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Prise en charge intégrée des cas de paludisme et lutte anti-vectorielle dans la communauté : étude pilote en République Centrafricaine

En République Centrafricaine, le poids du paludisme est très élevé chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. La Centrafrique affiche le deuxième taux de mortalité néonatale le plus élevé au monde derrière le Pakistan. Mais le paludisme reste la première cause de mortalité en Centrafrique, frappant particulièrement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Les deux tiers des consultations pédiatriques des enfants de moins de 5 ans sont liés au paludisme.

La Centrafrique vise les objectifs mondiaux de réduction de l’incidence et de la mortalité associée de 40% en 2020, 75% en 2025 et 90% en 2030. Un défi qui nécessite un effort de financement conséquent et continu notamment par la distribution de Moustiquaires Imprégnées d’Insecticides de Longue Durée (MIILD), des traitements antipaludiques, mais aussi des soins ainsi que des tests de diagnostic rapides et fiables.

Pour résoudre ce défi, le pays en 2015 a adopté la stratégie de la Prise en Charge Communautaire intégrée. Elle donne aux agents de santé communautaire (ASCs), les compétences nécessaires pour offrir des soins de proximité, en vue de réduire considérablement la morbidité et la mortalité dans la population des enfants de moins de 5 ans.

Dans le cadre du paludisme, l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) appuie le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) sur le volet évaluation de meilleures stratégies thérapeutiques pour lutter contre le paludisme. Durant les périodes du 8 au 10 décembre et du 14 au 16 décembre 2020, l’IPB a lancé les activités de l’étude « Prise en charge intégrée des cas de paludisme et la lutte anti-vectorielle dans la communauté : étude pilote en République Centrafricaine » à Gbozo dans l’Ombella M’poko et à Batalimo dans la Lobaye. Cette étude vise à estimer le nombre de cas de paludisme évités dans la zone couverte par le projet et son évaluation entomologique (vecteurs impliqués dans la transmission, taux d’inoculation entomologiques, Indice sporozoïtique, etc.). Elle a pour objectif de renforcer le réseau communautaire dans la lutte contre le paludisme dans les zones en difficultés en assurant un diagnostic et un traitement immédiat des cas du paludisme à domicile. Il s’agit d’un projet pilote dont les bénéficiaires directs sont les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Cette étude est soutenue financièrement par le Rotary International (Rotary Club La Celle Saint Cloud /France), le Fond Mondial via World Vision par un don des MIILD et le PNLP. Les activités de lancement consistent à former et /ou recycler le personnel de santé et les leaders communautaires sur le diagnostic et le traitement du paludisme, le suivi clinique pour s’assurer de la guérison, l’assainissement de l’environnement et le rappel de l’importance des MIILD. Les agents de santé communautaire sont dotés de médicaments de première ligne pour le traitement du paludisme, microscopes, fiches d’inclusion, kits de laboratoire (Test de Dépistage Rapide, tubes de prélèvement, fournitures de bureau, etc.) et des MIILD.

Ce projet d’étude est l’une des preuves concrètes des objectifs du laboratoire d’entomologie médicale de l’IPB qui, depuis 2011, mène des études sur la connaissance des moustiques d’intérêt médical afin de déterminer le rôle épidémiologique de chaque espèce et proposer des moyens de prévention et de lutte efficaces. Ledit laboratoire est présentement le seul qui dispose d’infrastructures (laboratoire avec insectarium, animalerie etc.) et de personnel qualifié dans ce domaine en RCA. Aussi, ce laboratoire travaille en collaboration avec le laboratoire de Parasitologie, récemment ré-ouvert sur des thématiques visant le paludisme.

2021-02-13T12:29:26+00:00February 13th, 2021|Actualités, Recherche, Rotary|

16 novembre 2020 – Pourquoi envisager le diagnostic de l’hépatite E chez les enfants vivants avec le VIH souffrant de malnutrition aigüe sévère en République Centrafricaine ?

Le premier cas documenté d’un enfant malnutri de 36 mois co-infecté VIH/VHE en République Centrafricaine démontre que cette co-infection chez un enfant souffrant de malnutrition aiguë sévère peut accélérer une issue fatale. Il est important de rechercher aussi bien le VHE que les parasites intestinaux chez des enfants malnutris vivants avec le VIH afin d’éviter d’éventuelles complications fatales.

