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3 avril 2019 – Faire connaître la prééclampsie en Centrafrique, pour donner la vie en restant en vie

La prééclampsie sévère est l’une des complications redoutées de l’hypertension artérielle au cours de la grossesse. En République centrafricaine, il n’y a pas de données publiées sur les aspects cliniques de la prééclampsie sévère. Le service d’épidémiologie de l’Institut Pasteur de Bangui a contribué à une étude sur la prévalence et le diagnostic de cette complication redoutable, réalisée dans le service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital communautaire de Bangui. Ses conclusions recommandent de mieux former le personnel médical au dépistage précoce des symptômes de la prééclampsie et proposent des protocoles thérapeutiques simples pour sa prise en charge et réduire ainsi le taux de décès maternels.

Une complication obstétricale dont on parle peu.

Appelée aussi toxémie gravidique, la prééclampsie est une maladie que l’on connaît généralement mal. Elle se caractérise par une élévation de la pression artérielle se produisant au plus tôt après vingt semaines d’aménorrhée, probablement due à un dysfonctionnement du placenta. Dans la plupart des cas, une forme sévère survient et l’unique façon de sauver la mère est alors d’extraire le fœtus et son placenta. C’est la deuxième cause de décès maternels après les hémorragies de la délivrance.

En zone tropicale, la prééclampsie serait en partie liée au paludisme placentaire car il n’y a pas de distinction nette entre les mécanismes pathogènes de ces deux affections.

La situation en République Centrafricaine et les premières données.

Selon une estimation de 2010, la mortalité maternelle en République Centrafricaine serait de 890 décès pour 100.000 naissances vivantes, le 3ème taux le plus élevée au monde. Le manque d’accès aux soins et la qualité insuffisante du suivi des grossesses, puis lors de la période post-partum expliquent en grande partie cette donnée préoccupante.

En collaboration avec le département d’obstétrique et de gynécologie de l’Hôpital communautaire de Bangui, l’Institut Pasteur a apporté son expertise en épidémiologie pour évaluer la prévalence et la qualité du diagnostic de la prééclampsie par une première étude analytique transversale réalisée en 2015 – 2016. Les résultats suggèrent plusieurs propositions pour améliorer le dépistage et la prise en charge clinique et thérapeutique de la prééclampsie sévère.

Cette étude ouvre également des perspectives de recherche. En particulier une meilleure compréhension du mécanisme pathogénique qui lie le paludisme placentaire et la prééclampsie serait bénéfique à des millions de femmes dans les pays en développement.

2019-05-29T02:56:54+01:00avril 3rd, 2019|Actualités, Recherche|

25 mars 2019 – 2007 à 2015 : les années rougeole en République Centrafricaine. Retour sur 8 années d’épidémies consécutives

De 2007 à 2015, la République Centrafricaine a connu régulièrement des épidémies de rougeole. Des chiffres publiés par l’Institut Pasteur de Bangui synthétisent toutes les données nationales concernant la maladie et les taux de couverture vaccinale.

De 2007 à 2015, les épidémies de rougeole se sont déclarées en République Centrafricaine entre les mois de décembre et mars, avec un pic au mois de février. Un autre fait marquant était la faible couverture vaccinale moyenne, évaluée à 49 % durant cette période.

Malgré une représentativité inégale sur le territoire de la République Centrafricaine et une définition de cas qui devra être optimisée, le programme national de surveillance a permis d’identifier de nombreux cas suspects et confirmer biologiquement la maladie chez  26.4% des 2795 patients prélevés.

L’étude réalisée à l’Institut Pasteur de Bangui établit un parallélisme entre ces années consécutives d’épidémie et la couverture vaccinale. Lire l’article…

2019-05-29T02:51:45+01:00mars 28th, 2019|Actualités, Recherche|

1er mars 2019 – Le projet AFRIBIOTA, pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de la malnutrition chronique, est officiellement clôturé

Le 1er mars 2019 a eu lieu la cérémonie officielle de clôture du projet AFRIBIOTA en République Centrafricaine. Cette cérémonie a été précédée d’ateliers de restitution scientifique tenus du 28 février au 1er mars 2019. La clôture officielle du projet AFRIBIOTA a réuni ses prestataires de service, des représentants des participants à l’étude et les autorités locales conduites par le Ministre de la Santé et de la population Dr Pierre SOMSE et le Ministre de la Recherche Scientifique et de l’innovation technologique Mme Ginette AMARA.

