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2 novembre 2022 – Développement de tests pour diagnostiquer l’infection par le MPXV en moins de 30 minutes

Le virus du monkeypox (MPXV) est un pathogène tropical négligé dont l’émergence récente a accéléré l’étude. Dans ce contexte, les chercheurs du Pasteur Network ont mis au point des tests de diagnostic rapide du MPXV qui peuvent être visualisés à l’œil nu en moins de 30 minutes, et qui sont aussi cohérents que le test d’acide nucléique basé sur la PCR actuellement utilisé pour le diagnostic du MPXV. Ce nouvel outil de diagnostic contribuera au contrôle et à la prévention des épidémies de MPXV.

En mai 2022, des épidémies de virus du monkeypox (MPXV) ont été signalées simultanément en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, en dehors des régions d’endémie du virus en Afrique. Les chercheurs du Pasteur Network ont collaboré pour développer et valider des tests de détection rapide du MPXV. Ces tests nouvellement conçus peuvent produire des résultats fiables par fluorescence ou par flux latéral sur une bandelette en 20 à 30 minutes. Menée par les équipes d’Emmanuel Nakouné (Institut Pasteur de Bangui) et de Nicolas Berthet et Gary Wong (Institut Pasteur de Shanghai), l’étude présentant les résultats de ces tests de diagnostic rapide a été publiée dans la revue Viruses.

Les tests sont basés sur l’amplification isotherme d’une région ciblée du génome du virus, et sont basés sur la recombinase avec ou sans CRISPR/Cas12. Les tests ont donné des résultats cohérents avec le test moléculaire de référence, la PCR en temps réel, pour les 19 échantillons cliniques utilisés pour valider le test. En outre, les tests étaient spécifiques et ne présentaient pas de réaction croisée avec d’autres poxvirus, tels que le virus de la vaccine.

Le MPXV, un pathogène tropical négligé, est étroitement lié à la variole, une maladie qui a été éradiquée chez l’homme depuis les années 1980. Bien que des épidémies de MPXV soient régulièrement signalées en Afrique parmi les communautés les plus pauvres, la maladie reste peu étudiée, même après que la première épidémie de MPXV a été signalée en dehors de la zone d’endémie aux États-Unis en 2003. La détection rapide, sensible et spécifique du MPXV est essentielle pour informer les autorités sanitaires des cas suspects le plus rapidement possible, afin de suivre l’évolution des épidémies. Ces résultats fournissent donc une plateforme de point de soins pour le diagnostic précoce des cas potentiels de MPXV, et contribueront à la prévention et au contrôle des épidémies actuelles et futures de MPXV.

Pour plus d’informations :

Lingjing Mao, Jiaxu Ying, Benjamin Selekon, Ella Gonofio, Xiaoxia Wang, Emmanuel Nakoune, Gary Wong*, Nicolas Berthet*.

Développement et caractérisation de tests d’amplification isothermes basés sur la recombinase (RPA/RAA) pour la détection rapide du virus Monkeypox. Virus, 2022, 14, 2112.

https://doi.org/10.3390/v14102112.

* auteurs correspondants

2022-11-02T11:49:36+00:00juillet 16th, 2022|Actualités, MONKEYPOX, Recherche|

16 janvier 2020 – Le Técovirimat ou TPOXX bientôt en usage compassionnel en République Centrafricaine pour la prise en charge thérapeutique du Monkeypox (variole du singe)

L’Institut Pasteur de Bangui, avec le concours du réseau ALERRT et de l’université d’Oxford, met au point avec le ministère de la santé en Centrafrique un programme d’usage compassionnel du Técovirimat ou TPOXX pour la prise en charge des malades souffrant du Monkeypox en impasse thérapeutique.

La variole du singe ou Monkeypox est une pathologie létale dans 1 à 10 % des cas en République Centrafricaine où les épidémies de Monkeypox sont récurrentes dans certaines régions du pays. On connait sa clinique, proche de la variole, mais on ne lui connait pas de traitement curatif. Il n’existe actuellement aucun traitement spécifique recommandé pour le monkeypox.