L’infection par le virus de l’hépatite E (VHE) est une cause d’hépatite virale à travers le monde et une préoccupation majeure de santé publique. Le VHE peut donner une hépatite fulminante sévère et surtout dangereuse pour les femmes enceintes. Il existe 4 génotypes du VHE. Les génotypes 1 et 2 sont souvent transmis à travers la consommation d’eau souillée par les matières fécales. Ces génotypes sont ubiquitaires mais rencontrés le plus souvent dans les pays à faible niveau d’hygiène. Le génotype 3 est d’origine zoonotique et plus souvent rencontré dans les pays développés alors que le génotype 4 est plus spécifiquement décrit en Chine.

La caractérisation moléculaire de la souche de VHE isolée chez un enfant de 36 mois infecté par le VIH au Centre Hospitalier Universitaire Pédiatrique de Bangui, a révélé qu’il s’agissait du génotype 3c (doi:10.3390/idr12030017). C’est la première fois que le génotype 3 est isolé en République Centrafricaine bien qu’il soit à l’état endémique dans le pays. De plus, c’est également la première fois, au niveau mondial, que ce génotype soit isolé chez un enfant infecté par le VIH souffrant de malnutrition aiguë sévère. Ce résultat montre que devant des cas de malnutrition aiguë sévère, surtout dans les pays à faible niveau d’hygiène, il est nécessaire de procéder aussi bien à la recherche des parasites intestinaux que du VIH et de VHE afin d’éviter d’éventuelles complications dues à ces virus.

2020-11-16T12:45:59+00:00November 16th, 2020|Actualités, Recherche|

09 novembre 2020 – La toute première série de cas de septicémie néonatale à Burkholderiacenocepacia IIIA jamais rapportée en République centrafricaine

Une étude décrit pour la toute première fois en République Centrafricaine des cas de bactériémie à Burkholderia cenocepacia IIIA jamais rapportés   auparavant chez des nouveau-nés dans une maternité de Bangui et prouve l’efficacité de l’analyse de séquence multilocus (MLSA) pour l’identification précise de l’espèce Burkholderia cenocepacia.

Les bactéries du complexe Burkholderia cenocepacia (Bcc) sont des agents pathogènes humainspouvant entraîner des infections sévères chez les personnes atteintes de mucoviscidose et chez les immunodéprimés. Elles ont une transmissibilité élevée en milieu hospitalier, une résistance intrinsèque à de nombreux antibiotiques et peuvent survivre en présence de certains désinfectants. L’analyse biochimique des espèces parmi les Bcc est peu discriminante et conduit souvent à des erreurs d’identification. Les cas pédiatriques sont rarement rapportés, encore plus dans les pays en développement.

Du 07/01/2018 au 08/02/2018, dans une maternité de Bangui, cinq nouveau-nés , par accouchement vaginal (4) et césarienne (1)  elles ont été admises à la maternité néonatale en raison d’un risque d’infection (deux nouveau-nés), d’asphyxie sévère (un) ou de prématurité (un). Lors de l’admission, ils ont tous été suspectés de septicémie, présentant une fièvre traitée par ampicilline et gentamicine (antibiothérapie de première intention selon le protocole clinique). Ils ont tous été changés en deuxième ligne pour lacéfotaxime, après au moins 48 heures de première ligne. Quatre des nouveau-nés ont guéri, tandis que le cinquième est décédé.