Au terme de quatre années de travail, le projet AFRBIOTA financé par la Fondation Total (bailleur principal), l’Institut Pasteur, la Fondation Gates, la Fondation Odyssey Re, le Fonds National Suisse, la Fondation Nutricia et la Fondation Petram est arrivé à son terme. La cérémonie de clôture s’est tenue le 1er mars 2019 à l’Hôtel OUBANGUI dans la ville de Bangui, réunissant un large public composé de membres des autorités locales et nationales, des collectivités locales et des communautés environnantes, des représentants des donateurs, d’ONG et des représentants des participants à l’étude en particulier.

La cérémonie a démarré par les restitutions du directeur du Complexe Pédiatrique de Bangui Pr Jean Chrysostome Gody, Pr Louis BAINALILAGO anthropologue, Dr Gilles TAMARA-VERNICK anthropologue et le coordonnateur du projet Pr Philippe SANSONETTI. Par la suite, une brève présentation du projet et de ses réalisations majeures a été effectuée par l’investigateur principal et promoteur du projet, Le Dr Pascale VONAESCH.

Des discours ont été prononcés par le directeur de l’Institut Pasteur de Bangui Dr Jean-Pierre LOMBART, le Maire de la municipalité de Bangui M. Emile Gros Raymond NAKOMBO, le Ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique Mme Ginette AMARA et le ministre de la santé publique et de la population Dr Pierre SOMSE.

La malnutrition chronique pédiatrique, problème de santé publique en RCA

Selon les résultats de l’Enquête nationale sur la sécurité alimentaire (ENSA) effectuée à la fin de l’année 2017, l’accès à la terre ne garantit pas à la population de pratiquer l’agriculture. Faute de revenus suffisants auprès des ménages, l’accès aux aliments, à une nourriture saine, nutritive et suffisante reste un grand défi ; 17% de la population ont un score de consommation pauvre alors que 28% d’entre elle ont un score de consommation alimentaire limite.

Jusqu’à 2,1 millions de personnes sur les 4,7 millions d’habitants, souffrent d’insécurité alimentaire selon l’Enquête nationale de la sécurité alimentaire (ENSA) publiée en janvier. Une récente enquête nutritionnelle nationale (SMART) montre également des taux alarmants de malnutrition chez les très jeunes enfants : 7,1% de malnutrition aiguë globale chez les enfants âgés de 6 à 59 mois.

Le ministre de la santé Dr Pierre SOMSE, a rappelé lors de l’inauguration du centre de renutrition thérapeutique, que la malnutrition est un problème majeur en Centrafrique : « Un enfant sur six souffre de malnutrition aigüe. Là, je ne parle pas des autres enfants qui ont des malnutritions modérées. Un enfant sur 20 risque de mourir de malnutrition en République Centrafricaine. Donc c’est une question qui est cruciale. »

Mais, nous le savons désormais, la malnutrition chronique n’est pas uniquement liée à des problèmes d’alimentation, mais également à des problèmes immunitaires et d’inflammation chronique de l’intestin dont on ne connaît pas encore tous les mécanismes.

Vers une nouvelle approche de la malnutrition en RCA

Cet événement célèbre cinq années de collaboration couronnées de succès. Un travail d’équipe des Instituts Pasteur de Paris, de Madagascar, de Bangui et leurs partenaires hospitaliers, en collaboration avec l’université de la Colombie-Britannique (UBC à Vancouver), l’INSERM et le Collège de France qui permet de revoir la problématique de malnutrition en Centrafrique.

L’étude a porté des fruits, notamment sur le plan scientifique, avec des premiers résultats publiés le 20 août 2018 dans la revue internationale PNAS qui révèle les désordres subis par le microbiote des enfants malnutris, ainsi que l’existence d’une signature bactérienne intestinale surprenante, caractérisée par la présence massive de bactéries de la flore oro-pharyngée. De nombreuses autres publications sont prévues dans les mois et années à venir.

Sur le plan de la santé publique, l’étude de la prévalence et les différents facteurs de risque liés au retard de croissance, laisse entrevoir des possibilités d’interventions, en particulier prophylactiques, afin d’éliminer ce syndrome de « stunting », de retard de croissance.

L’étude a donné lieu à des recommandations aux autorités locales concernées qui se sont engagées à mettre en place les dispositifs et conditions favorables à la pérennisation des acquis du projet au bénéfice des populations centrafricaines.

