV-2.  Comme beaucoup d’autres maladies en RCA, la Covid-19 est très peu documentée. Les personnels de santé, en première ligne de la gestion de la pandémie, sont susceptibles d’être exposés au coronavirus SRAS-CoV-2 et de le transmettre en cas d’infection. Les résultats de cette étude permettront de mieux prévenir et contrôler les infections dans les services hospitaliers de référence et pourront soutenir les capacités de surveillance nationale et permettre aux autorités sanitaires de proposer des axes d’amélioration des mesures de lutte et de prévention.

D’un même fil conducteur, deux autres études financées par l’OMS et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE) français visent à rechercher la présence d’anticorps dans trois populations différentes (cas confirmés/cas contacts et la population générale de Bangui). Ces études de séroprévalence sont menées afin de mesurer l’étendue de l’infection en fonction de la présence d’anticorps au sein de la population étudiée.

Projet 1 : « Etude séro-épidémiologique de l’infection par SARS-COV-2 dans la population à Bangui, République centrafricaine ». Ce projet est mené dans le cadre de « La recherche pasteurienne internationale en réponse au coronavirus en Afrique » (REPAIR). Cette action, coordonnée par le Réseau International des Instituts Pasteur et soutenue par le MEAE regroupe un consortium de 10 Instituts africains du réseau (Tunisie, Algérie, Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger, République Centrafricaine, Cameroun, Madagascar). Elle s’organise en cinq groupes de travail focalisés sur la situation en Afrique : évaluation de la performance des tests diagnostiques, études d’épidémiologie moléculaire du virus, séro-épidémiologie du SRAS-CoV-2, modélisation mathématique de la diffusion et étude de la réponse sociale aux tests de diagnostic du virus. La République centrafricaine participe au niveau de l’étude séro-épidémiologique de l’infection dans la population générale mais aussi au niveau du séquençage des souches de virus circulants dans le pays et dans la validation des tests de l‘IPT.

Projet 2 : First Few X cases (FFX) est un projet inclus dans le programme UNITY financé par l’OMS. Le projet a pour but de décrire la réponse immunitaire anticorps vis-à-vis du Covid-19 chez des cas confirmés et leur cas contacts à Bangui en République centrafricaine. L’objectif est d’identifier les caractéristiques cliniques, épidémiologiques et virologiques des premiers cas.

Ces études sont pertinentes et d’un fort intérêt dans un contexte où la République Centrafricaine envisage une campagne de vaccination au vaccin AstraZeneca. Dans ce contexte, l’Institut Pasteur de Bangui vise produire les premières données de séquences du SRAS-CoV-2 circulant en République Centrafricaine.

2021-02-22T06:48:51+00:00février 22nd, 2021|Actualités, COVID-19|