18 juin 2020 – La République Centrafricaine « Pays libre du poliovirus sauvage »

Le bureau pays en Centrafrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé la nouvelle le 17 juin 2020 sur son compte twitter : la Commission Régionale de Certification pour la Région Africaine a déclaré la République Centrafricaine ” pays libre du poliovirus sauvage “.

 

Il s’agit là d’un accomplissement important.  La République Centrafricaine n’a plus détecté de cas de poliovirus sauvage (PVS) depuis le 08 décembre 2011. Les données du laboratoire de référence régional OMS de la poliomyélite abrité à l’Institut Pasteur de Bangui le certifient. Ce résultat est le fruit de l’engagement, auprès du Ministère de la Santé, des organisations internationales et fondations privées qui ont soutenu financièrement cet effort depuis de longues années y compris l’Institut Pasteur de Bangui.

L’Institut Pasteur de Bangui (IPB) est engagé depuis 1996 à la riposte nationale contre la poliomyélite par la surveillance active intégrée des paralysies flasques aigues. Le laboratoire poliomyélite de l’IPB fait partie du réseau mondial des laboratoires poliomyélite accrédités par l’OMS. Il est pris en compte dans le processus de la certification. L’IPB a pu démontrer pendant toutes ces années que le laboratoire poliomyélite pour le pays est fiable, que toute circulation du poliovirus sauvage peut être détectée à temps dans n’importe quelle partie du pays et que la transmission du poliovirus sauvage a été interrompue.

Bien que la RCA soit touchée par un poliovirus circulant dérivé de souche vaccinale PVDVc de type 2 depuis le 2 mai 2019, le pays a su démontrer l’efficacité de la surveillance, la performance de la vaccination, la performance du laboratoire, la disponibilité du plan de confinement du poliovirus et la disponibilité du plan de riposte en cas de réimportation ainsi que l’absence de cas de PVS après la période de 2011. Ce qui constitue une avancée considérable.

En rappel, la poliomyélite est causée par un virus qui envahit le système nerveux. Elle peut engendrer des paralysies irréversibles en quelques heures et elle touche surtout les enfants en bas âge. La certification de l’éradication de la poliomyélite est réalisée sur une base régionale. Chaque région ne peut être considérée comme certifiée que lorsque tous les pays de la région démontrent l’absence de transmission du poliovirus sauvage pendant au moins trois années consécutives en présence d’une surveillance aux normes recommandés par l’OMS. Sur les six régions de l’OMS, cinq sont déclarées libres de poliomyélite. Il s’agit de la Région Amériques (1994), de la Région Pacifique Occidental (2000), la Région Europe (2002), la Région Asie du Sud-Est (2014) et la Région Afrique (2020). Il ne reste que la Région Méditerranée Orientale.

2020-06-18T18:52:20+00:00June 18th, 2020|Actualités, oms|

3 juin 2020 – Une nouvelle mutation de Plasmodium falciparum dévoilée en République Centrafricaine.

Une nouvelle étude portant sur les marqueurs de résistance aux médicaments chez le parasite du paludisme en République Centrafricaine, publiée dans Malaria Journal, révèle l’absence à Bangui de souches de Plasmodium falciparum portant des mutations décrites dans la résistance à l’artémisinine.  En revanche, cette étude identifie une mutation probablement jamais observée auparavant et dont le phénotype n’est pas encore connu. L’étude a par ailleurs mis en évidence la circulation de Plasmodium ovale en co-infection avec Plasmodium falciparum, l’espèce prépondérante du parasite responsable du paludisme.

