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3 juin 2020 – Une nouvelle mutation de Plasmodium falciparum dévoilée en République Centrafricaine.

Une nouvelle étude portant sur les marqueurs de résistance aux médicaments chez le parasite du paludisme en République Centrafricaine, publiée dans Malaria Journal, révèle l’absence à Bangui de souches de Plasmodium falciparum portant des mutations décrites dans la résistance à l’artémisinine.  En revanche, cette étude identifie une mutation probablement jamais observée auparavant et dont le phénotype n’est pas encore connu. L’étude a par ailleurs mis en évidence la circulation de Plasmodium ovale en co-infection avec Plasmodium falciparum, l’espèce prépondérante du parasite responsable du paludisme.

En 2018, le nombre de cas de paludisme dans le monde a été estimé à 228 millions. La plupart des cas (213 millions ou 93 %) ont été enregistrés en 2018 en Afrique. Cette même année, dix-neuf pays d’Afrique subsaharienne et l’Inde ont concentré 85% du nombre total de cas dans le monde. Plasmodium falciparum est le parasite du paludisme le plus prévalent en Afrique ; il est en effet à l’origine de 99,7 % des cas de paludisme estimés en 2018. Au niveau mondial, le nombre de décès dus au paludisme a été estimé à 405 000 en 2018 et à elle seule, l’Afrique a enregistré 94 % des décès liés au paludisme dans le monde en 2018. (https://www.who.int/malaria/media/world-malaria-report-2019/fr/)

Le suivi de l’efficacité des antipaludiques est un élément essentiel de la lutte contre le paludisme du fait de l’apparition régulière d’une résistance de Plasmodium falciparum à plusieurs antipaludiques ces dernières décennies. L’émergence et la propagation de la résistance à l’artémisinine, le traitement de première ligne actuel pour le paludisme simple, met en danger les progrès substantiels de l’élimination du paludisme dans le monde.

C’est dans ce contexte que le laboratoire de parasitologie de l’Institut Pasteur de Bangui a réalisé une étude moléculaire pouvant guider la lutte contre le paludisme et répondre au défi de la résistance à l’artémisinine en République Centrafricaine, pays d’endémie palustre. L’objectif était d’estimer la proportion d’isolats de de P. falciparum portant des mutations décrites dans la résistance à l’artémisinine. Cette étude a indiqué l’absence de souches aux mutations associées à la résistance à l’artémisinine à Bangui, capitale de la République Centrafricaine. Dans cette étude, il a été mis en évidence la circulation du Plasmodium ovale en co-infection avec le Plasmodium falciparum. L’observation des marqueurs moléculaires de la résistance aux médicaments chez ces parasites responsables du paludisme a révélé la circulation d’une souche non caractérisée dont on ignore si elle est résistante ou non. Le décryptage de cette souche dans une étude future plus représentative permettra de définir le profil de ce polymorphisme.

L’article a paru dans Malaria Journal le 24 mai 2020 sous le titre « Molecular Assessment of kelch13 Non-Synonymous Mutations in Plasmodium Falciparum Isolates From Central African Republic (2017-2019) ».

2020-06-03T12:17:21+00:00June 3rd, 2020|Actualités, News, Recherche|

10 février 2019 – Mieux comprendre la dissémination des rotavirus en République Centrafricaine par le projet GENVARO

L’Institut Pasteur de Bangui, à travers le projet GENVARO, suit l’évolution de la distribution des génotypes de rotavirus chez les enfants de moins de 5 ans afin de caractériser les souches inhabituelles et déceler d’éventuelles souches émergentes. Ce projet au concept One health, mené en collaboration avec le Ministère de l’élevage, et le Complexe Pédiatrique de Bangui vise à contribuer efficacement au programme de lutte contre les diarrhées dues aux rotavirus.

La gastro-entérite à rotavirus est une diarrhée aigüe, grave chez les enfants de moins de 5 ans, qui peut entrainer la mort dans des cas extrêmes. En République Centrafricaine, les rotavirus sont les agents majeurs des gastro-entérites chez les enfants hospitalisés. L’Institut Pasteur de Bangui a observé l’évolution des génotypes des rotavirus dans la population pédiatrique de Bangui par la surveillance des gastro-entérites et les derniers résultats ont mis en évidence l’émergence de génotype G/P inhabituels G9P[8]  et G12P[6]. Environ 40% des enfants de moins de 5 ans hospitalisés au Complexe Pédiatrique de Bangui pour une diarrhée, sont infectés par le rotavirus.

