24 janvier 2020 – L’institut Pasteur de Bangui surveille l’Hépatite B en République Centrafricaine

Le laboratoire des Hépatites virales de l’Institut Pasteur de Bangui se préoccupe de l’impact épidémiologique et pronostique des mutations du virus de l’hépatite B (génotype E/A, mutants d’échappement immunitaire et mutants de polymérase) en République Centrafricaine.

Selon les travaux de l’Institut Pasteur, on estime que 8% de la population de Bangui est porteuse de de l’antigène de surface du virus de l’hépatite B (Ag HBs) témoignant d’une infection chronique.

Le patrimoine génétique du virus de l’hépatite B (VHB) est complexe. L’existence de différents génotypes constitue un premier niveau de variabilité, auquel se superpose un second niveau, représenté par l’apparition de virus mutants. Les génotypes décrivent la répartition géographique du VHB et influent sur l’évolution de la maladie et l’efficacité des traitements. Les mutations observées, notamment sur le gène S, peuvent conduire à des résultats faussement négatifs avec certains tests de dépistage de l’Ag HBs, ce qui représente un risque pour le patient non dépisté et pour la sécurité de la transfusion sanguine. Les mutations portant sur la polymérase virale sont associées, pour leur part, à la possibilité d’un échappement au traitement.

Le laboratoire des Hépatites de l’Institut Pasteur de Bangui contribue à la surveillance épidémiologique du VHB en Centrafrique par la caractérisation de ces particularités génétiques. Dans ce contexte, une étude a été conduite sur les mutations du VHB, retrouvées chez les patients dépistés par le Laboratoire d’Analyses Médicales de l’Institut Pasteur de Bangui sur la période 2017-2019. Des sérums provenant de 118 patients porteurs confirmés de l’Ag HBS, sans antécédents de traitement ou de vaccination contre le VHB ont été échantillonnés. Parmi les séquences du VHB, 49 étaient de génotype E et 2 étaient de génotype A, sous-génotype A1, sérotypés respectivement ayw4 et ayw1. Des mutants d’échappement immunitaire potentiels sY100C, sA128V et sM133T ainsi que plusieurs mutants de la polymérase ont été identifiés.

Ces résultats confirment l’émergence en Centrafrique de virus variants de l’hépatite B pouvant, à l’avenir, impacter négativement le suivi et la prise en charge locale de cette maladie.  Cette situation justifie la nécessité d’études plus larges et la mise en place d’activités sentinelles continues.

2020-01-24T14:20:40+00:00January 24th, 2020|Actualités, News, Recherche|

20 janvier 2020 – “Une étude entomologique pionnière menée dans la partie Sud-Ouest de la République Centrafricaine a permis de réactualiser, après plus de 40 ans, les données sur la sensibilité des vecteurs du paludisme aux insecticides et, pour la première fois, mettre en évidence les mécanismes impliqués dans ces résistance”

Les entomologistes de l’Institut Pasteur de Bangui recommandent au Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) et autres partenaires, d’élaborer des stratégies de lutte adaptées au contexte local, après avoir dressé un état des lieux dans la partie sud-ouest de la RCA, comprenant la mise à jour de l’inventaire des espèces d’Anophèles et des études appropriées sur la résistance de ces vecteurs aux insecticides.

 

La lutte efficace contre les vecteurs du paludisme nécessite de suivre dans le temps les espèces locales de vecteurs, leur comportement et leur sensibilité aux insecticides. En Centrafrique, faute de collecte périodique de ces données, la lutte antivectorielle ne produit plus l’effet souhaité.

Le laboratoire d’entomologie médicale de l’Institut Pasteur de Bangui a mené entre 2018 et 2019, une étude pour évaluer la sensibilité aux insecticides d’Anopheles gambiae s.l., vecteur majeur du paludisme et cartographier les espèces anophéliennes dans la partie Sud-Ouest de la RCA. Les sites étaient notamment : Mbaïki, Batalimo, Boda, Nola, Bayanga, Berberati, Carnot, Baoro et Bouar. L’équipe du laboratoire a relevé, lors de ses prospections, que la majorité des gites larvaires des anophèles étaient créée par l’homme et se situaient pour la plupart à proximité des habitations humaines. Cela constitue un facteur de risque majoré pour la transmission du paludisme. Cette étude a permis de mettre en évidence, la résistance à presque toutes les molécules insecticides testées, y compris les pyréthrinoïdes qui représentent la famille des insecticides recommandée par l’OMS pour l’imprégnation et la pulvérisation intra-domicilaire. Les bio-essais réalisés avec le butoxyde de pipéronyl (PBO), un synergiste des pyréthrinoïdes, ont montré des résultats satisfaisants sur la sensibilité de certaines populations d’An. gambiae s.l. aux pyréthrinoïdes. Enfin, en termes de mécanismes mis en œuvre par les moustiques, une forte prévalence de la mutation L1014F a été mise en évidence ainsi que des quantités élevées de certaines enzymes de détoxification des insecticides comme les estérases (α et β) et le glutathion S-transférase (GST). Parmi les espèces identifiées, An. gambiae s.s. représente l’espèce majoritaire sur tous les sites.