En 2018, le nombre de cas de paludisme dans le monde a été estimé à 228 millions. La plupart des cas (213 millions ou 93 %) ont été enregistrés en 2018 en Afrique. Cette même année, dix-neuf pays d’Afrique subsaharienne et l’Inde ont concentré 85% du nombre total de cas dans le monde. Plasmodium falciparum est le parasite du paludisme le plus prévalent en Afrique ; il est en effet à l’origine de 99,7 % des cas de paludisme estimés en 2018. Au niveau mondial, le nombre de décès dus au paludisme a été estimé à 405 000 en 2018 et à elle seule, l’Afrique a enregistré 94 % des décès liés au paludisme dans le monde en 2018. (https://www.who.int/malaria/media/world-malaria-report-2019/fr/)

Le suivi de l’efficacité des antipaludiques est un élément essentiel de la lutte contre le paludisme du fait de l’apparition régulière d’une résistance de Plasmodium falciparum à plusieurs antipaludiques ces dernières décennies. L’émergence et la propagation de la résistance à l’artémisinine, le traitement de première ligne actuel pour le paludisme simple, met en danger les progrès substantiels de l’élimination du paludisme dans le monde.

C’est dans ce contexte que le laboratoire de parasitologie de l’Institut Pasteur de Bangui a réalisé une étude moléculaire pouvant guider la lutte contre le paludisme et répondre au défi de la résistance à l’artémisinine en République Centrafricaine, pays d’endémie palustre. L’objectif était d’estimer la proportion d’isolats de de P. falciparum portant des mutations décrites dans la résistance à l’artémisinine. Cette étude a indiqué l’absence de souches aux mutations associées à la résistance à l’artémisinine à Bangui, capitale de la République Centrafricaine. Dans cette étude, il a été mis en évidence la circulation du Plasmodium ovale en co-infection avec le Plasmodium falciparum. L’observation des marqueurs moléculaires de la résistance aux médicaments chez ces parasites responsables du paludisme a révélé la circulation d’une souche non caractérisée dont on ignore si elle est résistante ou non. Le décryptage de cette souche dans une étude future plus représentative permettra de définir le profil de ce polymorphisme.

L’article a paru dans Malaria Journal le 24 mai 2020 sous le titre « Molecular Assessment of kelch13 Non-Synonymous Mutations in Plasmodium Falciparum Isolates From Central African Republic (2017-2019) ».

2020-06-03T12:17:21+00:00June 3rd, 2020|Actualités, News, Recherche|

14 mai 2020 – Le Dr Guy VERNET visite le site du projet ALERRT de Sibut

Le Dr Guy VERNET assisté du Dr Serge Ghislain DJORIE, Coordonnateur national du projet et une délégation de l’administration de l’IPB étaient dans la ville de Sibut le jeudi 14 mai 2020, pour évaluer le fonctionnement et l’efficience de l’étude FISSA (Febrile Illness in Sub-Saharan Africa) du projet ALERRT (African Coalition for Epidemic Reseach, Response and Training).

Le Dr Franco BANAWANE OUAYO, Médecin Chef de District Sanitaire de KEMO et le Dr Tom Tanguy LOKO II, Médecin Chef de l’Hôpital de Sibut (Investigateur de l’étude FISSA) ont réservé un accueil chaleureux à la délégation de l’Institut Pasteur de Bangui conduite par le Dr Guy VERNET. Le Directeur de l’IPB n’était pas venu les mains vides. Des masques de protection et des solutions hydroalcooliques pour la prévention du covid-19 ont été remis aux quelques personnels soignants présents.

C’est dans la salle de conférence de l’hôpital de District de Sibut qu’une séance de travail a eu lieu. Le nouveau Directeur de l’IPB s’est entretenu en présence des différents responsables des deux Institutions partenaires et de tous les personnels impliqués dans l’étude FISSA. Constater, partager, proposer, telle était la mission que s’était donnée le Directeur Général. Il a pu ainsi apprécier l’évolution de l’étude et identifier ses forces et ses faiblesses.

L’étude FISSA (Febrile Illness in Sub-Saharan Africa) du projet ALERRT (African Coalition for Epidemic Reseach, Response and Training) a officiellement démarré le 03 février 2020 à l’hôpital de District de Sibut. Un second site abritant la même étude a aussi démarré le 13 Février 2020, il s’agit de l’hôpital de District de Boda qui est placé sous la responsabilité technique et scientifique de l’IPB.