Des échantillons de sang ont été prélevés sur ces enfants symptomatiques après 48 heures de non-réponse à la première ligne et soumis au laboratoire de bactériologie de l’Institut Pasteur de . Tous les échantillons étaient positifs en bactériologie conventionnelle pour un bacille Gram négatif identifié comme Burkholderia cepacia par API 20NE. De plus, les souches étaient résistantes à la pipéracilline, à la ticarcilline-clavulanate, à la ceftazidime, au céfépime, à l’imipénem et à la gentamicine, mais trois isolats sont restés sensibles au cotrimoxazole.  Comme B. cepacia n’avait jamais été isolé auparavant à partir d’une hémoculture en RCA, nous avons choisi d’identifier la souche en utilisant le typage moléculaire. Une expérience de séquençage de fusil de chasse du génome entier et l’assemblage des cinq colorants, nommés 18-0020, 18-0021, 18-0022, 18-0023 et 18-0024, a été réalisée en utilisant la technique de séquençage de nouvelle génération (NGS) (Illumina Miseq) ]. L’arbre de Neighbor-Joining (NJ) dérivé des séquences des gènes atpD, gltB, gyrB, recA, lepA, phaC, trpB a montré que les cinq isolats appartiennent à Burkholderia cenocepacia IIIA. Les cinq isolats étaient identiques à 100% pour chaque partie interne des gènes domestiques sélectionnés.

Cette étude https://www.panafrican-med-journal.com/content/article/36/330/fullest une grande première en Centrafrique et représente un grand espoir dans la lutte contre ces infections néonatales contres lesquelles les cliniciens sont relativement impuissants. Elle démontre également l’application d’une méthode moléculaire basée sur le schéma MLSA pour identifier avec précision l’espèce B. cenocepacia III A car les méthodes phénotypiques basées sur l’analyse biochimique se sont avérées non appropriées pour l’identification Bcc.

2020-11-09T14:44:27+00:00November 9th, 2020|Actualités, Recherche|

07 novembre 2020 – Comment la septième épidémie de Vibrio cholerae O1 sous-lignées a eu lieu en République centrafricaine de 1997 à 2016 ?

Une étude phylogénétique révèle la généalogie de la bactérie Vibrio cholerae à l’origine des quatre flambées de choléra connues en République centrafricaine entre 1997 et 2016. L’étude a montré que les isolats de flambée étaient de Vibrio cholerae O1 sérotype Inaba de trois septièmes sous-lignées de la septième épidémie tous originaires d’Afrique de l’Ouest (sous-lignées T7 et T9) ou de la Région des Grands Lacs Africains.

La souche de sérogroupe Vibrio cholerae O1 est une bactérie à Gram négatif causant le choléra, une maladie d’origine hydrique et alimentaire ayant un potentiel épidémique et pandémique. Cette infection intestinale aiguë peut provoquer chez les patients une déshydratation conduisant à la mort. Vibrio cholerae O1 se divise en deux sérotypes, Inaba et Ogawa.

La République Centrafricaine (RCA) a été confrontée à quatre flambées de choléra entre 1997 et 2016. Le premier épisode de l’épidémie de choléra s’est déclaré entre temps en 1997 dans la localité de Ngaoundaï, une zone frontalière avec le Tchad. Le 30 septembre 2011, elle a resurgi dans le sud-est du pays touchant quelques zones frontalières avec la RDC dans la préfecture sanitaire de la Lobaye puis dans l’Ombella Mpoko, dans les villages de Sédalé, Ngbango, Bongo et Zinga situés le long du fleuve. La troisième épidémie de choléra a été déclarée le 10 août 2016. Elle a débuté à Djoukou, une région située le long de la rivière Oubangui à 100 km en amont de la capitale, Bangui. Dans cette région, les populations ont peu ou pas accès à l’eau potable et utilisent la rivière Oubangui comme source principale d’approvisionnement en eau. Des personnes contaminées voyageant à bord de bateaux surpeuplés ont transporté la bactérie en aval. La quatrième épidémie a été déclarée le 15 octobre 2016 dans le village de Gbabaté située sur le fleuve Oubangui dans la sous-préfecture de Kouango.

Les données phylogénétiques ont montré que les souches 7PET à l’origine des flambées de choléra de 2011 et 2016 en RCA se sont propagées de la Région des Grands Lacs Africains à la partie occidentale de la RDC et de la RCA.

Sauf lors de l’épidémie dans le nord-ouest de la RCA en 1997, tous les cas de choléra ont été signalés le long ou à proximité de la rivière Oubangui, ce qui suggère que les souches de 7PET se sont probablement déplacées de zone en zone le long des routes commerciales et avec le déplacement des populations humaines.