Le projet GENVARO « Diversité génétique et rôle de la transmission zoonotique des rotavirus chez les enfants de moins de 5 ans et les animaux des élevages familiaux en République Centrafricaine » consiste à réaliser une étude cas-témoins, épidémiologique et moléculaire des rotavirus afin de d’identifier les génotypes non communs de rotavirus A (RVA) qui peuvent émerger de la transmission zoonotique.

Ce projet est mené sur fonds propres pour la partie collecte des échantillons et bénéficie d’une collaboration du CDC Atlanta qui fournit les réactifs pour la partie moléculaire.

2020-02-10T09:50:44+00:00February 10th, 2020|Actualités, News, Recherche|

6 février 2020 – Démarrage officiel de l’étude FISSA (Febrile Illness in Sub-Saharan Africa) dans le cadre du projet ALERRT à l’hôpital de District de Sibut en République Centrafricaine

L’étude FISSA (Febrile Illness in Sub-Saharan Africa) du projet ALERRT (African Coalition for Epidemic Reseach, Response and Training) a officiellement démarré les premières inclusions à l’étude le lundi 3 février 2020 à l’hôpital de District de Sibut. L’étude vise à déterminer les causes réelles des échecs thérapeutiques ou des décès liés aux maladies fébriles en Afrique sub-saharienne en général et en Centrafrique en particulier.

Le 31 Janvier 2020 dans la ville de Sibut s’est tenue la cérémonie officielle du démarrage de l’étude FISSA dans le cadre du projet ALERRT. Cet événement a vu la participation du Préfet et du Sous-Préfet de KEMO, du Président de la Délégation Spéciale de la ville de Sibut, des principaux Chefs de Groupe et Chefs de quartier, des personnels soignants de l’Hôpital de District de Sibut impliqués dans le projet et des personnels impliqués dans la recherche clinique recrutés par l’Institut Pasteur de Bangui. L’événement avait pour but de présenter à la population de Sibut ainsi qu’à tous les acteurs, les grands axes pris en compte par le projet ALEERT à travers l’étude FISSA : objectifs, résultats et activités à mener.

Le réseau ALERRT est un consortium de 19 organisations partenaires, dont 13 en Afrique et 4 en Europe, mobilisés pour lutter contre les épidémies en Afrique Sub-saharienne à travers la recherche scientifique, les stratégies de riposte et la formation des personnels soignants. L’étude FISSA, née du projet ALEERT, cherche à déterminer les causes réelles des échecs thérapeutiques ou des décès liés aux maladies fébriles en Afrique sub-saharienne en général et en Centrafrique en particulier.

Les inclusions à l’étude FISSA ont débuté à l’hôpital de District de Sibut le lundi 03 Février 2020 et s’étendront sur 12 mois. La prochaine étape sera le lancement officiel de la même étude à l’Hôpital de District de BODA. Sur ce second site, l’Institut Pasteur de Bangui travaillera en collaboration technique avec l’ONG ALIMA, un autre partenaire du réseau ALERRT en Centrafrique.

 

 

2020-02-06T14:01:11+00:00February 6th, 2020|Actualités, ALERRT, News, Recherche|

24 janvier 2020 – L’institut Pasteur de Bangui surveille l’Hépatite B en République Centrafricaine

Le laboratoire des Hépatites virales de l’Institut Pasteur de Bangui se préoccupe de l’impact épidémiologique et pronostique des mutations du virus de l’hépatite B (génotype E/A, mutants d’échappement immunitaire et mutants de polymérase) en République Centrafricaine.

Selon les travaux de l’Institut Pasteur, on estime que 8% de la population de Bangui est porteuse de de l’antigène de surface du virus de l’hépatite B (Ag HBs) témoignant d’une infection chronique.