Pour rappel, L’étude FISSA vise à déterminer les causes réelles des échecs thérapeutiques ou des décès liés aux maladies fébriles en Afrique sub-saharienne en général et en Centrafrique en particulier. L’Institut Pasteur de Bangui est membre du réseau ALERRT, un consortium de 19 organisations partenaires, 13 pays d’Afrique et 4 pays d’Europe mobilisés pour lutter contre les épidémies en Afrique Sub-saharienne à travers la recherche scientifique, les stratégies de riposte et la formation des personnels soignants. L’Institut Pasteur de Bangui est en charge de la supervision du projet ALERRT en Centrafrique.

Cette visite sur le terrain a permis au Directeur général et sa suite de se rendre compte de l’intérêt de poursuivre les activités dans le cadre de l’étude FISSA et de recueillir les suggestions d’amélioration de la part des acteurs du projet. Elle a également permis de découvrir les locaux dans lesquels les interviews des patients sont conduits.

La délégation de l’IPB a ensuite été reçue par le préfet de KEMO, Madame Lydie GAHORO. Durant cette rencontre, le préfet a félicité l’IPB pour son implication mais surtout son appui au problème de santé publique en Centrafrique, elle en a profité pour soulever d’autres préoccupations notamment la synergie d’action avec l’IPB dans la prévention contre le covid-19. A ces préoccupations, le Directeur Général a apporté des réponses et a rassuré la responsable de la préfecture de KEMO que le message sera porté aux Hautes Autorités en charge de la santé lors de la prochaine réunion conjointe dans la lutte contre le COVID-19.

Pour cet évènement, une interview a été accordée par les journalistes de la radio locale de Sibut lors de laquelle, le Dr Guy VERNET a particulièrement souhaité une communication accrue sur les nombreux projets que l’Institut Pasteur de Bangui met en œuvre en République Centrafricaine tel le projet FISSA à Sibut.

2020-05-21T11:29:59+00:00May 21st, 2020|Actualités, ALERRT, News|

12 mai 2020 – L’Institut Pasteur de Bangui honore au titre de l’année en cours ses employés les plus méritants

Pour promouvoir l’excellence, l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) ne manque pas chaque année de récompenser les efforts de son personnel. Au titre de l’année 2019, Christian BANGABELE, Assistant-Comptable, s’est particulièrement illustré par l’excellente qualité de son travail qui lui a valu de bons résultats. Il est désigné “employé de l’année 2019”. Le directeur de l’IPB Dr Guy VERNET a tenu personnellement à le féliciter pour son implication et lui décerner un certificat attestant cette nomination, lors de la cérémonie en comité restreint qui s’est déroulée ce mardi 12 mai 2020 sous les paillotes de l’IPB.

Occupant le poste d’Assistant-Comptable, Christian BANGABELE a été recruté en 2007. Sérieux dans son travail, toujours disponible pour aider ses collègues, il sait demander de l’aide et conseille en cas de besoin. Un vrai professionnel dévoué avec un esprit d’équipe.

Le directeur de l’IPB Dr Guy VERNET, suivi des délégués du personnel, du syndicat de base et des membres de l’administration, a également félicité quatre employés récipiendaires de la médaille du mérite du travail pour cette année 2020. Il s’agit de :

  • Georges YABETA, technicien de laboratoire au service de bactériologie, 30 années de service, médaille d’or ;
  • Jean Denis KOPONDJIA, chauffeur, 31 années de service, médaille d’or ;
  • Romaine YABOUGNAWO, technicienne de laboratoire au service d’hématologie, 34 années de service, médaille d’or ;
  • Rodolphe MAMBELY-NZAKO, Surveillant Général Adjoint du Laboratoire d’Analyses Médicales, 25 années de service, médaille d’argent avec palme.