La septième pandémie de choléra (dont on fixe le début à 1961)1 est l’épidémie de choléra actuellement en cours. Elle est due au Vibrio cholerae (vibrion cholérique), qui sévit sous forme de vagues épidémiques successives dans une partie du monde depuis les années 1960, notamment dans plusieurs pays en développement où manquent les accès à l’eau propre et à l’assainissement, comme la République démocratique du Congo et Haïti2 ; cette épidémie n’est toujours pas maitrisée en 2018 (1 304 décès ont été répertoriés en 2015). (Source wikipédia)

L’étude « Septième épidémie de Vibrio cholerae O1 sous-lignées en République centrafricaine, 1997-2016 » a cherché à mieux comprendre comment cette souche a circulé en République Centrafricaine.

2020-11-07T11:43:26+00:00November 7th, 2020|Actualités, Recherche|

13 octobre 2020 – Comment l’étude AFRIBIOTA enrichit la culture en santé publique de la population centrafricaine

L’étude AFRIBIOTA conduite en République Centrafricaine de 2017 à 2019 par l’Institut Pasteur de Bangui a approfondi notre compréhension sur les mécanismes fondamentaux des interactions hôte-microbiote dans la dénutrition infantile. Elle a permis l’identification des bactéries qui interagissent le plus avec la muqueuse intestinale. L’étude a été publiée dans le Journal “Microbiome” le 27 Juillet 2020 https://microbiomejournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s40168-020-00890-1 et pour mieux comprendre, le film d’annonce est à découvrir sur youtube  https://youtu.be/Dlt6QR4qUnQ

La dénutrition infantile est le fait qu’un enfant soit dans un état maladif dû au déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de son organisme. Ce problème mondial de santé publique est souvent associé à un mauvais assainissement et à une perturbation de la flore intestinale ou microbiote (la communauté de microbes qui peuple notre intestin). L’immunoglobuline (Ig) A, une protéine jouant le rôle de barrière empêchant la plupart des pathogènes de se lier aux cellules des muqueuses, est secrétée par l’intestin et intervient dans le bon équilibre du microbiote. L’étude AFRIBIOTA a cherché à déterminer si la dénutrition chronique traduit par le retard de croissance ou l’inflammation intestinale était associée à la reconnaissance des anticorps du microbiote (immunoglobuline Ig A). L’étude avait pour but d’élucider les mécanismes biologiques qui contribuent à la malnutrition chronique chez les enfants de 2-5 ans en utilisant deux populations géographiquement distinctes, à Antananarivo (Madagascar) et à Bangui (République Centrafricaine). Il en résulte que les enfants présentant un retard de croissance avaient une plus grande proportion de bactéries ciblées par les IgA par rapport aux enfants sans retard de croissance. Cette tendance était cohérente dans les deux pays, malgré un ciblage IgA global plus élevé à Madagascar. Les enfants sous-alimentés sont porteurs d’une forte charge d’agents pathogènes intestinaux et de pathobiontes (bactéries rendant malade seulement sous certaines conditions). Deux pathobiontes putatifs, Haemophilus, qui peut provoquer des maladies respiratoires et Campylobacter, responsable de diarrhées, étaient majoritairement ciblés par les IgA intestinales.

Cette étude a également mis en évidence d’autres résultats intéressants sur les facteurs associés à la malnutrition chronique chez les enfants à bas âge dans ces deux pays ainsi que les facteurs de risque liés à l’anémie chez les enfants de 2-5 ans en République centrafricaine.

2020-10-23T10:38:08+00:00October 23rd, 2020|Actualités, AFRIBIOTA, Recherche|

3 juin 2020 – Une nouvelle mutation de Plasmodium falciparum dévoilée en République Centrafricaine.

Une nouvelle étude portant sur les marqueurs de résistance aux médicaments chez le parasite du paludisme en République Centrafricaine, publiée dans Malaria Journal, révèle l’absence à Bangui de souches de Plasmodium falciparum portant des mutations décrites dans la résistance à l’artémisinine.  En revanche, cette étude identifie une mutation probablement jamais observée auparavant et dont le phénotype n’est pas encore connu. L’étude a par ailleurs mis en évidence la circulation de Plasmodium ovale en co-infection avec Plasmodium falciparum, l’espèce prépondérante du parasite responsable du paludisme.

