04 mars 2021 – Comment les Instituts Pasteur à travers le projet SARA développent une expertise sur les sujets d’antibiorésistance en République Centrafricaine

Le Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP) et l’Institut Pasteur (Paris) ont défini une stratégie commune de surveillance, ainsi qu’un renforcement de capacités visant à développer des activités de recherche sur la thématique de vulnérabilité à l’antibiorésistance. A travers le projet Surveillance de l’Antibio-Résistance en Afrique (SARA), ils visent à répondre à ce défi majeur et prioritaire de santé publique, y apportant un savoir-faire et des capacités scientifiques internationalement reconnues.

La consommation massive et inappropriée des antibiotiques, aussi bien en santé humaine qu’animale, favorise l’apparition de bactéries résistantes à ces médicaments et les rend donc inefficaces. De plus, leur usage contribue à augmenter leur présence dans l’environnement, notamment en Afrique où la consommation des antibiotiques est peu contrôlée et la résistance peut conduire à des impasses thérapeutiques potentiellement responsables d’une surmortalité. C’est pourquoi la lutte contre l’antibiorésistance doit suivre une approche « One Health, Une seule santé » préconisée par les instances internationales, comme l’Organisation mondiale pour la santé (OMS). La surveillance de la résistance aux antibiotiques suit les évolutions des populations microbiennes, permet la détection précoce des souches résistantes importantes pour la santé publique et appuie la notification de ces souches. Au niveau mondial, elle est coordonnée par le système de surveillance Global Anti Microbial Resistance de l’OMS. Le but de ce système est de combiner les données cliniques, épidémiologiques et de laboratoire concernant les pathogènes qui posent un problème de résistance au niveau mondial. Cette surveillance est capitale pour la protection de la santé publique et la définition des actions prioritaires.

En République Centrafricaine, si un plan stratégique a été élaboré, il n’est pas mis en œuvre. Le renforcement de la surveillance et de la lutte contre l’antibiorésistance ne fait pas partie des priorités

de la stratégie de coopération entre l’OMS et le Ministère de la Santé et de la Population et le pays ne fait pas encore partie du système GLASS de l’OMS (le Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens). En se calant sur la méthodologie TriCycle (programme One Health de surveillance de l’Anti Microbial Resistance de l’OMS), le projet Surveillance de l’Antibio-Résistance en Afrique (SARA), dirigé par Sylvain Brisse de l’Institut Pasteur et financé par le Ministère des Affaires Européennes et Etrangères, vise à développer un réseau de surveillance et de recherche sur l’antibiorésistance dans 6 pays d’Afrique : Bénin, Cameroun, Madagascar, Maroc, République Centrafricaine, Sénégal. En y intégrant le Laboratoire de Bactériologie Médical et environnemental de l’Institut Pasteur de Bangui, les personnels de santé de la République Centrafricaine pourront disposer d’un outil permettant de prendre connaissance des données les plus récentes concernant le taux de résistance de différentes bactéries aux antibiotiques, aussi bien au niveau national que local.

Les taux de résistance aux antibiotiques, les mécanismes moléculaires de résistance et les interactions homme – animal – alimentation – environnement sont mal connus en République Centrafricaine, et cette expertise du projet SARA pourra fournir ces données essentielles pour définir des politiques publiques de contrôle de l’antibiorésistance, ainsi qu’en clinique pour la prescription d’antibiotiques avant que le(s) germe(s) responsable(s) de l’infection et sa sensibilité soient connus.