Cette cérémonie annuelle, dédiée à la promotion de l’excellence, s’est terminée par un buffet concocté par l’Association des Femmes de l’Institut Pasteur de Bangui (AFIPB).

2020-05-15T14:46:22+00:00May 15th, 2020|Actualités, News|

15 Avril 2020 – Guy VERNET, nouveau Directeur Général de l’Institut Pasteur de Bangui

Après sa nomination le 1er mars 2020 comme Directeur Général de l’Institut Pasteur de Bangui, le Dr Guy VERNET a pris fonction le 20 mars 2020. Il remplace à ce poste le Dr Jean-Pierre LOMBART au terme d’un mandat de cinq années.

Compte tenu de la situation sanitaire internationale et plus particulièrement en France, lieu de séjour du Dr Guy VERNET avant son arrivée à Bangui le 20 mars 2020, a observé jusqu’au 11 avril une période de quarantaine de 21 jours à son domicile.

Le Dr Guy VERNET prend les commandes d’un Institut qui représente le centre de recherche et de santé le plus polyvalent et le mieux équipé du pays et qui collabore étroitement avec les autorités de santé et les acteurs majeurs de la santé en République Centrafricaine.

Le Dr Guy VERNET a une expérience de plus de trente-cinq ans dans le domaine de la recherche, du diagnostic des maladies infectieuses et de la santé publique. Lors de son premier séjour en Afrique, à Bobo-Dioulasso, Burkina-Faso, ses recherches ont porté sur les mécanismes permettant au trypanosome d’échapper au contrôle immunitaire des bovins parasités. Il a ensuite conduit des travaux au sein du Biozentrum de l’Université de Bâle, Suisse, sur l’organisation particulière des chromosomes des dinoflagellés, organismes marins primitifs. Il a rejoint, en 1990, le Département Recherches de bioMérieux, un leader mondial du diagnostic en laboratoire, où il a dirigé des équipes de développement de tests immunologiques et moléculaires pour le dépistage et le suivi du VIH/SIDA, de la tuberculose, des hépatites, de la toxoplasmose et d’autres maladies infectieuses. De 2005 à 2012, le Dr Guy VERNET a dirigé un laboratoire de recherches sur les agents pathogènes émergents dédié à leur identification et au développement de tests diagnostics pour leur surveillance dans les pays à faibles ressources. A partir de 2007, il a été Directeur Scientifique de la Fondation Mérieux, avec l’objectif de contribuer au développement des capacités de recherches sur les maladies infectieuses dans plus de 15 pays en équipant des laboratoires de recherche de haute sécurité biologique et en contribuant au sein du réseau GABRIEL à aider les chercheurs à mettre en œuvre des projets de recherche collaboratifs. A la demande du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes français, il a dirigé de 2013 à 2016 le Centre Pasteur du Cameroun qui a joué un rôle majeur au sein du Ministère de la Santé dans la préparation de la réponse à l’épidémie au virus Ebola, dans le contrôle de la re-émergence de souches sauvages de virus de la poliomyélite sauvages et du virus de la grippe aviaire. Avant de rejoindre Bangui, il a dirigé pendant 3 ans la Fondation Mérieux USA à Washington où il a développé des partenariats majeurs avec des universités, des centres de recherche et des agences gouvernementales américaines dans le but de renforcer les capacités de surveillance des maladies infectieuses en Afrique et en Asie du Sud Est. Guy Vernet est titulaire d’un doctorat de science de l’Université de Lyon, ses travaux de thèse ayant porté sur la biochimie des infections rétrovirales.

2020-04-15T08:13:18+00:00April 15th, 2020|Actualités, News|

24 février 2020 – La République Centrafricaine s’apprête à soumettre la documentation nationale pour l’obtention du statut « libre de polio sauvage »

La République Centrafricaine a soumis la documentation nationale pour l’obtention du statut de pays libre de poliovirus sauvage à la vérification du Comité National de Certification. Elle présentera pour la première fois, avec le Cameroun, le Nigéria et le Soudan du Sud la documentation complète devant la Commission Régionale de Certification Afrique au mois de mars 2020.