En 2018, le nombre de cas de paludisme dans le monde a été estimé à 228 millions. La plupart des cas (213 millions ou 93 %) ont été enregistrés en 2018 en Afrique. Cette même année, dix-neuf pays d’Afrique subsaharienne et l’Inde ont concentré 85% du nombre total de cas dans le monde. Plasmodium falciparum est le parasite du paludisme le plus prévalent en Afrique ; il est en effet à l’origine de 99,7 % des cas de paludisme estimés en 2018. Au niveau mondial, le nombre de décès dus au paludisme a été estimé à 405 000 en 2018 et à elle seule, l’Afrique a enregistré 94 % des décès liés au paludisme dans le monde en 2018. (https://www.who.int/malaria/media/world-malaria-report-2019/fr/)

Le suivi de l’efficacité des antipaludiques est un élément essentiel de la lutte contre le paludisme du fait de l’apparition régulière d’une résistance de Plasmodium falciparum à plusieurs antipaludiques ces dernières décennies. L’émergence et la propagation de la résistance à l’artémisinine, le traitement de première ligne actuel pour le paludisme simple, met en danger les progrès substantiels de l’élimination du paludisme dans le monde.

C’est dans ce contexte que le laboratoire de parasitologie de l’Institut Pasteur de Bangui a réalisé une étude moléculaire pouvant guider la lutte contre le paludisme et répondre au défi de la résistance à l’artémisinine en République Centrafricaine, pays d’endémie palustre. L’objectif était d’estimer la proportion d’isolats de de P. falciparum portant des mutations décrites dans la résistance à l’artémisinine. Cette étude a indiqué l’absence de souches aux mutations associées à la résistance à l’artémisinine à Bangui, capitale de la République Centrafricaine. Dans cette étude, il a été mis en évidence la circulation du Plasmodium ovale en co-infection avec le Plasmodium falciparum. L’observation des marqueurs moléculaires de la résistance aux médicaments chez ces parasites responsables du paludisme a révélé la circulation d’une souche non caractérisée dont on ignore si elle est résistante ou non. Le décryptage de cette souche dans une étude future plus représentative permettra de définir le profil de ce polymorphisme.

L’article a paru dans Malaria Journal le 24 mai 2020 sous le titre « Molecular Assessment of kelch13 Non-Synonymous Mutations in Plasmodium Falciparum Isolates From Central African Republic (2017-2019) ».

2020-06-03T12:17:21+00:00June 3rd, 2020|Actualités, News, Recherche|

10 février 2019 – Mieux comprendre la dissémination des rotavirus en République Centrafricaine par le projet GENVARO

L’Institut Pasteur de Bangui, à travers le projet GENVARO, suit l’évolution de la distribution des génotypes de rotavirus chez les enfants de moins de 5 ans afin de caractériser les souches inhabituelles et déceler d’éventuelles souches émergentes. Ce projet au concept One health, mené en collaboration avec le Ministère de l’élevage, et le Complexe Pédiatrique de Bangui vise à contribuer efficacement au programme de lutte contre les diarrhées dues aux rotavirus.

La gastro-entérite à rotavirus est une diarrhée aigüe, grave chez les enfants de moins de 5 ans, qui peut entrainer la mort dans des cas extrêmes. En République Centrafricaine, les rotavirus sont les agents majeurs des gastro-entérites chez les enfants hospitalisés. L’Institut Pasteur de Bangui a observé l’évolution des génotypes des rotavirus dans la population pédiatrique de Bangui par la surveillance des gastro-entérites et les derniers résultats ont mis en évidence l’émergence de génotype G/P inhabituels G9P[8]  et G12P[6]. Environ 40% des enfants de moins de 5 ans hospitalisés au Complexe Pédiatrique de Bangui pour une diarrhée, sont infectés par le rotavirus.

Le projet GENVARO « Diversité génétique et rôle de la transmission zoonotique des rotavirus chez les enfants de moins de 5 ans et les animaux des élevages familiaux en République Centrafricaine » consiste à réaliser une étude cas-témoins, épidémiologique et moléculaire des rotavirus afin de d’identifier les génotypes non communs de rotavirus A (RVA) qui peuvent émerger de la transmission zoonotique.