Le laboratoire de bactériologie médicale et environnementale de l’IPB surveille l’évolution des nouvelles formes de résistance aux antibiotiques sur le plan national. Il aide les laboratoires privés ou publics à identifier les formes émergentes de résistance aux antibiotiques, celles qui sont encore relativement rares mais en augmentation, et qui sont critiques du point de vue de la santé publique. Depuis le mois de février 2021, l’identification de l’antibiorésistance est facilitée par l’utilisation de l’automate ADAGIO, un appareil coûteux financé par le Rotary, pour la lecture et l’interprétation des antibiogrammes. A travers ce réseau SARA, le laboratoire de bactériologie médical et environnemental pourra construire des liens de collaborations scientifiques ou renforcer ceux déjà existants, définir une politique d’échange et de gestion des données partagées, mettre en place des ateliers de formation pratique, des cours théoriques et échanger des personnels entre institutions, partager stratégies et méthodes d’analyses de données épidémiologiques et microbiologiques. Le projet SARA se chargera des recommandations et directives complémentaires pour caractériser de manière ciblée et systématique les résistances importantes pour la santé publique au moyen de méthodes standardisées. Pour compléter cette surveillance globale, ce projet SARA à 1.000.000 d’euros, subventionnera des études spécifiques à un post doctorant durant 2 ans. L’Ambassade de France en République centrafricaine va également contribuer financièrement au développement du Laboratoire de Bactériologie Médicale et Expérimentale de l’IPB dans les deux prochaines années.

Grâce au projet SARA, la population centrafricaine pourra bénéficier d’une meilleure prise en charge grâce à l’amélioration des techniques diagnostiques ainsi qu’une potentielle mise à jour des recommandations de l’antibiothérapie probabiliste.

2021-03-05T15:48:22+00:00March 5th, 2021|Actualités, RIIP|

21 février 2021 – Évaluation des facteurs de risque d’infection par le SRAS-CoV-2 chez le personnel de santé impliqué dans la prise en charge des cas de Covid-19 en République centrafricaine »

La surveillance des facteurs de risque pour la Covid-19 chez les personnels de santé en Afrique est une étude multicentrique dans 5 pays africains coordonnée par l’Institut Pasteur de Paris et réalisée par le Réseau International des Instituts Pasteur et le réseau MediLabSecure. Le Burkina Faso, le Cameroun, le Niger, la République centrafricaine et Madagascar cherchent à identifier les facteurs de risque potentiels d’infection chez les professionnels de santé en contact avec des patients atteints de Covid-19 lors de la prise en charge des premiers cas et d’améliorer la compréhension des principales caractéristiques épidémiologiques dans la dynamique de la diffusion/transmission interhumaine du virus, conformément aux recommandations de l’OMS.

« COVID-19 evaluation risk among the healthcare workers in charge of the first cases in Central African Republic » (COVERHA) est une étude mise en place par les équipes du projet MediLabSecure et du Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP). Elle est coordonnée par l’Institut Pasteur de Paris et soutenue par les instituts européens partenaires (Laboratoire de réponse urgente aux menaces biologiques (CIBU) de l’Institut Pasteur de Paris, Istituto Superiore di Sanità (ISS) en Italie et Centre de recherche en santé animale (INIA-CISA) en Espagne).

Depuis la déclaration du premier cas de Covid-19 en République Centrafricaine (RCA) le 14 mars 2020, aucune étude dans le pays n’a caractérisé l’infection par le SRAS-CoV-2.  Comme beaucoup d’autres maladies en RCA, la Covid-19 est très peu documentée. Les personnels de santé, en première ligne de la gestion de la pandémie, sont susceptibles d’être exposés au coronavirus SRAS-CoV-2 et de le transmettre en cas d’infection. Les résultats de cette étude permettront de mieux prévenir et contrôler les infections dans les services hospitaliers de référence et pourront soutenir les capacités de surveillance nationale et permettre aux autorités sanitaires de proposer des axes d’amélioration des mesures de lutte et de prévention.

D’un même fil conducteur, deux autres études financées par l’OMS et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE) français visent à rechercher la présence d’anticorps dans trois populations différentes (cas confirmés/cas contacts et la population générale de Bangui). Ces études de séroprévalence sont menées afin de mesurer l’étendue de l’infection en fonction de la présence d’anticorps au sein de la population étudiée.