Le patrimoine génétique du virus de l’hépatite B (VHB) est complexe. L’existence de différents génotypes constitue un premier niveau de variabilité, auquel se superpose un second niveau, représenté par l’apparition de virus mutants. Les génotypes décrivent la répartition géographique du VHB et influent sur l’évolution de la maladie et l’efficacité des traitements. Les mutations observées, notamment sur le gène S, peuvent conduire à des résultats faussement négatifs avec certains tests de dépistage de l’Ag HBs, ce qui représente un risque pour le patient non dépisté et pour la sécurité de la transfusion sanguine. Les mutations portant sur la polymérase virale sont associées, pour leur part, à la possibilité d’un échappement au traitement.

Le laboratoire des Hépatites de l’Institut Pasteur de Bangui contribue à la surveillance épidémiologique du VHB en Centrafrique par la caractérisation de ces particularités génétiques. Dans ce contexte, une étude a été conduite sur les mutations du VHB, retrouvées chez les patients dépistés par le Laboratoire d’Analyses Médicales de l’Institut Pasteur de Bangui sur la période 2017-2019. Des sérums provenant de 118 patients porteurs confirmés de l’Ag HBS, sans antécédents de traitement ou de vaccination contre le VHB ont été échantillonnés. Parmi les séquences du VHB, 49 étaient de génotype E et 2 étaient de génotype A, sous-génotype A1, sérotypés respectivement ayw4 et ayw1. Des mutants d’échappement immunitaire potentiels sY100C, sA128V et sM133T ainsi que plusieurs mutants de la polymérase ont été identifiés.

Ces résultats confirment l’émergence en Centrafrique de virus variants de l’hépatite B pouvant, à l’avenir, impacter négativement le suivi et la prise en charge locale de cette maladie.  Cette situation justifie la nécessité d’études plus larges et la mise en place d’activités sentinelles continues.

2020-01-24T14:20:40+00:00January 24th, 2020|Actualités, News, Recherche|

20 janvier 2020 – “Une étude entomologique pionnière menée dans la partie Sud-Ouest de la République Centrafricaine a permis de réactualiser, après plus de 40 ans, les données sur la sensibilité des vecteurs du paludisme aux insecticides et, pour la première fois, mettre en évidence les mécanismes impliqués dans ces résistance”

Les entomologistes de l’Institut Pasteur de Bangui recommandent au Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) et autres partenaires, d’élaborer des stratégies de lutte adaptées au contexte local, après avoir dressé un état des lieux dans la partie sud-ouest de la RCA, comprenant la mise à jour de l’inventaire des espèces d’Anophèles et des études appropriées sur la résistance de ces vecteurs aux insecticides.

 

La lutte efficace contre les vecteurs du paludisme nécessite de suivre dans le temps les espèces locales de vecteurs, leur comportement et leur sensibilité aux insecticides. En Centrafrique, faute de collecte périodique de ces données, la lutte antivectorielle ne produit plus l’effet souhaité.

Le laboratoire d’entomologie médicale de l’Institut Pasteur de Bangui a mené entre 2018 et 2019, une étude pour évaluer la sensibilité aux insecticides d’Anopheles gambiae s.l., vecteur majeur du paludisme et cartographier les espèces anophéliennes dans la partie Sud-Ouest de la RCA. Les sites étaient notamment : Mbaïki, Batalimo, Boda, Nola, Bayanga, Berberati, Carnot, Baoro et Bouar. L’équipe du laboratoire a relevé, lors de ses prospections, que la majorité des gites larvaires des anophèles étaient créée par l’homme et se situaient pour la plupart à proximité des habitations humaines. Cela constitue un facteur de risque majoré pour la transmission du paludisme. Cette étude a permis de mettre en évidence, la résistance à presque toutes les molécules insecticides testées, y compris les pyréthrinoïdes qui représentent la famille des insecticides recommandée par l’OMS pour l’imprégnation et la pulvérisation intra-domicilaire. Les bio-essais réalisés avec le butoxyde de pipéronyl (PBO), un synergiste des pyréthrinoïdes, ont montré des résultats satisfaisants sur la sensibilité de certaines populations d’An. gambiae s.l. aux pyréthrinoïdes. Enfin, en termes de mécanismes mis en œuvre par les moustiques, une forte prévalence de la mutation L1014F a été mise en évidence ainsi que des quantités élevées de certaines enzymes de détoxification des insecticides comme les estérases (α et β) et le glutathion S-transférase (GST). Parmi les espèces identifiées, An. gambiae s.s. représente l’espèce majoritaire sur tous les sites.