En conclusion, le statut de résistance observé parmi ces vecteurs a de graves conséquences pour la lutte contre le paludisme en RCA. A l’issue de cette étude et au vu des résultats générés, des recommandations ont été faites au PNLP et aux autres partenaires impliqués dans la lutte contre le paludisme en RCA afin d’élaborer des stratégies de lutte adaptées aux situations locales. Ces activités ont été menées grâce à un financement du Fond Mondial via World Vision.

 

 

2020-01-22T08:28:05+00:00January 22nd, 2020|Actualités, News, oms, Recherche|

16 janvier 2020 – Le Técovirimat ou TPOXX bientôt en usage compassionnel en République Centrafricaine pour la prise en charge thérapeutique du Monkeypox (variole du singe)

L’Institut Pasteur de Bangui, avec le concours du réseau ALERRT et de l’université d’Oxford, met au point avec le ministère de la santé en Centrafrique un programme d’usage compassionnel du Técovirimat ou TPOXX pour la prise en charge des malades souffrant du Monkeypox en impasse thérapeutique.

La variole du singe ou Monkeypox est une pathologie létale dans 1 à 10 % des cas en République Centrafricaine où les épidémies de Monkeypox sont récurrentes dans certaines régions du pays. On connait sa clinique, proche de la variole, mais on ne lui connait pas de traitement curatif. Il n’existe actuellement aucun traitement spécifique recommandé pour le monkeypox.

Aussi connu sous le nom de ST-246, Tecovirimat est le premier médicament approuvé pour la variole humaine sous le nom de TPOXX par la FDA (La Food and Drug Administration) des Etats-Unis le 13 juillet 2018. Des études in vitro et in vivo ont montré l’efficacité de Técovirimat sur les orthopoxvirus dont le virus de monkeypox. Tout de même des études de tolérances ont été développées chez des volontaires sains et des sujets atteints d’insuffisance rénale et hépatique sur plus de deux (200) personnes multiraciales et les résultats rapportent une bonne tolérance avec des effets secondaires mineurs de type nausée, diarrhée et vomissement. Même si cette molécule validée par la FDA montre son efficacité in vivo et in vitro sur le virus de monkeypox, elle n’a pas encore été utilisée dans un environnement humain où le monkeypox sévit de façon endémique surtout en Afrique subsahérienne.

Dans ce contexte de recherche clinique, l’Institut Pasteur de Bangui et l’Université d’Oxford et le Ministère de la santé, travaillent à rendre disponible le Técovirimat pour sauver la vie des patients atteints de monkeypox n’ayant plus d’autre recours. Cette offre de santé aux populations, en particulier les plus vulnérables, est rendue possible grâce au réseau ALERRT (African coaLition for Epidemic Research, Response and Training). Le réseau ALERRT, financé par le partenariat Europe-Pays en développement pour les essais cliniques (ou European & Developing Countries Clinical Trials Partnership – EDCTP), promeut la recherche clinique sur les épidémies. L’institut Pasteur Paris, l’Institut Pasteur de Bangui et 4 autres Instituts Pasteur sont membres du réseau ALERRT.

Dans ce cadre, du 9 au 13 décembre 2019, les professeurs Peter HORBY et Piero OLLIARO de l’université d’Oxford était en République Centrafricaine pour une mission de travail en Collaboration avec le Dr Serge Ghislain DJORIE, le Dr Emmanuel Rivalyn NAKOUNE YANDOKO et les autorités sanitaires en prérequis à ce programme compassionel du Técovirimat en Centrafrique.