Des défis encore à relever

Si dans l’ensemble le bilan est très positif, le plus important reste cependant à venir : traduire ces découvertes par des traitements efficaces pour permettre à tous les enfants d’avoir une croissance saine. Afribiota 1 nous a offert des pistes de déchiffrage, de compréhension de la maladie, Afribiota 2 sera un programme d’action pour la prévention et le traitement de la malnutrition chronique pédiatrique.

Des dispositions pour l’avenir

Le projet tire à sa fin mais l’Institut Pasteur et son réseau international continuent de s’investir autour des microbiotes, ces interfaces homme-microbe dont le rôle physiopathologique est capital et imparfaitement connu.

D’autres études, telle que MALINEA qui a pour objectif d’améliorer la gestion de la malnutrition aiguë modérée chez les enfants âgés de 0 à 2 ans en agissant sur les infections intestinales et en explorant les interactions entre malnutrition et modification du microbiome intestinal, continuent de se poursuivre en République Centrafricaine.

2019-05-06T10:53:05+01:00mars 4th, 2019|Actualités, AFRIBIOTA, Recherche|

26 février 2019 – A propos d’un cas inhabituel de méningite à Burkholderia cepacia multirésistant en République Centrafricaine

Le laboratoire de bactériologie de l’Institut Pasteur de Bangui rapporte une observation rare de méningite à Burkholderia cepacia.

 

Burkholderia cepacia est une bactérie de l’environnement, naturellement résistante à de nombreux antibiotiques. Habituellement non pathogène, elle provoque parfois des infections opportunistes chez les personnes à l’état de santé fragilisé. Cette espèce bactérienne, dont certaines souches présentent un potentiel épidémique, est également responsable d’infections nosocomiales problématique car difficiles à traiter.

En mars 2016, un garçon de trois ans, résidant dans le village de Bongonon, dans le nord de la République centrafricaine, présentant un syndrome méningé fébrile (fièvre, raideur de la nuque et altération de l’état général) a été hospitalisé dans les locaux de MSF-Espagne. Dans le cadre de l’activité saisonnière de surveillance de la méningite, un échantillon du liquide céphalorachidien du patient a été envoyé au laboratoire de bactériologie de l’Institut Pasteur de Bangui. En l’absence de prélèvement sanguin, il n’a pas été possible de déterminer le statut VIH du patient.

 

Les résultats de la mise en culture bactériologique, confirmés par le séquençage, ont mis en évidence une souche de Burkholderia cepacia résistante à la plupart des antibiotiques, à l’exception du cotrimoxazole. Il s’agit du premier cas publié de méningite causée par Burkholderia cepacia en République Centrafricaine et dans les pays en développement. Lire la publication

2019-05-06T10:37:03+01:00février 26th, 2019|Actualités, Recherche|

21 décembre 2018 – Le Syndrome de la rubéole Congénitale (SRC) en République Centrafricaine : ces malformations dont personne ne parle

Le Laboratoire des Virus Entériques Rougeole de l’Institut Pasteur de Bangui projette une étude moléculaire du virus de la rubéole circulant en République Centrafricaine et l’évaluation du Poids du Syndrome de Rubéole Congénitale (SRC) chez les nourrissons. Une première réunion avec les principaux partenaires, avant la soumission au Comité d’éthique, s’est tenue le mardi 18 décembre 2018.

La rubéole est une maladie virale contagieuse qui touche généralement les enfants et les jeunes adultes. L’infection par le virus pendant les premiers mois de la grossesse peut être responsable de morts fœtales ou de rubéoles congénitales malformatives connues sous le nom Syndrome de Rubéole Congénital (SRC).
Malgré l’existence d’un vaccin depuis 1969, les taux de SRC sont les plus élevés dans les régions OMS de l’Afrique et de l’Asie du Sud Est où la couverture vaccinale est la plus faible, notamment dans les pays où les femmes en âge de procréer n’ont jamais été vaccinées et n’ont jamais contracté la maladie. L’élimination du SRC dépend d’une vaccination efficace pendant l’enfance. La République Centrafricaine fait partie des pays éligibles pour l’introduction du vaccin à valence rubéoleuse prévue pour l’année 2020 par le Plan Pluriannuel Complet du Programme Elargi de vaccination (PPAC).