Pour une certification indépendante de l’absence de poliovirus sauvages dans tous les pays du monde, l’OMS a mis en place une Commission Mondiale pour la Certification de l’éradication de la poliomyélite qui par la suite a élaboré les principes et les directives du processus d’éradication. Faisant partie de ce processus, des Commissions Régionale de Certification ont été créés dans chacune des six régions de l’OMS. La certification d’une région n’est envisagée que lorsque tous ses États Membres ont démontré l’absence de transmission de poliovirus sauvage pendant au moins trois années consécutives, constatée par des activités de surveillance de la poliomyélite réalisées en conformité avec les normes de la certification.

En République Centrafricaine, le dernier cas de poliovirus sauvage (PVS) autochtone a été notifié le 26 décembre 1999. Le dernier cas de PVS importé des pays voisins, confirmé en RCA, remonte au 8 décembre 2011. Le poliovirus dérivé de souche vaccinale circulant (PVDVc) n’a jamais été déclaré auparavant jusqu’à l’épidémie du PVDVc de type 2 du 2 mai 2019. Ces 10 dernières années, le système de surveillance de PFA en RCA est resté performant dans l’ensemble en ce qui concerne la détection des cas. La surveillance en environnementale a été introduite en RCA en décembre 2017 pour renforcer la surveillance de PFA. 3 des 10 sites de surveillance environnementale ont produit des PVDVc. La couverture vaccinale administrative nationale pour l’immunité de la population a progressé de 45% en 2014 à 81% en 2019 pour le vaccin antipoliomyélitique oral bVPO3, et de 42% en 2015 à 81% en 2019 pour le vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI). Bien que la couverture vaccinale administrative en VPO3 soit passée de 51% en 2017 à 81% en 2019, les estimations OMS-UNICEF montre une couverture autour de 50% sur la période. L’évaluation de risque a montré que presque tout le pays est à risque moyen ; cependant dans certains districts le risque demeure élevé.

Dans ce contexte, une délégation de la Commission Régionale de Certification pour l’Afrique (CRCA), était en visite de travail pour la vérification du document et ses annexes, visiter des régions sanitaires, districts et formations sanitaires choisis par la Commission, et le laboratoire de référence régional OMS de la poliomyélite abrité à l’Institut Pasteur de Bangui.

Compte tenu de ces progrès, la République Centrafricaine pourrait obtenir la certification de l’éradication du poliovirus sauvage d’ici fin 2020.

 

2020-02-22T13:23:17+00:00February 22nd, 2020|Actualités, News, oms|

10 février 2019 – Mieux comprendre la dissémination des rotavirus en République Centrafricaine par le projet GENVARO

L’Institut Pasteur de Bangui, à travers le projet GENVARO, suit l’évolution de la distribution des génotypes de rotavirus chez les enfants de moins de 5 ans afin de caractériser les souches inhabituelles et déceler d’éventuelles souches émergentes. Ce projet au concept One health, mené en collaboration avec le Ministère de l’élevage, et le Complexe Pédiatrique de Bangui vise à contribuer efficacement au programme de lutte contre les diarrhées dues aux rotavirus.

La gastro-entérite à rotavirus est une diarrhée aigüe, grave chez les enfants de moins de 5 ans, qui peut entrainer la mort dans des cas extrêmes. En République Centrafricaine, les rotavirus sont les agents majeurs des gastro-entérites chez les enfants hospitalisés. L’Institut Pasteur de Bangui a observé l’évolution des génotypes des rotavirus dans la population pédiatrique de Bangui par la surveillance des gastro-entérites et les derniers résultats ont mis en évidence l’émergence de génotype G/P inhabituels G9P[8]  et G12P[6]. Environ 40% des enfants de moins de 5 ans hospitalisés au Complexe Pédiatrique de Bangui pour une diarrhée, sont infectés par le rotavirus.