Projet 1 : « Etude séro-épidémiologique de l’infection par SARS-COV-2 dans la population à Bangui, République centrafricaine ». Ce projet est mené dans le cadre de « La recherche pasteurienne internationale en réponse au coronavirus en Afrique » (REPAIR). Cette action, coordonnée par le Réseau International des Instituts Pasteur et soutenue par le MEAE regroupe un consortium de 10 Instituts africains du réseau (Tunisie, Algérie, Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger, République Centrafricaine, Cameroun, Madagascar). Elle s’organise en cinq groupes de travail focalisés sur la situation en Afrique : évaluation de la performance des tests diagnostiques, études d’épidémiologie moléculaire du virus, séro-épidémiologie du SRAS-CoV-2, modélisation mathématique de la diffusion et étude de la réponse sociale aux tests de diagnostic du virus. La République centrafricaine participe au niveau de l’étude séro-épidémiologique de l’infection dans la population générale mais aussi au niveau du séquençage des souches de virus circulants dans le pays et dans la validation des tests de l‘IPT.

Projet 2 : First Few X cases (FFX) est un projet inclus dans le programme UNITY financé par l’OMS. Le projet a pour but de décrire la réponse immunitaire anticorps vis-à-vis du Covid-19 chez des cas confirmés et leur cas contacts à Bangui en République centrafricaine. L’objectif est d’identifier les caractéristiques cliniques, épidémiologiques et virologiques des premiers cas.

Ces études sont pertinentes et d’un fort intérêt dans un contexte où la République Centrafricaine envisage une campagne de vaccination au vaccin AstraZeneca. Dans ce contexte, l’Institut Pasteur de Bangui vise produire les premières données de séquences du SRAS-CoV-2 circulant en République Centrafricaine.

2021-02-22T06:48:51+00:00February 22nd, 2021|Actualités, COVID-19|

Prise en charge intégrée des cas de paludisme et lutte anti-vectorielle dans la communauté : étude pilote en République Centrafricaine

En République Centrafricaine, le poids du paludisme est très élevé chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. La Centrafrique affiche le deuxième taux de mortalité néonatale le plus élevé au monde derrière le Pakistan. Mais le paludisme reste la première cause de mortalité en Centrafrique, frappant particulièrement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Les deux tiers des consultations pédiatriques des enfants de moins de 5 ans sont liés au paludisme.

La Centrafrique vise les objectifs mondiaux de réduction de l’incidence et de la mortalité associée de 40% en 2020, 75% en 2025 et 90% en 2030. Un défi qui nécessite un effort de financement conséquent et continu notamment par la distribution de Moustiquaires Imprégnées d’Insecticides de Longue Durée (MIILD), des traitements antipaludiques, mais aussi des soins ainsi que des tests de diagnostic rapides et fiables.

Pour résoudre ce défi, le pays en 2015 a adopté la stratégie de la Prise en Charge Communautaire intégrée. Elle donne aux agents de santé communautaire (ASCs), les compétences nécessaires pour offrir des soins de proximité, en vue de réduire considérablement la morbidité et la mortalité dans la population des enfants de moins de 5 ans.