En République Centrafricaine (RCA), la rubéole et le SRC ne sont pas des maladies à déclaration obligatoire. Elles ne sont donc pas inclues dans le Programme Elargi de Vaccination (PEV). Les seules données disponibles proviennent diagnostic sérologique différentiel avec la rubéole du système de surveillance de la Rougeole mise en place par l’OMS en 2004 . Ces données démontrent la circulation du virus de la rubéole en RCA. Cependant, aucune étude moléculaire ou clinique n’a été réalisée sur le virus de la rubéole en RCA et son impact sur les nourrissons.

Le Laboratoire des Virus Entériques Rougeole de l’Institut Pasteur de Bangui, initie un projet de thèse sur la « Caractérisation moléculaire du virus de la rubéole et le poids du syndrome de rubéole congénitale en République Centrafricaine ». Les objectifs de cette étude à deux volets (rétrospective et prospective) sont la caractérisation des différents génotypes du virus de la rubéole circulants en République Centrafricaine et l’estimation de la prévalence des cas de Syndrome de Rubéole Congénitale (SRC) par la collecte des données épidémiologiques, cliniques et virologiques chez les nourrissons en Centrafrique. Ce projet se fera en collaboration avec l’Unité de recherche sur les maladies infectieuses au Luxembourg et l’Unité de recherche L2CM de l’Université de Nancy.
Ces recherches effectuées sur des patients inclus de 2008 à 2020 présentant des IgM anti-rubéoleux et des nourrissons atteints de SRC confirmé cliniquement permettrons de mieux décrire les aspects épidémiologiques et cliniques associée à l’infection par le virus de la rubéole en République Centrafricaine et d’évaluer l’impact du programme de vaccination anti rubéoleux à partir de sa mise en œuvre prévue en 2020.

2018-12-26T12:01:57+01:00décembre 26th, 2018|Actualités, Recherche|

3 décembre 2018 – Des Journées Scientifiques de niveau élevé portant sur les interactions hôtes-agents pathogènes

Les 1ères Journées Scientifiques de Bangui se sont déroulées du 28 au 29 novembre 2018, sous le très haut patronage du Pr Faustin Archange TOUADERA, chef de l’Etat, au Complexe Scolaire International Galaxy réunissant près de 150 participants. Pour sa première édition, les Journées Scientifiques ont porté sur des travaux de recherche qui contribuent à la lutte contre les maladies infectieuses entreprise dans le monde et en République Centrafricaine.

Dans son message, le Pr Faustin Archange TOUADERA, chef de l’Etat, a fait ressortir l’importance de ces Journées Scientifiques pour la République Centrafricaine et s’est félicité de la collaboration soutenue entre l’Institut Pasteur de Bangui et l’Université de Bangui pour l’organisation de cet événement. Il a également aspiré à la pérennisation de l’événement des Journées Scientifiques de Bangui avec le soutien renouvelé de l’Etat.

Avec pour thème « Interactions hôtes-agents pathogènes en Afrique Tropicale », les 1ères Journées Scientifiques de Bangui ont réuni près de 150 participants, parmi lesquels de nombreux chercheurs, enseignant-chercheurs et cliniciens. Cet événement va contribuer à l’accroissement de la visibilité des travaux de recherche en ce qui concerne la lutte contre les maladies infectieuses et l’interaction des micro-organismes qui en sont responsables avec l’homme, les animaux, les insectes, les plantes sur le plan national et international.

La première conférence a été délivrée par le Dr Nicolas BERTHET de Cellule d’Intervention Biologique d’Urgence de l’institut Pasteur Paris, détaché CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique, sur le développement et la diffusion de nouveaux outils tels que la mise en œuvre d’une plateforme de séquençage au Gabon, pour relever les défis de surveillance épidémiologique efficace des menaces pour la santé.

Durant ces deux journées, 40 orateurs se sont succédé pour leurs présentations orales et 27 posters ont été affichés.

Les Journées Scientifiques de Bangui ont eu lieu grâce à la contribution du Gouvernement Centrafricain, l’Ambassade de France, la Mairie de Bangui, Le Réseau International des Instituts Pasteur, l’ASECNA, la MOCAF, Air France-KLM, CORAIL, SODIAC, SOCATRAF et certains particuliers.

 

 

Des Journées Scientifiques pour contribuer à la lutte contre les maladies infectieuses dans le monde et en République Centrafricaine.

 

Des Journées Scientifiques pour contribuer à la lutte contre les maladies infectieuses dans le monde et en République Centrafricaine.

 

Des Journées Scientifiques pour contribuer à la lutte contre les maladies infectieuses dans le monde et en République Centrafricaine.