2020-01-15T10:32:35+00:00January 15th, 2020|Actualités, MONKEYPOX, News, Recherche|

14 janvier 2020 – AFRIPOX, le projet des instituts pasteur pour contrer le MONKEYPOX en République Centrafricaine

L’Institut Pasteur de Bangui, l’Institut Pasteur Paris et le Museum national d’Histoire naturelle conduisent un projet transversal de recherche nommé AFRIPOX : étude du Monkeypox dans le concept one health – infection humaine, réservoir animal, écologie de la maladie et outils de diagnostic. L’objectif est de mieux connaitre l’épidémiologie de la maladie en République Centrafricaine et tenter d’identifier son réservoir animal afin de proposer des mesures de santé publique adaptées.

Le monkeypox (variole du singe) a été rapporté en République  Centrafricaine en 1984 pour la première fois. Souvent assimilée à la varicelle, cette maladie est très peu connue des autochtones. La maladie entraîne la mort dans 1 à 10% des cas et il n’y a pas de traitement curatif connu. Ces dernières décennies, au moins 12 micro-épidémies de Monkeypox ont été déclarées dans les régions du sud de la Centrafrique. Sur le plan international, cette maladie suscite une inquiétude croissante au point de figurer dans la liste des maladies prioritaires 2018 de l’Organisation mondiale de la santé, comme pathologie émergente exigeant une évaluation rapide du potentiel de riposte.

L’Institut Pasteur de Bangui assume la mission nationale de surveillance des épidémies de monkeypox en République Centrafricaine. A travers le Centre National de Référence OMS pour les arbovirus, virus des fièvres hémorragiques, virus émergents et zoonoses qu’il héberge, il joue également un rôle clé dans le plan de riposte préconisé par l’OMS. Au-delà de sa mission nationale, l’Institut pasteur de Bangui collabore au projet AFRIPOX initié en 2018 en République Centrafricaine.

AFRIPOX est un projet qui consiste en l’étude de l’épidémiologie et l’histoire naturelle de la variole du singe en République Centrafricaine. Ce projet consiste en une approche anthropologique, zoologique, écologique et épidémiologique. Cette approche pluridisciplinaire est de type One health, c’est-à-dire qui reconnait les liens entre la santé humaine, santé animale et environnement et nécessite la mobilisation de l’ensemble des experts en santé humaine, animale et des facteurs de l’environnement. L’objectif étant de mieux connaitre cette maladie, son épidémiologie en République Centrafricaine et de tenter d’identifier son réservoir animal afin de proposer des mesures de santé publique adaptées et d’éviter la survenue d’épidémie de variole du singe en République Centrafricaine.

AFRIPOX est une collaboration établie en octobre 2018 entre l’Institut Pasteur Paris, l’Institut Pasteur de Bangui et le Museum national d’Histoire naturelle autour de la variole du singe en République Centrafricaine. Cette large gamme d’expertises scientifiques et technologiques est fédérée grâce à la stratégie internationale de l’Institut Pasteur centrée sur son Réseau International des Instituts Pasteurs et sa collaboration avec les institutions « hors réseau ». Dans ce contexte, le médecin spécialiste en maladies infectieuses et tropicales de l’unité de recherche et d’expertise en épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur Paris Camille BESOMBES était en visite à Bangui du 9 au 13 décembre 2019 pour poser les bases du projet.

 

2020-01-14T10:51:43+00:00January 14th, 2020|Actualités, AFRIPOX, MONKEYPOX, News, Recherche|

8 janvier 2020 – Départ du Directeur Général de l’Institut Pasteur de Bangui le Dr Jean-Pierre LOMBART

Une page se tourne à l’Institut Pasteur de Bangui avec le départ de son Directeur Général, le Dr Jean-Pierre LOMBART à la tête de l’Institut Pasteur de Bangui depuis cinq ans. L’Institut Pasteur de Bangui passera prochainement sous la houlette de son successeur, le Dr Guy VERNET.

Le Dr Jean-Pierre LOMBART a pris ses fonctions de Directeur Général en 2015. Par son investissement personnel, sa vision stratégique et son humanité, le Dr Jean-Pierre LOMBART a engagé l’établissement sur la voie d’avancées notables, confirmant la place de l’Institut Pasteur de Bangui comme un acteur majeur de la santé publique et de la recherche biomédicale en République Centrafricaine.