Dans le cadre du paludisme, l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) appuie le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) sur le volet évaluation de meilleures stratégies thérapeutiques pour lutter contre le paludisme. Durant les périodes du 8 au 10 décembre et du 14 au 16 décembre 2020, l’IPB a lancé les activités de l’étude « Prise en charge intégrée des cas de paludisme et la lutte anti-vectorielle dans la communauté : étude pilote en République Centrafricaine » à Gbozo dans l’Ombella M’poko et à Batalimo dans la Lobaye. Cette étude vise à estimer le nombre de cas de paludisme évités dans la zone couverte par le projet et son évaluation entomologique (vecteurs impliqués dans la transmission, taux d’inoculation entomologiques, Indice sporozoïtique, etc.). Elle a pour objectif de renforcer le réseau communautaire dans la lutte contre le paludisme dans les zones en difficultés en assurant un diagnostic et un traitement immédiat des cas du paludisme à domicile. Il s’agit d’un projet pilote dont les bénéficiaires directs sont les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Cette étude est soutenue financièrement par le Rotary International (Rotary Club La Celle Saint Cloud /France), le Fond Mondial via World Vision par un don des MIILD et le PNLP. Les activités de lancement consistent à former et /ou recycler le personnel de santé et les leaders communautaires sur le diagnostic et le traitement du paludisme, le suivi clinique pour s’assurer de la guérison, l’assainissement de l’environnement et le rappel de l’importance des MIILD. Les agents de santé communautaire sont dotés de médicaments de première ligne pour le traitement du paludisme, microscopes, fiches d’inclusion, kits de laboratoire (Test de Dépistage Rapide, tubes de prélèvement, fournitures de bureau, etc.) et des MIILD.

Ce projet d’étude est l’une des preuves concrètes des objectifs du laboratoire d’entomologie médicale de l’IPB qui, depuis 2011, mène des études sur la connaissance des moustiques d’intérêt médical afin de déterminer le rôle épidémiologique de chaque espèce et proposer des moyens de prévention et de lutte efficaces. Ledit laboratoire est présentement le seul qui dispose d’infrastructures (laboratoire avec insectarium, animalerie etc.) et de personnel qualifié dans ce domaine en RCA. Aussi, ce laboratoire travaille en collaboration avec le laboratoire de Parasitologie, récemment ré-ouvert sur des thématiques visant le paludisme.

2021-02-13T12:29:26+00:00February 13th, 2021|Actualités, Recherche, Rotary|

7 décembre 2020 – 524 millions de francs CFA pour renforcer la mission d’urgence de l’Institut Pasteur de Bangui dans la lutte contre la pandémie de covid-19

L’Agence Française de Développement (AFD) apporte un nouveau financement de 800 000 euros, soit 524 millions de francs CFA pour soutenir l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) dans sa mission d’urgence dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ce financement permettra également de renforcer les capacités de l’Institut Pasteur de Bangui pour mieux prévenir les épidémies et contribuer à la riposte.

Ce financement succède à 300.000 euros de fonds d’urgence alloués en avril dernier à l’IPB par l’AFD. Le financement octroyé par l’AFD permettra d’investir dans des équipements de laboratoire. Des laboratoires mobiles vont être disponibles pour intervenir rapidement sur les sites où des cas suspects pouvant évoquer un risque d’épidémie seront déclarés. Ce financement permettra également d’investir dans de meilleures capacités de stockage, notamment au froid et de sécuriser l’approvisionnement en électricité, eau et informatique et d’améliorer la sécurité des zones sensibles du site. Il permettra le déploiement de personnels de l’IPB dans le cadre de formations à la surveillance des maladies infectieuses en général. Ainsi, dans le contexte du COVID-19, l’Institut Pasteur de Bangui va se renforcer pour l’exercice de ses missions de santé publique, de formation et de recherche.

Ces actions répondent, d’après l’ambassadeur de France en Centrafrique, aux préoccupations de la population centrafricaine. « Face aux risques majeurs que représentait la pandémie, la France a réagi immédiatement pour répondre aux besoins de nos partenaires centrafricains ». Il s’agit également d’une riposte urgente à des besoins d’appui dans un contexte de lutte contre le virus sur le continent africain. « C’est dans ce cadre que l’AFD est intervenue en urgence en Centrafrique, exclusivement sous forme de dons, pour renforcer le système de santé du pays.Ce financement est venu tout naturellement soutenir un acteur central de la santé publique en Centrafrique : l’Institut Pasteur de Bangui, qui depuis 1961, assure ses missions cruciales pour protéger la population contre les maladies qui affectent le pays. Ces financements lui ont permis de faire face à l’importante charge de travail induite par les tests Covid. L’AFD a également financé l’ONG ALIMA, qui œuvre au quotidien auprès des Centrafricains et renforce les capacités des structures médicales centrafricaines. ».