 

 

 

 

 

2018-12-03T16:31:55+01:00décembre 3rd, 2018|Actualités, Recherche|

21 novembre 2018 – L’Institut Pasteur de Bangui se penche sur le Syndrome pied-main-bouche

 

L’Institut Pasteur de Bangui conduit une étude sur l’« Etiologie virale et aspects cliniques du syndrome pieds-mains-bouches » au Complexe Pédiatrique de Bangui, au Centre Hospitalier Universitaire Maman Elisabeth Domitien et au Centre de Santé Saint Joseph.

L’infection dite « pied-main-bouche » ou Hand-foot-and-mouth-desease (HFMD) est une maladie virale qui affecte principalement les enfants de moins de 10 ans, mais aussi des adultes. Elle se transmet par voie féco-orale ou contact direct entre enfants infectés. Elle se caractérise par de la fièvre, des éruptions vésiculeuses au niveau de la bouche, de la paume des mains, la plante des pieds et du fessier. A ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique de cette maladie. Les formes sévères ont pour conséquences des atteintes cardiovasculaires, respiratoires ou neurologique et peuvent entrainer la mort.
En Afrique, les connaissances restent limitées sur le profil épidémiologique de la maladie pieds-mains-bouche (MPMB). L’incidence de la MPMB n’est inscrite ni dans les systèmes de surveillance intégrée des maladies ni dans les maladies à déclaration obligatoire. Aucune étude spécifique n’a été menée jusqu’à présent, la morbidité et la mortalité liées à cette pathologie sont complètement inconnues.
Cependant, la circulation des entérovirus non polio à l’origine du syndrome pieds-mains-bouche a été mise en évidence chez des cas de paralysie flasque aigüe (PFA).
Le projet de recherche sur l’ « Etiologie virale et aspects cliniques du syndrome pieds-mains-bouche au Sénégal et en République Centrafricaine » vise à étudier la diversité des entérovirus associés à la MPMB ainsi que leur évolution au Sénégal et en République Centrafricaine. Ce projet est financé par l’Institut Pasteur à Paris, à travers le Programme d’Action Concertées Inter Pasteuriennes (ACIP).
Suite au lancement du projet à Bangui, le Dr Ionela GOUANDJIKA, Coordinatrice scientifique du projet et M. Arthur MAZITCHI, Principal Investigateur du projet à Bangui, ont parcouru les sites qui participeront à l’étude et rencontré l’ensemble des équipes dans les différents hôpitaux. Ainsi, il a été l’occasion de visiter le Complexe Pédiatrique de Bangui, le Centre Hospitalier Universitaire Maman Elisabeth Domitien et le Centre de Santé Saint Joseph où les inclusions et les prélèvements seront réalisés avant d’être transmis à l’Institut Pasteur de Bangui. A cette occasion, ils ont organisé des réunions de préparation au lancement des inclusions avec l’ensemble des personnels impliqués, invités à échanger, pour lever les dernières interrogations.

2019-05-29T02:31:19+01:00novembre 21st, 2018|Actualités, Recherche|

18 novembre 2018 – Chez les moustiques de Bangui, la résistance s’organise… Les premières infos sont tombées sur l’inefficacité locale de certains insecticides

Les mécanismes de résistance des moustiques vecteurs du paludisme aux insecticides les plus utilisés à Bangui ont été identifiés par des chercheurs de l’Institut Pasteur de Bangui. Leurs travaux publiés procurent des orientations pour une lutte plus efficace contre les vecteurs du paludisme en République Centrafricaine.

En République Centrafricaine, comme dans la plupart des pays d’Afrique, les moustiques vecteurs du paludisme sont de moins en moins éliminés par les insecticides. De fait, la lutte anti vectorielle a perdu de son efficacité et le paludisme demeure ainsi la principale cause de mortalité et de morbidité.

Le profil de sensibilité aux insecticides des trois importants vecteurs du paludisme en RCA  « Anopheles gambiae« , « Anopheles funestus » et  « Anopheles coluzzi » est mal connu, si bien que les stratégies de contrôle des populations d’anophèles ne sont plus appropriées.

Les travaux effectués par l’équipe du Dr NGOAGOUNI Carine, entomologiste à l’Institut Pasteur de Bangui ont révélé de premières informations, dans lesquelles sont décryptées la résistance de ces moustiques au DDT et aux pyréthrinoïdes, une classe d’insecticides souvent utilisée dans l’imprégnation de moustiquaires et la pulvérisation intra domiciliaire.