En conclusion, le statut de résistance observé parmi ces vecteurs a de graves conséquences pour la lutte contre le paludisme en RCA. A l’issue de cette étude et au vu des résultats générés, des recommandations ont été faites au PNLP et aux autres partenaires impliqués dans la lutte contre le paludisme en RCA afin d’élaborer des stratégies de lutte adaptées aux situations locales. Ces activités ont été menées grâce à un financement du Fond Mondial via World Vision.

 

 

2020-01-22T08:28:05+00:00January 22nd, 2020|Actualités, News, oms, Recherche|

16 janvier 2020 – Le Técovirimat ou TPOXX bientôt en usage compassionnel en République Centrafricaine pour la prise en charge thérapeutique du Monkeypox (variole du singe)

L’Institut Pasteur de Bangui, avec le concours du réseau ALERRT et de l’université d’Oxford, met au point avec le ministère de la santé en Centrafrique un programme d’usage compassionnel du Técovirimat ou TPOXX pour la prise en charge des malades souffrant du Monkeypox en impasse thérapeutique.

La variole du singe ou Monkeypox est une pathologie létale dans 1 à 10 % des cas en République Centrafricaine où les épidémies de Monkeypox sont récurrentes dans certaines régions du pays. On connait sa clinique, proche de la variole, mais on ne lui connait pas de traitement curatif. Il n’existe actuellement aucun traitement spécifique recommandé pour le monkeypox.

Aussi connu sous le nom de ST-246, Tecovirimat est le premier médicament approuvé pour la variole humaine sous le nom de TPOXX par la FDA (La Food and Drug Administration) des Etats-Unis le 13 juillet 2018. Des études in vitro et in vivo ont montré l’efficacité de Técovirimat sur les orthopoxvirus dont le virus de monkeypox. Tout de même des études de tolérances ont été développées chez des volontaires sains et des sujets atteints d’insuffisance rénale et hépatique sur plus de deux (200) personnes multiraciales et les résultats rapportent une bonne tolérance avec des effets secondaires mineurs de type nausée, diarrhée et vomissement. Même si cette molécule validée par la FDA montre son efficacité in vivo et in vitro sur le virus de monkeypox, elle n’a pas encore été utilisée dans un environnement humain où le monkeypox sévit de façon endémique surtout en Afrique subsahérienne.

Dans ce contexte de recherche clinique, l’Institut Pasteur de Bangui et l’Université d’Oxford et le Ministère de la santé, travaillent à rendre disponible le Técovirimat pour sauver la vie des patients atteints de monkeypox n’ayant plus d’autre recours. Cette offre de santé aux populations, en particulier les plus vulnérables, est rendue possible grâce au réseau ALERRT (African coaLition for Epidemic Research, Response and Training). Le réseau ALERRT, financé par le partenariat Europe-Pays en développement pour les essais cliniques (ou European & Developing Countries Clinical Trials Partnership – EDCTP), promeut la recherche clinique sur les épidémies. L’institut Pasteur Paris, l’Institut Pasteur de Bangui et 4 autres Instituts Pasteur sont membres du réseau ALERRT.

Dans ce cadre, du 9 au 13 décembre 2019, les professeurs Peter HORBY et Piero OLLIARO de l’université d’Oxford était en République Centrafricaine pour une mission de travail en Collaboration avec le Dr Serge Ghislain DJORIE, le Dr Emmanuel Rivalyn NAKOUNE YANDOKO et les autorités sanitaires en prérequis à ce programme compassionel du Técovirimat en Centrafrique.

2020-01-15T10:32:35+00:00January 15th, 2020|Actualités, MONKEYPOX, News, Recherche|

14 janvier 2020 – AFRIPOX, le projet des instituts pasteur pour contrer le MONKEYPOX en République Centrafricaine

L’Institut Pasteur de Bangui, l’Institut Pasteur Paris et le Museum national d’Histoire naturelle conduisent un projet transversal de recherche nommé AFRIPOX : étude du Monkeypox dans le concept one health – infection humaine, réservoir animal, écologie de la maladie et outils de diagnostic. L’objectif est de mieux connaitre l’épidémiologie de la maladie en République Centrafricaine et tenter d’identifier son réservoir animal afin de proposer des mesures de santé publique adaptées.