Le Ministre de la santé et de la population s’est quant à lui réjoui du fait que la France se soit tenue une fois de plus aux côtés des Centrafricains dans la crise. « …C’est dans le malheur qu’on reconnait ses vrais amis ».

L’Institut Pasteur de Bangui renforcera sa lutte contre les épidémies dans le long terme en augmentant ses capacités de travail, notamment grâce à ce soutien de l’AFD.

2020-12-12T14:07:45+00:00December 12th, 2020|Actualités, News|

16 novembre 2020 – Pourquoi envisager le diagnostic de l’hépatite E chez les enfants vivants avec le VIH souffrant de malnutrition aigüe sévère en République Centrafricaine ?

Le premier cas documenté d’un enfant malnutri de 36 mois co-infecté VIH/VHE en République Centrafricaine démontre que cette co-infection chez un enfant souffrant de malnutrition aiguë sévère peut accélérer une issue fatale. Il est important de rechercher aussi bien le VHE que les parasites intestinaux chez des enfants malnutris vivants avec le VIH afin d’éviter d’éventuelles complications fatales.

L’infection par le virus de l’hépatite E (VHE) est une cause d’hépatite virale à travers le monde et une préoccupation majeure de santé publique. Le VHE peut donner une hépatite fulminante sévère et surtout dangereuse pour les femmes enceintes. Il existe 4 génotypes du VHE. Les génotypes 1 et 2 sont souvent transmis à travers la consommation d’eau souillée par les matières fécales. Ces génotypes sont ubiquitaires mais rencontrés le plus souvent dans les pays à faible niveau d’hygiène. Le génotype 3 est d’origine zoonotique et plus souvent rencontré dans les pays développés alors que le génotype 4 est plus spécifiquement décrit en Chine.

La caractérisation moléculaire de la souche de VHE isolée chez un enfant de 36 mois infecté par le VIH au Centre Hospitalier Universitaire Pédiatrique de Bangui, a révélé qu’il s’agissait du génotype 3c (doi:10.3390/idr12030017). C’est la première fois que le génotype 3 est isolé en République Centrafricaine bien qu’il soit à l’état endémique dans le pays. De plus, c’est également la première fois, au niveau mondial, que ce génotype soit isolé chez un enfant infecté par le VIH souffrant de malnutrition aiguë sévère. Ce résultat montre que devant des cas de malnutrition aiguë sévère, surtout dans les pays à faible niveau d’hygiène, il est nécessaire de procéder aussi bien à la recherche des parasites intestinaux que du VIH et de VHE afin d’éviter d’éventuelles complications dues à ces virus.

2020-11-16T12:45:59+00:00November 16th, 2020|Actualités, Recherche|

09 novembre 2020 – La toute première série de cas de septicémie néonatale à Burkholderiacenocepacia IIIA jamais rapportée en République centrafricaine

Une étude décrit pour la toute première fois en République Centrafricaine des cas de bactériémie à Burkholderia cenocepacia IIIA jamais rapportés   auparavant chez des nouveau-nés dans une maternité de Bangui et prouve l’efficacité de l’analyse de séquence multilocus (MLSA) pour l’identification précise de l’espèce Burkholderia cenocepacia.

Les bactéries du complexe Burkholderia cenocepacia (Bcc) sont des agents pathogènes humainspouvant entraîner des infections sévères chez les personnes atteintes de mucoviscidose et chez les immunodéprimés. Elles ont une transmissibilité élevée en milieu hospitalier, une résistance intrinsèque à de nombreux antibiotiques et peuvent survivre en présence de certains désinfectants. L’analyse biochimique des espèces parmi les Bcc est peu discriminante et conduit souvent à des erreurs d’identification. Les cas pédiatriques sont rarement rapportés, encore plus dans les pays en développement.