Aussi connu sous le nom de ST-246, Tecovirimat est le premier médicament approuvé pour la variole humaine sous le nom de TPOXX par la FDA (La Food and Drug Administration) des Etats-Unis le 13 juillet 2018. Des études in vitro et in vivo ont montré l’efficacité de Técovirimat sur les orthopoxvirus dont le virus de monkeypox. Tout de même des études de tolérances ont été développées chez des volontaires sains et des sujets atteints d’insuffisance rénale et hépatique sur plus de deux (200) personnes multiraciales et les résultats rapportent une bonne tolérance avec des effets secondaires mineurs de type nausée, diarrhée et vomissement. Même si cette molécule validée par la FDA montre son efficacité in vivo et in vitro sur le virus de monkeypox, elle n’a pas encore été utilisée dans un environnement humain où le monkeypox sévit de façon endémique surtout en Afrique subsahérienne.

Dans ce contexte de recherche clinique, l’Institut Pasteur de Bangui et l’Université d’Oxford et le Ministère de la santé, travaillent à rendre disponible le Técovirimat pour sauver la vie des patients atteints de monkeypox n’ayant plus d’autre recours. Cette offre de santé aux populations, en particulier les plus vulnérables, est rendue possible grâce au réseau ALERRT (African coaLition for Epidemic Research, Response and Training). Le réseau ALERRT, financé par le partenariat Europe-Pays en développement pour les essais cliniques (ou European & Developing Countries Clinical Trials Partnership – EDCTP), promeut la recherche clinique sur les épidémies. L’institut Pasteur Paris, l’Institut Pasteur de Bangui et 4 autres Instituts Pasteur sont membres du réseau ALERRT.

Dans ce cadre, du 9 au 13 décembre 2019, les professeurs Peter HORBY et Piero OLLIARO de l’université d’Oxford était en République Centrafricaine pour une mission de travail en Collaboration avec le Dr Serge Ghislain DJORIE, le Dr Emmanuel Rivalyn NAKOUNE YANDOKO et les autorités sanitaires en prérequis à ce programme compassionel du Técovirimat en Centrafrique.

2020-01-15T10:32:35+00:00janvier 15th, 2020|Actualités, MONKEYPOX, News, Recherche|

14 janvier 2020 – AFRIPOX, le projet des instituts pasteur pour contrer le MONKEYPOX en République Centrafricaine

L’Institut Pasteur de Bangui, l’Institut Pasteur Paris et le Museum national d’Histoire naturelle conduisent un projet transversal de recherche nommé AFRIPOX : étude du Monkeypox dans le concept one health – infection humaine, réservoir animal, écologie de la maladie et outils de diagnostic. L’objectif est de mieux connaitre l’épidémiologie de la maladie en République Centrafricaine et tenter d’identifier son réservoir animal afin de proposer des mesures de santé publique adaptées.

Le monkeypox (variole du singe) a été rapporté en République  Centrafricaine en 1984 pour la première fois. Souvent assimilée à la varicelle, cette maladie est très peu connue des autochtones. La maladie entraîne la mort dans 1 à 10% des cas et il n’y a pas de traitement curatif connu. Ces dernières décennies, au moins 12 micro-épidémies de Monkeypox ont été déclarées dans les régions du sud de la Centrafrique. Sur le plan international, cette maladie suscite une inquiétude croissante au point de figurer dans la liste des maladies prioritaires 2018 de l’Organisation mondiale de la santé, comme pathologie émergente exigeant une évaluation rapide du potentiel de riposte.

L’Institut Pasteur de Bangui assume la mission nationale de surveillance des épidémies de monkeypox en République Centrafricaine. A travers le Centre National de Référence OMS pour les arbovirus, virus des fièvres hémorragiques, virus émergents et zoonoses qu’il héberge, il joue également un rôle clé dans le plan de riposte préconisé par l’OMS. Au-delà de sa mission nationale, l’Institut pasteur de Bangui collabore au projet AFRIPOX initié en 2018 en République Centrafricaine.

AFRIPOX est un projet qui consiste en l’étude de l’épidémiologie et l’histoire naturelle de la variole du singe en République Centrafricaine. Ce projet consiste en une approche anthropologique, zoologique, écologique et épidémiologique. Cette approche pluridisciplinaire est de type One health, c’est-à-dire qui reconnait les liens entre la santé humaine, santé animale et environnement et nécessite la mobilisation de l’ensemble des experts en santé humaine, animale et des facteurs de l’environnement. L’objectif étant de mieux connaitre cette maladie, son épidémiologie en République Centrafricaine et de tenter d’identifier son réservoir animal afin de proposer des mesures de santé publique adaptées et d’éviter la survenue d’épidémie de variole du singe en République Centrafricaine.