C’est lors de la cérémonie de son départ le 13 décembre 2019 que le Dr Jean-Pierre LOMBART, directeur général sortant, a fait ses adieux à un établissement qu’il a dirigé pendant cinq ans. Avec beaucoup d’émotion, il est revenu sur les réussites et les difficultés qu’il a rencontrées et s’est réjoui de la dynamique collective qu’il a pu susciter. A travers leurs interventions, les représentants du personnel ont unanimement salué ses qualités humaines, en particulier sa capacité de rassembler l’ensemble des pasteuriens de Bangui ainsi que son écoute permanente et constructive pour l’amélioration des conditions de travail. Avec son franc parler, son humour et son enthousiasme permanents, le Dr LOMBART restera présent dans la mémoire de tous comme un directeur qui aura marqué l’histoire de l’établissement et participé activement à son rayonnement.

En 59 ans d’existence, l’Institut Pasteur de Bangui a su relever avec succès les nombreux défis de santé publique du pays et devenir un partenaire incontournable des institutions nationales et internationales, grâce à une recherche permanente de l’excellence et une disponibilité sans faille au service du Ministère centrafricain de la Santé et de la Population.

 

 

 

2020-01-14T08:54:53+00:00January 8th, 2020|Actualités, News|

13 novembre 2019 – Retour sur la cérémonie marquant la fin des recrutements de l’étude MITICA

Le 11 juillet 2019 à l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) a eu lieu la cérémonie de fin des recrutements de l’étude MITICA (Microbiote Transmission to Infants in Central Africa). Quelques 100 personnes réunies ont assisté à une première restitution partielle de l’étude.

L’événement a regroupé, dans l’amphithéâtre Albert CALMETTE, les autorités locales du 2e, 4e, 5e et 8e arrondissements de la ville de Bangui, les couples mères/enfants ayant participé à l’étude, des personnels de la maternité du camp Henri IZAMO qui a servi comme centre de recrutement pour l’étude MITICA, des personnels du Complexe Pédiatrique de Bangui et de l’IPB impliqués dans le Projet.

La cérémonie a débuté par le mot de bienvenue de la coordinatrice du projet, le médecin chercheur Dr Violeta MOYA-ALVAREZ de l’unité 1202 « Pathogénie microbienne moléculaire » à l’Institut Pasteur de Paris. Par la suite, avec l’Assistant de Recherche Clinique Junior KOYEMBI, ils ont présenté le projet et son stade d’avancement. Des échanges entre les autorités locales et les protagonistes du projet se sont poursuivis tardivement. Une photo de famille a immortalisé l’événement.

La cérémonie s’est terminée par un repas de gala.

MITICA est une étude qui vise à Identifier les mécanismes d’acquisition d’un microbiote dysbiotique chez le nourrisson dans le contexte d’une entéropathie environnementale pédiatrique (EEP) associée à la malnutrition chronique. Cette étude a pour objectifs de :

  • Décrire le processus de colonisation et l’évolution du microbiote du nourrisson avant le sevrage pendant les 6 premiers mois de vie ;
  • D’analyser le lien entre l’apparition d’un microbiote dysbiotique chez le nourrisson et (1) le statut nutritionnel de la mère, (2) la présence d’une entéropathie environnementale de l’adulte (EEA)  à l’accouchement chez la mère, (3)les microbiotes maternels (fécal, vaginal), (4) la composition du lait maternel, (5) la présence d’EEP chez l’enfant et (6) les caractéristiques nutritionnelles du régime alimentaire de l’enfant ;
  • D’analyser les différences du microbiote des femmes enceintes malnutries et/ou souffrant d’une EEA et des femmes enceintes en bonne santé.

L’étude MITICA est financée par le Programme Translationnel de Recherche de l’Institut Pasteur de Paris et par le LabEx IBEID.

2019-11-13T08:43:19+00:00November 13th, 2019|Actualités, MITICA, News|

8 novembre 2019 – Implémentation à l’Institut Pasteur de Bangui d’un séquenceur à haut-débit de troisième génération, le MinION d’ONT : Analyse de l’apport de cette technologie pour les missions de santé publique de l’IPB en République Centrafricaine

Deux membres de la Cellule d’Intervention Biologique d’Urgence (CIBU) et de l’unité de recherche et d’expertise ERI de l’Institut Pasteur à Paris, le Dr Nicolas BERTHET et Aurélia KWASIBORSKI, ont été accueillis entre le 18 et le 28 juin 2019 à l’Institut Pasteur de Bangui pour l’implémentation de la technologie MinION dans le cadre du projet EBOSURSY.