Du 07/01/2018 au 08/02/2018, dans une maternité de Bangui, cinq nouveau-nés , par accouchement vaginal (4) et césarienne (1)  elles ont été admises à la maternité néonatale en raison d’un risque d’infection (deux nouveau-nés), d’asphyxie sévère (un) ou de prématurité (un). Lors de l’admission, ils ont tous été suspectés de septicémie, présentant une fièvre traitée par ampicilline et gentamicine (antibiothérapie de première intention selon le protocole clinique). Ils ont tous été changés en deuxième ligne pour lacéfotaxime, après au moins 48 heures de première ligne. Quatre des nouveau-nés ont guéri, tandis que le cinquième est décédé.

Des échantillons de sang ont été prélevés sur ces enfants symptomatiques après 48 heures de non-réponse à la première ligne et soumis au laboratoire de bactériologie de l’Institut Pasteur de . Tous les échantillons étaient positifs en bactériologie conventionnelle pour un bacille Gram négatif identifié comme Burkholderia cepacia par API 20NE. De plus, les souches étaient résistantes à la pipéracilline, à la ticarcilline-clavulanate, à la ceftazidime, au céfépime, à l’imipénem et à la gentamicine, mais trois isolats sont restés sensibles au cotrimoxazole.  Comme B. cepacia n’avait jamais été isolé auparavant à partir d’une hémoculture en RCA, nous avons choisi d’identifier la souche en utilisant le typage moléculaire. Une expérience de séquençage de fusil de chasse du génome entier et l’assemblage des cinq colorants, nommés 18-0020, 18-0021, 18-0022, 18-0023 et 18-0024, a été réalisée en utilisant la technique de séquençage de nouvelle génération (NGS) (Illumina Miseq) ]. L’arbre de Neighbor-Joining (NJ) dérivé des séquences des gènes atpD, gltB, gyrB, recA, lepA, phaC, trpB a montré que les cinq isolats appartiennent à Burkholderia cenocepacia IIIA. Les cinq isolats étaient identiques à 100% pour chaque partie interne des gènes domestiques sélectionnés.

Cette étude https://www.panafrican-med-journal.com/content/article/36/330/fullest une grande première en Centrafrique et représente un grand espoir dans la lutte contre ces infections néonatales contres lesquelles les cliniciens sont relativement impuissants. Elle démontre également l’application d’une méthode moléculaire basée sur le schéma MLSA pour identifier avec précision l’espèce B. cenocepacia III A car les méthodes phénotypiques basées sur l’analyse biochimique se sont avérées non appropriées pour l’identification Bcc.

2020-11-09T14:44:27+00:00November 9th, 2020|Actualités, Recherche|

07 novembre 2020 – Comment la septième épidémie de Vibrio cholerae O1 sous-lignées a eu lieu en République centrafricaine de 1997 à 2016 ?

Une étude phylogénétique révèle la généalogie de la bactérie Vibrio cholerae à l’origine des quatre flambées de choléra connues en République centrafricaine entre 1997 et 2016. L’étude a montré que les isolats de flambée étaient de Vibrio cholerae O1 sérotype Inaba de trois septièmes sous-lignées de la septième épidémie tous originaires d’Afrique de l’Ouest (sous-lignées T7 et T9) ou de la Région des Grands Lacs Africains.

La souche de sérogroupe Vibrio cholerae O1 est une bactérie à Gram négatif causant le choléra, une maladie d’origine hydrique et alimentaire ayant un potentiel épidémique et pandémique. Cette infection intestinale aiguë peut provoquer chez les patients une déshydratation conduisant à la mort. Vibrio cholerae O1 se divise en deux sérotypes, Inaba et Ogawa.