Le projet GENVARO « Diversité génétique et rôle de la transmission zoonotique des rotavirus chez les enfants de moins de 5 ans et les animaux des élevages familiaux en République Centrafricaine » consiste à réaliser une étude cas-témoins, épidémiologique et moléculaire des rotavirus afin de d’identifier les génotypes non communs de rotavirus A (RVA) qui peuvent émerger de la transmission zoonotique.

Ce projet est mené sur fonds propres pour la partie collecte des échantillons et bénéficie d’une collaboration du CDC Atlanta qui fournit les réactifs pour la partie moléculaire.

2020-02-10T09:50:44+00:00February 10th, 2020|Actualités, News, Recherche|

6 février 2020 – Démarrage officiel de l’étude FISSA (Febrile Illness in Sub-Saharan Africa) dans le cadre du projet ALERRT à l’hôpital de District de Sibut en République Centrafricaine

L’étude FISSA (Febrile Illness in Sub-Saharan Africa) du projet ALERRT (African Coalition for Epidemic Reseach, Response and Training) a officiellement démarré les premières inclusions à l’étude le lundi 3 février 2020 à l’hôpital de District de Sibut. L’étude vise à déterminer les causes réelles des échecs thérapeutiques ou des décès liés aux maladies fébriles en Afrique sub-saharienne en général et en Centrafrique en particulier.

Le 31 Janvier 2020 dans la ville de Sibut s’est tenue la cérémonie officielle du démarrage de l’étude FISSA dans le cadre du projet ALERRT. Cet événement a vu la participation du Préfet et du Sous-Préfet de KEMO, du Président de la Délégation Spéciale de la ville de Sibut, des principaux Chefs de Groupe et Chefs de quartier, des personnels soignants de l’Hôpital de District de Sibut impliqués dans le projet et des personnels impliqués dans la recherche clinique recrutés par l’Institut Pasteur de Bangui. L’événement avait pour but de présenter à la population de Sibut ainsi qu’à tous les acteurs, les grands axes pris en compte par le projet ALEERT à travers l’étude FISSA : objectifs, résultats et activités à mener.

Le réseau ALERRT est un consortium de 19 organisations partenaires, dont 13 en Afrique et 4 en Europe, mobilisés pour lutter contre les épidémies en Afrique Sub-saharienne à travers la recherche scientifique, les stratégies de riposte et la formation des personnels soignants. L’étude FISSA, née du projet ALEERT, cherche à déterminer les causes réelles des échecs thérapeutiques ou des décès liés aux maladies fébriles en Afrique sub-saharienne en général et en Centrafrique en particulier.

Les inclusions à l’étude FISSA ont débuté à l’hôpital de District de Sibut le lundi 03 Février 2020 et s’étendront sur 12 mois. La prochaine étape sera le lancement officiel de la même étude à l’Hôpital de District de BODA. Sur ce second site, l’Institut Pasteur de Bangui travaillera en collaboration technique avec l’ONG ALIMA, un autre partenaire du réseau ALERRT en Centrafrique.

 

 

2020-02-06T14:01:11+00:00February 6th, 2020|Actualités, ALERRT, News, Recherche|

29 janvier 2020 – Epidémie de rougeole sévère en République Centrafricaine

En République Centrafricaine, les cas de rougeole ont bondi à 3284 cas suspects au 20 janvier 2020, comparé à 240 cas en 2018 selon le Ministère de la Santé. L’épidémie enflamme 17 districts de santé du pays sur 35 et a causé 52 décès. Le ministère de la santé organise la riposte à l’épidémie en collaboration avec l’OMS, l’UNICEF, GAVI et les autres partenaires. Comment en est-on arrivé là ?