Ce projet regroupe à la fois des équipes de l’Institut Pasteur/Réseau International des Instituts Pasteur, de l’IRD et du CIRAD réunies sous l’égide de l’OIE pour développer un projet “One health” ambitieux avec 10 pays africains de l’ouest et du centre et qui a pour but de renforcer les capacités de surveillance de la maladie à virus Ebola et des maladies zoonotiques prioritaires, en particulier la maladie à virus de Marburg, la fièvre de la vallée du Rift, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo et la fièvre de Lassa.

Cette technologie de séquençage en temps réel est une approche innovante qui a déjà fait ses preuves sur le terrain, notamment avec la caractérisation du virus Ebola lors des différentes épidémies qui sont apparues en Afrique de l’ouest et plus récemment en République Démocratique du Congo. Celle-ci pourrait apporter une aide précieuse pour réaliser une meilleure identification et caractérisation moléculaire des virus émergents en République Centrafricaine (RCA). En effet, la RCA est un pays où régulièrement de nombreuses émergences ou ré-émergences de virus connus, ou mal connus, apparaissent et dont la caractérisation moléculaire est difficile localement en raison de l’absence d’un plateau technique adéquat. L’implémentation de cette technologie à l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) permettrait de palier ce manque et de connaître plus rapidement les informations génomiques sur les agents infectieux identifiés lors des différents programmes de surveillance mis en place par l’IPB.

Cette première mission a permis la formation de plusieurs scientifiques des équipes de recherche de Virologie de l’Institut Pasteur de Bangui avec une mise en application dans des situations concrètes. En effet, la mise en œuvre de la technologie a été réalisée en re-séquençant deux souches du virus de la fièvre de la vallée du Rift isolées en République Centrafricaine dans les années 1980. Après cette première étape réussie, plusieurs autres souches virales obtenues à partir de cas fébriles humains et isolées après inoculation sur cerveaux de souriceaux ont pu être mieux caractérisées par cette approche. Enfin, l’apport de la technologie a été également évalué en séquençant directement plusieurs virus Monkeypox depuis des prélèvements primaires. Même si les données générées lors de cette première mission sont encore en cours d’analyses, les résultats préliminaires sont encourageants et confirment tout le potentiel de cette technologie. En effet, l’association de cette technologie avec les méthodes de diagnostic déjà disponibles à l’Institut permettrait aux équipes de l’IPB d’être encore plus efficaces dans la surveillance à la fois des arbovirus et des fièvres hémorragiques que dans une meilleure caractérisation moléculaire des épidémies récurrentes au virus Monkeypox qui touchent la RCA.

2019-11-08T15:24:44+00:00November 8th, 2019|Actualités, MONKEYPOX|

24 juin 2016 – Des élèves du Lycée français Charles de Gaulle poussent les portes de l’Institut Pasteur de Bangui

En cette fin d’année scolaire et dans l’attente toute proche des résultats du baccalauréat, un groupe de lycéens a effectué une visite scolaire à l’Institut Pasteur. Le groupe comptait en particulier les futurs étudiants en médecine à la découverte d’un environnement qui pourrait leur devenir familier. Faire visiter l’institut à de jeunes lycéens, une mission pas si simple pour le directeur du laboratoire d’analyses médicales, Dr Alain BERLIOZ-ARTHAUD, mais qui pourtant se présente régulièrement au cours de l’année pour les partenaires de l’établissement ou des scolaires. Autant d’occasions de faire découvrir la recherche et le quotidien de ses collègues, et surtout de faire sortir la science hors de ses laboratoires.

Après une présentation en salle de réunion sur les 4 grandes missions de l’Institut Pasteur de Bangui – le service aux patients, la santé publique, l’enseignement, la recherche – les visiteurs sont allés à la rencontre des  scientifiques et des techniciens au cœur de leurs laboratoires.  Les échanges et partages d’expériences ont suscité l’intérêt et les questions des jeunes visiteurs.

Les élèves de 1ère et Terminales scientifiques du Lycée français Charles de Gaulle ont fait la découverte en fin de visite des élevages de l’institut : l’insectarium du service d’entomologie pour l’étude des vecteurs du paludisme et des Arbovirus, les souris de l’animalerie, sans oublier le clin d’œil aux moutons dont le sang sert à la préparation des milieux pour la bactériologie.