Ce projet est mené sur fonds propres pour la partie collecte des échantillons et bénéficie d’une collaboration du CDC Atlanta qui fournit les réactifs pour la partie moléculaire.

2020-02-10T09:50:44+00:00February 10th, 2020|Actualités, News, Recherche|

6 février 2020 – Démarrage officiel de l’étude FISSA (Febrile Illness in Sub-Saharan Africa) dans le cadre du projet ALERRT à l’hôpital de District de Sibut en République Centrafricaine

L’étude FISSA (Febrile Illness in Sub-Saharan Africa) du projet ALERRT (African Coalition for Epidemic Reseach, Response and Training) a officiellement démarré les premières inclusions à l’étude le lundi 3 février 2020 à l’hôpital de District de Sibut. L’étude vise à déterminer les causes réelles des échecs thérapeutiques ou des décès liés aux maladies fébriles en Afrique sub-saharienne en général et en Centrafrique en particulier.

Le 31 Janvier 2020 dans la ville de Sibut s’est tenue la cérémonie officielle du démarrage de l’étude FISSA dans le cadre du projet ALERRT. Cet événement a vu la participation du Préfet et du Sous-Préfet de KEMO, du Président de la Délégation Spéciale de la ville de Sibut, des principaux Chefs de Groupe et Chefs de quartier, des personnels soignants de l’Hôpital de District de Sibut impliqués dans le projet et des personnels impliqués dans la recherche clinique recrutés par l’Institut Pasteur de Bangui. L’événement avait pour but de présenter à la population de Sibut ainsi qu’à tous les acteurs, les grands axes pris en compte par le projet ALEERT à travers l’étude FISSA : objectifs, résultats et activités à mener.

Le réseau ALERRT est un consortium de 19 organisations partenaires, dont 13 en Afrique et 4 en Europe, mobilisés pour lutter contre les épidémies en Afrique Sub-saharienne à travers la recherche scientifique, les stratégies de riposte et la formation des personnels soignants. L’étude FISSA, née du projet ALEERT, cherche à déterminer les causes réelles des échecs thérapeutiques ou des décès liés aux maladies fébriles en Afrique sub-saharienne en général et en Centrafrique en particulier.

Les inclusions à l’étude FISSA ont débuté à l’hôpital de District de Sibut le lundi 03 Février 2020 et s’étendront sur 12 mois. La prochaine étape sera le lancement officiel de la même étude à l’Hôpital de District de BODA. Sur ce second site, l’Institut Pasteur de Bangui travaillera en collaboration technique avec l’ONG ALIMA, un autre partenaire du réseau ALERRT en Centrafrique.

 

 

2020-02-06T14:01:11+00:00February 6th, 2020|Actualités, ALERRT, News, Recherche|

24 janvier 2020 – L’institut Pasteur de Bangui surveille l’Hépatite B en République Centrafricaine

Le laboratoire des Hépatites virales de l’Institut Pasteur de Bangui se préoccupe de l’impact épidémiologique et pronostique des mutations du virus de l’hépatite B (génotype E/A, mutants d’échappement immunitaire et mutants de polymérase) en République Centrafricaine.

Selon les travaux de l’Institut Pasteur, on estime que 8% de la population de Bangui est porteuse de de l’antigène de surface du virus de l’hépatite B (Ag HBs) témoignant d’une infection chronique.

Le patrimoine génétique du virus de l’hépatite B (VHB) est complexe. L’existence de différents génotypes constitue un premier niveau de variabilité, auquel se superpose un second niveau, représenté par l’apparition de virus mutants. Les génotypes décrivent la répartition géographique du VHB et influent sur l’évolution de la maladie et l’efficacité des traitements. Les mutations observées, notamment sur le gène S, peuvent conduire à des résultats faussement négatifs avec certains tests de dépistage de l’Ag HBs, ce qui représente un risque pour le patient non dépisté et pour la sécurité de la transfusion sanguine. Les mutations portant sur la polymérase virale sont associées, pour leur part, à la possibilité d’un échappement au traitement.