La République Centrafricaine (RCA) a été confrontée à quatre flambées de choléra entre 1997 et 2016. Le premier épisode de l’épidémie de choléra s’est déclaré entre temps en 1997 dans la localité de Ngaoundaï, une zone frontalière avec le Tchad. Le 30 septembre 2011, elle a resurgi dans le sud-est du pays touchant quelques zones frontalières avec la RDC dans la préfecture sanitaire de la Lobaye puis dans l’Ombella Mpoko, dans les villages de Sédalé, Ngbango, Bongo et Zinga situés le long du fleuve. La troisième épidémie de choléra a été déclarée le 10 août 2016. Elle a débuté à Djoukou, une région située le long de la rivière Oubangui à 100 km en amont de la capitale, Bangui. Dans cette région, les populations ont peu ou pas accès à l’eau potable et utilisent la rivière Oubangui comme source principale d’approvisionnement en eau. Des personnes contaminées voyageant à bord de bateaux surpeuplés ont transporté la bactérie en aval. La quatrième épidémie a été déclarée le 15 octobre 2016 dans le village de Gbabaté située sur le fleuve Oubangui dans la sous-préfecture de Kouango.

Les données phylogénétiques ont montré que les souches 7PET à l’origine des flambées de choléra de 2011 et 2016 en RCA se sont propagées de la Région des Grands Lacs Africains à la partie occidentale de la RDC et de la RCA.

Sauf lors de l’épidémie dans le nord-ouest de la RCA en 1997, tous les cas de choléra ont été signalés le long ou à proximité de la rivière Oubangui, ce qui suggère que les souches de 7PET se sont probablement déplacées de zone en zone le long des routes commerciales et avec le déplacement des populations humaines.

La septième pandémie de choléra (dont on fixe le début à 1961)1 est l’épidémie de choléra actuellement en cours. Elle est due au Vibrio cholerae (vibrion cholérique), qui sévit sous forme de vagues épidémiques successives dans une partie du monde depuis les années 1960, notamment dans plusieurs pays en développement où manquent les accès à l’eau propre et à l’assainissement, comme la République démocratique du Congo et Haïti2 ; cette épidémie n’est toujours pas maitrisée en 2018 (1 304 décès ont été répertoriés en 2015). (Source wikipédia)

L’étude « Septième épidémie de Vibrio cholerae O1 sous-lignées en République centrafricaine, 1997-2016 » a cherché à mieux comprendre comment cette souche a circulé en République Centrafricaine.

2020-11-07T11:43:26+00:00November 7th, 2020|Actualités, Recherche|

05 novembre 2020 – Le Dr Guy VERNET organise le traditionnel « pot du directeur général »

Le Directeur général de l’Institut Pasteur de Bangui Dr Guy VERNET a été ravi d’organiser le traditionnel « pot du DG », ce rituel incontournable qui marque la prise de fonction des nouveaux directeurs. C’est le vendredi 16 octobre 2020, devant un parterre d’environs 200 invités (employés et prestataires de service) répartis en groupes de 15 personnes sous des tentes pour respecter les mesures barrières au covid-19, que ce pot a été organisé dans les jardins de l’Institut Pasteur de Bangui. Le traiteur retenu pour l’occasion était l’Association des Femmes de l’Institut Pasteur de Bangui.

Après les discours de bienvenue des délégués du personnel sortants, du bureau syndical de base de l’IPB, puis des délégués du personnel nouvellement élus, le Directeur général a pu présenter les grands axes de son plan d’objectif sur 4 ans au personnel de l’IPB lors de son mot de circonstance. Il a terminé en présentant le nouveau Directeur Administratif et Financier Mr Franck WACKERS et a laissé place au sortant M. Serge VANDERBREEDE pour son mot d’aurevoir. Durant la convivialité autour du buffet et l’ambiance assurée par le groupe de danse « A SIA OUALI », le directeur général a fait le tour de toutes les tentes pour se présenter à chacun de ses invités.