Partant pour de longues études pour lesquelles l’institut leur souhaite un plein succès, certains de ces futurs scientifiques reviendront peut-être un jour se joindre à l’équipe des Pasteuriens de Bangui…

 

2019-11-06T15:43:04+00:00June 28th, 2019|Actualités, Formation|

19 juin 2019 – Stages de formation continue sur la gestion des risques biologiques.

Le Dr Ionela Gouandjika, chef du Laboratoire des Virus Entériques Rougeole et Olga Lydie Sakanga, Responsable Assurance Qualité, ont organisé des sessions de formation sur la gestion du risque biologique pour l’année 2019. Cette activité, proposée à l’ensemble des services, a bénéficié de l’expertise acquise auprès de l’OMS dans le cadre du programme de confinement du Poliovirus.

Le but de cette formation, basée essentiellement sur l’analyse de cas concrets étudiés en groupes, est de faire prendre conscience aux participants des risques biologiques (ou physico-chimiques) présents dans leur environnement de travail et de réfléchir sur les moyens de maitrise envisageables.

La méthode ERP présentée – Evaluation, Réduction et Performance – est directement inspirée de l’expérience et l’expertise de l’OMS sur le confinement du virus de la poliomyélite. Dans la pratique, la formation a intéressé 36 personnels de l’institut, répartis en 3 sessions d’une demi-journée, centrées sur l’analyse pas à pas de 2 scenarii d’exposition, l’un à un risque chimique, l’autre à un risque microbiologique. Ce travail a permis à chacun de jouer son rôle : identifier le danger et sa fréquence (évaluation du risque), proposer les mesures correctives et préventives nécessaires puis définir les indicateurs de performance correspondant. La notion de sureté au travail a également été abordée dans ces exercices, elle concerne l’analyse des risques d’actes malveillants volontaires et leur maitrise.

L’instructrice habilitée, le Dr Ionela Gouandjika a été formée par l’OMS en octobre 2016 à Johannesbourg, en Afrique du Sud et participé à des mises à niveau régulières lors des Réunions des Chefs de laboratoire du réseau de laboratoire Polio de la région Afrique de l’OMS. Le premier stage d’initiation à la gestion du risque biologique organisé à l’Institut Pasteur de Bangui remonte au 7 novembre 2016, dans le cadre des activités liées au confinement du Poliovirus.

Après avoir suivi la formation, le participant, qui a renforcé ses compétences et sa vigilance au travail, se voit délivrer une attestation de suivi de formation.

2019-06-27T17:49:05+00:00June 27th, 2019|Actualités, oms|

13 juin 2019 – La surveillance environnementale se renforce autour des deux foyers de Poliomyélite réapparus en Centrafrique

La surveillance environnementale du virus de la poliomyélite forme un tandem important avec la campagne de vaccination dans la riposte du Ministère de la Santé contre l’épidémie de Poliovirus en République Centrafricaine. Elle est indispensable car l’immense majorité des infections par le Poliovirus sont asymptomatiques, facilitant sa circulation silencieuse.

Depuis les cas de résurgence de la poliomyélite, notifiés en mai 2019 en Centrafrique, il n’y a plus eu de nouveaux cas biologiquement confirmés de la maladie, ce qui ne signifie cependant pas un arrêt de sa transmission compte tenu de la fréquence élevée des portages asymptomatiques du virus. Stratégiquement, les équipes continuent donc à mettre tout en œuvre pour arrêter l’extension de l’épidémie, notamment par un renforcement particulier de la surveillance du virus de la poliomyélite dans l’environnement. Particulièrement résistant dans le milieu extérieur, ce virus est habituellement recherché dans les eaux usées où il persiste après élimination fécale par les porteurs, malades ou non.

La vigilance reste de mise et la mobilisation des équipes se poursuit sur le terrain. Le ministère de la santé, l’OMS et l’Institut Pasteur de Bangui mènent conjointement cette surveillance environnementale à l’intérieur et à la périphérie des zones touchées.

La surveillance environnementale sera élargie d’un point de vue géographique pour recenser d’éventuelles présences résiduelles dans les zones endémiques et fournir des données probantes permettant d’assurer la maitrise des deux foyers puis l’élimination du virus de la Poliomyélite.

L’Institut Pasteur de Bangui abrite le Laboratoire de la surveillance environnementale des Poliovirus, accrédité en 2017.

2019-06-14T12:32:18+00:00June 14th, 2019|Actualités, oms|