Le laboratoire des Hépatites de l’Institut Pasteur de Bangui contribue à la surveillance épidémiologique du VHB en Centrafrique par la caractérisation de ces particularités génétiques. Dans ce contexte, une étude a été conduite sur les mutations du VHB, retrouvées chez les patients dépistés par le Laboratoire d’Analyses Médicales de l’Institut Pasteur de Bangui sur la période 2017-2019. Des sérums provenant de 118 patients porteurs confirmés de l’Ag HBS, sans antécédents de traitement ou de vaccination contre le VHB ont été échantillonnés. Parmi les séquences du VHB, 49 étaient de génotype E et 2 étaient de génotype A, sous-génotype A1, sérotypés respectivement ayw4 et ayw1. Des mutants d’échappement immunitaire potentiels sY100C, sA128V et sM133T ainsi que plusieurs mutants de la polymérase ont été identifiés.

Ces résultats confirment l’émergence en Centrafrique de virus variants de l’hépatite B pouvant, à l’avenir, impacter négativement le suivi et la prise en charge locale de cette maladie.  Cette situation justifie la nécessité d’études plus larges et la mise en place d’activités sentinelles continues.

2020-01-24T14:20:40+00:00January 24th, 2020|Actualités, News, Recherche|

20 janvier 2020 – “Une étude entomologique pionnière menée dans la partie Sud-Ouest de la République Centrafricaine a permis de réactualiser, après plus de 40 ans, les données sur la sensibilité des vecteurs du paludisme aux insecticides et, pour la première fois, mettre en évidence les mécanismes impliqués dans ces résistance”

Les entomologistes de l’Institut Pasteur de Bangui recommandent au Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) et autres partenaires, d’élaborer des stratégies de lutte adaptées au contexte local, après avoir dressé un état des lieux dans la partie sud-ouest de la RCA, comprenant la mise à jour de l’inventaire des espèces d’Anophèles et des études appropriées sur la résistance de ces vecteurs aux insecticides.

 

La lutte efficace contre les vecteurs du paludisme nécessite de suivre dans le temps les espèces locales de vecteurs, leur comportement et leur sensibilité aux insecticides. En Centrafrique, faute de collecte périodique de ces données, la lutte antivectorielle ne produit plus l’effet souhaité.

Le laboratoire d’entomologie médicale de l’Institut Pasteur de Bangui a mené entre 2018 et 2019, une étude pour évaluer la sensibilité aux insecticides d’Anopheles gambiae s.l., vecteur majeur du paludisme et cartographier les espèces anophéliennes dans la partie Sud-Ouest de la RCA. Les sites étaient notamment : Mbaïki, Batalimo, Boda, Nola, Bayanga, Berberati, Carnot, Baoro et Bouar. L’équipe du laboratoire a relevé, lors de ses prospections, que la majorité des gites larvaires des anophèles étaient créée par l’homme et se situaient pour la plupart à proximité des habitations humaines. Cela constitue un facteur de risque majoré pour la transmission du paludisme. Cette étude a permis de mettre en évidence, la résistance à presque toutes les molécules insecticides testées, y compris les pyréthrinoïdes qui représentent la famille des insecticides recommandée par l’OMS pour l’imprégnation et la pulvérisation intra-domicilaire. Les bio-essais réalisés avec le butoxyde de pipéronyl (PBO), un synergiste des pyréthrinoïdes, ont montré des résultats satisfaisants sur la sensibilité de certaines populations d’An. gambiae s.l. aux pyréthrinoïdes. Enfin, en termes de mécanismes mis en œuvre par les moustiques, une forte prévalence de la mutation L1014F a été mise en évidence ainsi que des quantités élevées de certaines enzymes de détoxification des insecticides comme les estérases (α et β) et le glutathion S-transférase (GST). Parmi les espèces identifiées, An. gambiae s.s. représente l’espèce majoritaire sur tous les sites.

En conclusion, le statut de résistance observé parmi ces vecteurs a de graves conséquences pour la lutte contre le paludisme en RCA. A l’issue de cette étude et au vu des résultats générés, des recommandations ont été faites au PNLP et aux autres partenaires impliqués dans la lutte contre le paludisme en RCA afin d’élaborer des stratégies de lutte adaptées aux situations locales. Ces activités ont été menées grâce à un financement du Fond Mondial via World Vision.

 

 

2020-01-22T08:28:05+00:00January 22nd, 2020|Actualités, News, oms, Recherche|