Le monkeypox (variole du singe) a été rapporté en République  Centrafricaine en 1984 pour la première fois. Souvent assimilée à la varicelle, cette maladie est très peu connue des autochtones. La maladie entraîne la mort dans 1 à 10% des cas et il n’y a pas de traitement curatif connu. Ces dernières décennies, au moins 12 micro-épidémies de Monkeypox ont été déclarées dans les régions du sud de la Centrafrique. Sur le plan international, cette maladie suscite une inquiétude croissante au point de figurer dans la liste des maladies prioritaires 2018 de l’Organisation mondiale de la santé, comme pathologie émergente exigeant une évaluation rapide du potentiel de riposte.

L’Institut Pasteur de Bangui assume la mission nationale de surveillance des épidémies de monkeypox en République Centrafricaine. A travers le Centre National de Référence OMS pour les arbovirus, virus des fièvres hémorragiques, virus émergents et zoonoses qu’il héberge, il joue également un rôle clé dans le plan de riposte préconisé par l’OMS. Au-delà de sa mission nationale, l’Institut pasteur de Bangui collabore au projet AFRIPOX initié en 2018 en République Centrafricaine.

AFRIPOX est un projet qui consiste en l’étude de l’épidémiologie et l’histoire naturelle de la variole du singe en République Centrafricaine. Ce projet consiste en une approche anthropologique, zoologique, écologique et épidémiologique. Cette approche pluridisciplinaire est de type One health, c’est-à-dire qui reconnait les liens entre la santé humaine, santé animale et environnement et nécessite la mobilisation de l’ensemble des experts en santé humaine, animale et des facteurs de l’environnement. L’objectif étant de mieux connaitre cette maladie, son épidémiologie en République Centrafricaine et de tenter d’identifier son réservoir animal afin de proposer des mesures de santé publique adaptées et d’éviter la survenue d’épidémie de variole du singe en République Centrafricaine.

AFRIPOX est une collaboration établie en octobre 2018 entre l’Institut Pasteur Paris, l’Institut Pasteur de Bangui et le Museum national d’Histoire naturelle autour de la variole du singe en République Centrafricaine. Cette large gamme d’expertises scientifiques et technologiques est fédérée grâce à la stratégie internationale de l’Institut Pasteur centrée sur son Réseau International des Instituts Pasteurs et sa collaboration avec les institutions « hors réseau ». Dans ce contexte, le médecin spécialiste en maladies infectieuses et tropicales de l’unité de recherche et d’expertise en épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur Paris Camille BESOMBES était en visite à Bangui du 9 au 13 décembre 2019 pour poser les bases du projet.

 

2020-01-14T10:51:43+00:00January 14th, 2020|Actualités, AFRIPOX, MONKEYPOX, News, Recherche|

3 avril 2019 – Faire connaître la prééclampsie en Centrafrique, pour donner la vie en restant en vie

La prééclampsie sévère est l’une des complications redoutées de l’hypertension artérielle au cours de la grossesse. En République centrafricaine, il n’y a pas de données publiées sur les aspects cliniques de la prééclampsie sévère. Le service d’épidémiologie de l’Institut Pasteur de Bangui a contribué à une étude sur la prévalence et le diagnostic de cette complication redoutable, réalisée dans le service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital communautaire de Bangui. Ses conclusions recommandent de mieux former le personnel médical au dépistage précoce des symptômes de la prééclampsie et proposent des protocoles thérapeutiques simples pour sa prise en charge et réduire ainsi le taux de décès maternels.

Une complication obstétricale dont on parle peu.

Appelée aussi toxémie gravidique, la prééclampsie est une maladie que l’on connaît généralement mal. Elle se caractérise par une élévation de la pression artérielle se produisant au plus tôt après vingt semaines d’aménorrhée, probablement due à un dysfonctionnement du placenta. Dans la plupart des cas, une forme sévère survient et l’unique façon de sauver la mère est alors d’extraire le fœtus et son placenta. C’est la deuxième cause de décès maternels après les hémorragies de la délivrance.

En zone tropicale, la prééclampsie serait en partie liée au paludisme placentaire car il n’y a pas de distinction nette entre les mécanismes pathogènes de ces deux affections.