AFRIPOX est une collaboration établie en octobre 2018 entre l’Institut Pasteur Paris, l’Institut Pasteur de Bangui et le Museum national d’Histoire naturelle autour de la variole du singe en République Centrafricaine. Cette large gamme d’expertises scientifiques et technologiques est fédérée grâce à la stratégie internationale de l’Institut Pasteur centrée sur son Réseau International des Instituts Pasteurs et sa collaboration avec les institutions « hors réseau ». Dans ce contexte, le médecin spécialiste en maladies infectieuses et tropicales de l’unité de recherche et d’expertise en épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur Paris Camille BESOMBES était en visite à Bangui du 9 au 13 décembre 2019 pour poser les bases du projet.

 

2020-01-14T10:51:43+00:00janvier 14th, 2020|Actualités, AFRIPOX, MONKEYPOX, News, Recherche|

8 novembre 2019 – Implémentation à l’Institut Pasteur de Bangui d’un séquenceur à haut-débit de troisième génération, le MinION d’ONT : Analyse de l’apport de cette technologie pour les missions de santé publique de l’IPB en République Centrafricaine

Deux membres de la Cellule d’Intervention Biologique d’Urgence (CIBU) et de l’unité de recherche et d’expertise ERI de l’Institut Pasteur à Paris, le Dr Nicolas BERTHET et Aurélia KWASIBORSKI, ont été accueillis entre le 18 et le 28 juin 2019 à l’Institut Pasteur de Bangui pour l’implémentation de la technologie MinION dans le cadre du projet EBOSURSY.

Ce projet regroupe à la fois des équipes de l’Institut Pasteur/Réseau International des Instituts Pasteur, de l’IRD et du CIRAD réunies sous l’égide de l’OIE pour développer un projet « One health » ambitieux avec 10 pays africains de l’ouest et du centre et qui a pour but de renforcer les capacités de surveillance de la maladie à virus Ebola et des maladies zoonotiques prioritaires, en particulier la maladie à virus de Marburg, la fièvre de la vallée du Rift, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo et la fièvre de Lassa.

Cette technologie de séquençage en temps réel est une approche innovante qui a déjà fait ses preuves sur le terrain, notamment avec la caractérisation du virus Ebola lors des différentes épidémies qui sont apparues en Afrique de l’ouest et plus récemment en République Démocratique du Congo. Celle-ci pourrait apporter une aide précieuse pour réaliser une meilleure identification et caractérisation moléculaire des virus émergents en République Centrafricaine (RCA). En effet, la RCA est un pays où régulièrement de nombreuses émergences ou ré-émergences de virus connus, ou mal connus, apparaissent et dont la caractérisation moléculaire est difficile localement en raison de l’absence d’un plateau technique adéquat. L’implémentation de cette technologie à l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) permettrait de palier ce manque et de connaître plus rapidement les informations génomiques sur les agents infectieux identifiés lors des différents programmes de surveillance mis en place par l’IPB.

Cette première mission a permis la formation de plusieurs scientifiques des équipes de recherche de Virologie de l’Institut Pasteur de Bangui avec une mise en application dans des situations concrètes. En effet, la mise en œuvre de la technologie a été réalisée en re-séquençant deux souches du virus de la fièvre de la vallée du Rift isolées en République Centrafricaine dans les années 1980. Après cette première étape réussie, plusieurs autres souches virales obtenues à partir de cas fébriles humains et isolées après inoculation sur cerveaux de souriceaux ont pu être mieux caractérisées par cette approche. Enfin, l’apport de la technologie a été également évalué en séquençant directement plusieurs virus Monkeypox depuis des prélèvements primaires. Même si les données générées lors de cette première mission sont encore en cours d’analyses, les résultats préliminaires sont encourageants et confirment tout le potentiel de cette technologie. En effet, l’association de cette technologie avec les méthodes de diagnostic déjà disponibles à l’Institut permettrait aux équipes de l’IPB d’être encore plus efficaces dans la surveillance à la fois des arbovirus et des fièvres hémorragiques que dans une meilleure caractérisation moléculaire des épidémies récurrentes au virus Monkeypox qui touchent la RCA.

2019-11-08T15:24:44+00:00novembre 8th, 2019|Actualités, MONKEYPOX|