2020-11-05T14:56:20+00:00November 5th, 2020|Actualités|

13 octobre 2020 – Comment l’étude AFRIBIOTA enrichit la culture en santé publique de la population centrafricaine

L’étude AFRIBIOTA conduite en République Centrafricaine de 2017 à 2019 par l’Institut Pasteur de Bangui a approfondi notre compréhension sur les mécanismes fondamentaux des interactions hôte-microbiote dans la dénutrition infantile. Elle a permis l’identification des bactéries qui interagissent le plus avec la muqueuse intestinale. L’étude a été publiée dans le Journal “Microbiome” le 27 Juillet 2020 https://microbiomejournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s40168-020-00890-1 et pour mieux comprendre, le film d’annonce est à découvrir sur youtube  https://youtu.be/Dlt6QR4qUnQ

La dénutrition infantile est le fait qu’un enfant soit dans un état maladif dû au déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de son organisme. Ce problème mondial de santé publique est souvent associé à un mauvais assainissement et à une perturbation de la flore intestinale ou microbiote (la communauté de microbes qui peuple notre intestin). L’immunoglobuline (Ig) A, une protéine jouant le rôle de barrière empêchant la plupart des pathogènes de se lier aux cellules des muqueuses, est secrétée par l’intestin et intervient dans le bon équilibre du microbiote. L’étude AFRIBIOTA a cherché à déterminer si la dénutrition chronique traduit par le retard de croissance ou l’inflammation intestinale était associée à la reconnaissance des anticorps du microbiote (immunoglobuline Ig A). L’étude avait pour but d’élucider les mécanismes biologiques qui contribuent à la malnutrition chronique chez les enfants de 2-5 ans en utilisant deux populations géographiquement distinctes, à Antananarivo (Madagascar) et à Bangui (République Centrafricaine). Il en résulte que les enfants présentant un retard de croissance avaient une plus grande proportion de bactéries ciblées par les IgA par rapport aux enfants sans retard de croissance. Cette tendance était cohérente dans les deux pays, malgré un ciblage IgA global plus élevé à Madagascar. Les enfants sous-alimentés sont porteurs d’une forte charge d’agents pathogènes intestinaux et de pathobiontes (bactéries rendant malade seulement sous certaines conditions). Deux pathobiontes putatifs, Haemophilus, qui peut provoquer des maladies respiratoires et Campylobacter, responsable de diarrhées, étaient majoritairement ciblés par les IgA intestinales.

Cette étude a également mis en évidence d’autres résultats intéressants sur les facteurs associés à la malnutrition chronique chez les enfants à bas âge dans ces deux pays ainsi que les facteurs de risque liés à l’anémie chez les enfants de 2-5 ans en République centrafricaine.

2020-10-23T10:38:08+00:00October 23rd, 2020|Actualités, AFRIBIOTA, Recherche|

vendredi 2 octobre 2020 – Cérémonie de lancement de la campagne de vaccination des animaux de compagnie contre la rage à Bangui.

L’événement organisé par le Ministère de l’élevage et de la Santé Animale a réuni les représentants du Ministère de la Santé et de la Population, de l’UNICEF, de la FAO et le Directeur de l’Institut Pasteur de Bangui.

1000 animaux de compagnie (chiens, chats et singes) ont pu être vaccinés grâce à un don de doses de vaccins de la FAO, la logistique étant assurée par le Ministère de l’Élevage et de la Santé et l’UNICEF. Les interventions ont rappelé la nécessité de consulter le Centre Antirabique de l’Institut Pasteur en cas de morsure d’un animal pour se faire dépister et recevoir gratuitement le traitement adapté. Une vaste campagne de vaccination des animaux domestiques en 2017 a donné de bons résultats, le nombre de suspicions de rage ayant significativement diminué. Cet effort doit être poursuivi. Néanmoins, la pandémie de COVID-19 a un impact sur la notification des cas suspects et la rage reste une priorité de santé publique en RCA.

La journée mondiale contre la rage de 2020 met en lumière la nécessité de collaborer et la vaccination des animaux de compagnie requiert une approche collaborative de type « Une seule santé » (OneHealth).

2020-10-06T16:50:54+00:00October 6th, 2020|Actualités, News|