La situation en République Centrafricaine et les premières données.

Selon une estimation de 2010, la mortalité maternelle en République Centrafricaine serait de 890 décès pour 100.000 naissances vivantes, le 3ème taux le plus élevée au monde. Le manque d’accès aux soins et la qualité insuffisante du suivi des grossesses, puis lors de la période post-partum expliquent en grande partie cette donnée préoccupante.

En collaboration avec le département d’obstétrique et de gynécologie de l’Hôpital communautaire de Bangui, l’Institut Pasteur a apporté son expertise en épidémiologie pour évaluer la prévalence et la qualité du diagnostic de la prééclampsie par une première étude analytique transversale réalisée en 2015 – 2016. Les résultats suggèrent plusieurs propositions pour améliorer le dépistage et la prise en charge clinique et thérapeutique de la prééclampsie sévère.

Cette étude ouvre également des perspectives de recherche. En particulier une meilleure compréhension du mécanisme pathogénique qui lie le paludisme placentaire et la prééclampsie serait bénéfique à des millions de femmes dans les pays en développement.

2019-05-29T02:56:54+00:00April 3rd, 2019|Actualités, Recherche|

25 mars 2019 – 2007 à 2015 : les années rougeole en République Centrafricaine. Retour sur 8 années d’épidémies consécutives

De 2007 à 2015, la République Centrafricaine a connu régulièrement des épidémies de rougeole. Des chiffres publiés par l’Institut Pasteur de Bangui synthétisent toutes les données nationales concernant la maladie et les taux de couverture vaccinale.

De 2007 à 2015, les épidémies de rougeole se sont déclarées en République Centrafricaine entre les mois de décembre et mars, avec un pic au mois de février. Un autre fait marquant était la faible couverture vaccinale moyenne, évaluée à 49 % durant cette période.

Malgré une représentativité inégale sur le territoire de la République Centrafricaine et une définition de cas qui devra être optimisée, le programme national de surveillance a permis d’identifier de nombreux cas suspects et confirmer biologiquement la maladie chez  26.4% des 2795 patients prélevés.

L’étude réalisée à l’Institut Pasteur de Bangui établit un parallélisme entre ces années consécutives d’épidémie et la couverture vaccinale. Lire l’article…

2019-05-29T02:51:45+00:00March 28th, 2019|Actualités, Recherche|

1er mars 2019 – Le projet AFRIBIOTA, pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de la malnutrition chronique, est officiellement clôturé

Le 1er mars 2019 a eu lieu la cérémonie officielle de clôture du projet AFRIBIOTA en République Centrafricaine. Cette cérémonie a été précédée d’ateliers de restitution scientifique tenus du 28 février au 1er mars 2019. La clôture officielle du projet AFRIBIOTA a réuni ses prestataires de service, des représentants des participants à l’étude et les autorités locales conduites par le Ministre de la Santé et de la population Dr Pierre SOMSE et le Ministre de la Recherche Scientifique et de l’innovation technologique Mme Ginette AMARA.

Au terme de quatre années de travail, le projet AFRBIOTA financé par la Fondation Total (bailleur principal), l’Institut Pasteur, la Fondation Gates, la Fondation Odyssey Re, le Fonds National Suisse, la Fondation Nutricia et la Fondation Petram est arrivé à son terme. La cérémonie de clôture s’est tenue le 1er mars 2019 à l’Hôtel OUBANGUI dans la ville de Bangui, réunissant un large public composé de membres des autorités locales et nationales, des collectivités locales et des communautés environnantes, des représentants des donateurs, d’ONG et des représentants des participants à l’étude en particulier.

La cérémonie a démarré par les restitutions du directeur du Complexe Pédiatrique de Bangui Pr Jean Chrysostome Gody, Pr Louis BAINALILAGO anthropologue, Dr Gilles TAMARA-VERNICK anthropologue et le coordonnateur du projet Pr Philippe SANSONETTI. Par la suite, une brève présentation du projet et de ses réalisations majeures a été effectuée par l’investigateur principal et promoteur du projet, Le Dr Pascale VONAESCH.