Cela n’est pas forcément nouveau. Depuis quelques années déjà, on parle de recrudescence de rougeole en République Centrafricaine (RCA) et les causes sont multifactorielles.  Pour la période allant du 21 janvier 2019 au 20 janvier 2020, la surveillance intégrée des maladies fait état de 3284 cas suspects de rougeole, dont 52 décès. L’épidémie touche 17 districts de santé du pays sur 35. Le laboratoire national de référence OMS pour la rougeole de l’Institut Pasteur de Bangui a reçu, pour la période indiquée, 979 sérums provenant des cas suspects de rougeole parmi lesquels 263 (32%) sont positifs pour la recherche des IgM antirougeoleux.

La rougeole, cette maladie hautement contagieuse, est endémique en RCA. Dans ce pays, les épidémies de rougeole se déclarent entre les mois de décembre et mars, avec un pic au mois de février. De plus, la couverture vaccinale, principal bouclier contre la maladie, n’est pas optimale depuis des années en raison de l’accès difficile aux services de vaccination opérationnels. Un autre facteur favorisant des cas compliqués de rougeole est la malnutrition chronique, véritable fléau dans ces zones. Il faut souligner que l’efficacité du vaccin est estimée à 85%. En combinant à cela le nombre d’enfants non vaccinés, il en résulte la cohorte de susceptibles qui augmente cumulativement depuis ces cinq dernières années.

Le ministère de la santé planifie la campagne de riposte à cette épidémie de rougeole en collaboration avec l’OMS, l’UNICEF, GAVI et les autres partenaires historiques de la Santé en RCA.

 

2020-01-29T07:18:05+00:00January 29th, 2020|Actualités, News, oms|

24 janvier 2020 – L’institut Pasteur de Bangui surveille l’Hépatite B en République Centrafricaine

Le laboratoire des Hépatites virales de l’Institut Pasteur de Bangui se préoccupe de l’impact épidémiologique et pronostique des mutations du virus de l’hépatite B (génotype E/A, mutants d’échappement immunitaire et mutants de polymérase) en République Centrafricaine.

Selon les travaux de l’Institut Pasteur, on estime que 8% de la population de Bangui est porteuse de de l’antigène de surface du virus de l’hépatite B (Ag HBs) témoignant d’une infection chronique.

Le patrimoine génétique du virus de l’hépatite B (VHB) est complexe. L’existence de différents génotypes constitue un premier niveau de variabilité, auquel se superpose un second niveau, représenté par l’apparition de virus mutants. Les génotypes décrivent la répartition géographique du VHB et influent sur l’évolution de la maladie et l’efficacité des traitements. Les mutations observées, notamment sur le gène S, peuvent conduire à des résultats faussement négatifs avec certains tests de dépistage de l’Ag HBs, ce qui représente un risque pour le patient non dépisté et pour la sécurité de la transfusion sanguine. Les mutations portant sur la polymérase virale sont associées, pour leur part, à la possibilité d’un échappement au traitement.

Le laboratoire des Hépatites de l’Institut Pasteur de Bangui contribue à la surveillance épidémiologique du VHB en Centrafrique par la caractérisation de ces particularités génétiques. Dans ce contexte, une étude a été conduite sur les mutations du VHB, retrouvées chez les patients dépistés par le Laboratoire d’Analyses Médicales de l’Institut Pasteur de Bangui sur la période 2017-2019. Des sérums provenant de 118 patients porteurs confirmés de l’Ag HBS, sans antécédents de traitement ou de vaccination contre le VHB ont été échantillonnés. Parmi les séquences du VHB, 49 étaient de génotype E et 2 étaient de génotype A, sous-génotype A1, sérotypés respectivement ayw4 et ayw1. Des mutants d’échappement immunitaire potentiels sY100C, sA128V et sM133T ainsi que plusieurs mutants de la polymérase ont été identifiés.

Ces résultats confirment l’émergence en Centrafrique de virus variants de l’hépatite B pouvant, à l’avenir, impacter négativement le suivi et la prise en charge locale de cette maladie.  Cette situation justifie la nécessité d’études plus larges et la mise en place d’activités sentinelles continues.

2020-01-24T14:20:40+00:00January 24th, 2020|Actualités, News, Recherche|