Les analyses ont mis en cause les gènes GSTe2 et GABA, impliqués dans la résistance des moustiques aux insecticides actuellement utilisés dans la lutte contre le paludisme.

S’appuyant sur ces données, les autorités sanitaires pourront mettre en œuvre des stratégies alternatives pour la lutte anti vectorielle.

2018-11-19T17:27:52+01:00novembre 19th, 2018|Actualités, Recherche|

10 octobre 2018 – Monkeypox en République Centrafricaine : l’heure est à la prévention

 

Les instituts Pasteur de Bangui et Paris projettent d’unir leurs compétences pour décrire l’épidémiologie du Monkeypox en République Centrafricaine.

La variole du singe ou Monkeypox est une maladie virale dont les signes rappellent ceux de la variole historique (éruption pustuleuse, fièvre, entraînant parfois la mort dans 1 à 10% des cas). En République Centrafricaine, les épidémies de Monkeypox sont récurrentes dans certaines régions du pays où le virus est endémique. Le réservoir du virus en faune sauvage, n’est pas formellement identifié et très peu de données sont disponibles sur les modes de contamination en République Centrafricaine. Depuis quelques années, l’Institut Pasteur de Bangui a fait du Monkeypox l’une de ses thématiques de recherche prioritaires.
Dans ce contexte, le médecin spécialiste en maladies infectieuses et tropicales, Dr Camille Besombes de l’Institut Pasteur à Paris, était en mission exploratoire à Bangui du 2 au 9 octobre 2018 pour définir les bases d’un ambitieux projet de recherche. Ce travail associera les équipes de l’institut Pasteur de Bangui et l’unité de recherche et d’expertise en épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur à Paris. Il vise à améliorer les connaissances sur l’épidémiologie locale du Monkeypox par une approche multidisciplinaire : clinique, épidémiologique, anthropologique, environnementale et microbiologique.
Au cours de sa mission, le Dr Besombes s’est rendue dans la région de la Lobaye, épicentre de la maladie en RCA. Elle a pu constater les modalités de prise en charge d’une alerte, notamment pour ce qui concerne la logistique des prélèvements biologiques depuis les patients symptomatiques jusqu’au Laboratoire des arbovirus, des fièvres hémorragiques virales, virus émergents et zoonoses de l’Institut Pasteur de Bangui.

2019-05-29T02:23:38+01:00octobre 10th, 2018|Actualités, MONKEYPOX, Recherche|

5 octobre 2018 – La méningite en République Centrafricaine, un casse-tête bactériologique

Une étude faite en 2015/2016 montre la circulation épidémique du méningocoque de type w rattachés au complexe clonal hyper invasif Nm/cc11 en République Centrafricaine.

Chaque année durant la saison sèche, l’Afrique Sub-Saharienne est frappée par des épidémies de méningite, maladie infectieuse causée par une bactérie appelée méningocoque, souvent mortelle lorsque sa prise en charge est trop tardive ou inadaptée. La zone du continent concernée, appelée la ceinture de la méningite, s’étend du Sénégal à l’Ethiopie, elle comprend la zone nord de la République Centrafricaine.
Jusqu’en 2010, le méningocoque prédominant dans la ceinture de la méningite appartenait au type A. Après cette date, qui correspond au démarrage de campagnes de vaccination massives contre le méningocoque A organisées par l’OMS, on a assisté à la quasi disparition de cette bactérie. Malheureusement la maladie persiste car d’autres types de méningocoque, non pris en charge par le vaccin utilisé, ont émergé depuis. Le type C a été rapporté au Niger et au Nigéria en 2015 et une étude centrafricaine a montré la circulation épidémique du méningocoque de type W en 2015 et 2016.
Pendant ces 2 années, le dispositif centrafricain de surveillance de la méningite a détecté 276 cas dont 25 mortels. Parmi ces patients, 80 ont fait l’objet d’un prélèvement biologique par ponction lombaire, transmis à l’Institut Pasteur de Bangui. Le laboratoire de bactériologie a ainsi identifié 66 cas d’infections à méningocoque, tous apparentés au type W et rattachés au complexe clonal hyper invasif Nm/cc11.
Le méningocoque de type W peut être prévenu par un vaccin adapté, encore trop coûteux pour son inclusion dans les campagnes de vaccination de masse.

2018-10-07T17:56:19+01:00octobre 7th, 2018|Actualités, popup actu, Recherche|