Des discours ont été prononcés par le directeur de l’Institut Pasteur de Bangui Dr Jean-Pierre LOMBART, le Maire de la municipalité de Bangui M. Emile Gros Raymond NAKOMBO, le Ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique Mme Ginette AMARA et le ministre de la santé publique et de la population Dr Pierre SOMSE.

La malnutrition chronique pédiatrique, problème de santé publique en RCA

Selon les résultats de l’Enquête nationale sur la sécurité alimentaire (ENSA) effectuée à la fin de l’année 2017, l’accès à la terre ne garantit pas à la population de pratiquer l’agriculture. Faute de revenus suffisants auprès des ménages, l’accès aux aliments, à une nourriture saine, nutritive et suffisante reste un grand défi ; 17% de la population ont un score de consommation pauvre alors que 28% d’entre elle ont un score de consommation alimentaire limite.

Jusqu’à 2,1 millions de personnes sur les 4,7 millions d’habitants, souffrent d’insécurité alimentaire selon l’Enquête nationale de la sécurité alimentaire (ENSA) publiée en janvier. Une récente enquête nutritionnelle nationale (SMART) montre également des taux alarmants de malnutrition chez les très jeunes enfants : 7,1% de malnutrition aiguë globale chez les enfants âgés de 6 à 59 mois.

Le ministre de la santé Dr Pierre SOMSE, a rappelé lors de l’inauguration du centre de renutrition thérapeutique, que la malnutrition est un problème majeur en Centrafrique : « Un enfant sur six souffre de malnutrition aigüe. Là, je ne parle pas des autres enfants qui ont des malnutritions modérées. Un enfant sur 20 risque de mourir de malnutrition en République Centrafricaine. Donc c’est une question qui est cruciale. »

Mais, nous le savons désormais, la malnutrition chronique n’est pas uniquement liée à des problèmes d’alimentation, mais également à des problèmes immunitaires et d’inflammation chronique de l’intestin dont on ne connaît pas encore tous les mécanismes.

Vers une nouvelle approche de la malnutrition en RCA

Cet événement célèbre cinq années de collaboration couronnées de succès. Un travail d’équipe des Instituts Pasteur de Paris, de Madagascar, de Bangui et leurs partenaires hospitaliers, en collaboration avec l’université de la Colombie-Britannique (UBC à Vancouver), l’INSERM et le Collège de France qui permet de revoir la problématique de malnutrition en Centrafrique.

L’étude a porté des fruits, notamment sur le plan scientifique, avec des premiers résultats publiés le 20 août 2018 dans la revue internationale PNAS qui révèle les désordres subis par le microbiote des enfants malnutris, ainsi que l’existence d’une signature bactérienne intestinale surprenante, caractérisée par la présence massive de bactéries de la flore oro-pharyngée. De nombreuses autres publications sont prévues dans les mois et années à venir.

Sur le plan de la santé publique, l’étude de la prévalence et les différents facteurs de risque liés au retard de croissance, laisse entrevoir des possibilités d’interventions, en particulier prophylactiques, afin d’éliminer ce syndrome de « stunting », de retard de croissance.

L’étude a donné lieu à des recommandations aux autorités locales concernées qui se sont engagées à mettre en place les dispositifs et conditions favorables à la pérennisation des acquis du projet au bénéfice des populations centrafricaines.

Des défis encore à relever

Si dans l’ensemble le bilan est très positif, le plus important reste cependant à venir : traduire ces découvertes par des traitements efficaces pour permettre à tous les enfants d’avoir une croissance saine. Afribiota 1 nous a offert des pistes de déchiffrage, de compréhension de la maladie, Afribiota 2 sera un programme d’action pour la prévention et le traitement de la malnutrition chronique pédiatrique.

Des dispositions pour l’avenir

Le projet tire à sa fin mais l’Institut Pasteur et son réseau international continuent de s’investir autour des microbiotes, ces interfaces homme-microbe dont le rôle physiopathologique est capital et imparfaitement connu.

D’autres études, telle que MALINEA qui a pour objectif d’améliorer la gestion de la malnutrition aiguë modérée chez les enfants âgés de 0 à 2 ans en agissant sur les infections intestinales et en explorant les interactions entre malnutrition et modification du microbiome intestinal, continuent de se poursuivre en République Centrafricaine.

2019-05-06T10:53:05+00:00March 4th, 2019|Actualités, AFRIBIOTA, Recherche|