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10 octobre 2018 – Monkeypox en République Centrafricaine : l’heure est à la prévention

 

Les instituts Pasteur de Bangui et Paris projettent d’unir leurs compétences pour décrire l’épidémiologie du Monkeypox en République Centrafricaine.

La variole du singe ou Monkeypox est une maladie virale dont les signes rappellent ceux de la variole historique (éruption pustuleuse, fièvre, entraînant parfois la mort dans 1 à 10% des cas). En République Centrafricaine, les épidémies de Monkeypox sont récurrentes dans certaines régions du pays où le virus est endémique. Le réservoir du virus en faune sauvage, n’est pas formellement identifié et très peu de données sont disponibles sur les modes de contamination en République Centrafricaine. Depuis quelques années, l’Institut Pasteur de Bangui a fait du Monkeypox l’une de ses thématiques de recherche prioritaires.
Dans ce contexte, le médecin spécialiste en maladies infectieuses et tropicales, Dr Camille Besombes de l’Institut Pasteur à Paris, était en mission exploratoire à Bangui du 2 au 9 octobre 2018 pour définir les bases d’un ambitieux projet de recherche. Ce travail associera les équipes de l’institut Pasteur de Bangui et l’unité de recherche et d’expertise en épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur à Paris. Il vise à améliorer les connaissances sur l’épidémiologie locale du Monkeypox par une approche multidisciplinaire : clinique, épidémiologique, anthropologique, environnementale et microbiologique.
Au cours de sa mission, le Dr Besombes s’est rendue dans la région de la Lobaye, épicentre de la maladie en RCA. Elle a pu constater les modalités de prise en charge d’une alerte, notamment pour ce qui concerne la logistique des prélèvements biologiques depuis les patients symptomatiques jusqu’au Laboratoire des arbovirus, des fièvres hémorragiques virales, virus émergents et zoonoses de l’Institut Pasteur de Bangui.

2019-05-29T02:23:38+00:00October 10th, 2018|Actualités, MONKEYPOX, Recherche|

5 octobre 2018 – La méningite en République Centrafricaine, un casse-tête bactériologique

Une étude faite en 2015/2016 montre la circulation épidémique du méningocoque de type w rattachés au complexe clonal hyper invasif Nm/cc11 en République Centrafricaine.

Chaque année durant la saison sèche, l’Afrique Sub-Saharienne est frappée par des épidémies de méningite, maladie infectieuse causée par une bactérie appelée méningocoque, souvent mortelle lorsque sa prise en charge est trop tardive ou inadaptée. La zone du continent concernée, appelée la ceinture de la méningite, s’étend du Sénégal à l’Ethiopie, elle comprend la zone nord de la République Centrafricaine.
Jusqu’en 2010, le méningocoque prédominant dans la ceinture de la méningite appartenait au type A. Après cette date, qui correspond au démarrage de campagnes de vaccination massives contre le méningocoque A organisées par l’OMS, on a assisté à la quasi disparition de cette bactérie. Malheureusement la maladie persiste car d’autres types de méningocoque, non pris en charge par le vaccin utilisé, ont émergé depuis. Le type C a été rapporté au Niger et au Nigéria en 2015 et une étude centrafricaine a montré la circulation épidémique du méningocoque de type W en 2015 et 2016.
Pendant ces 2 années, le dispositif centrafricain de surveillance de la méningite a détecté 276 cas dont 25 mortels. Parmi ces patients, 80 ont fait l’objet d’un prélèvement biologique par ponction lombaire, transmis à l’Institut Pasteur de Bangui. Le laboratoire de bactériologie a ainsi identifié 66 cas d’infections à méningocoque, tous apparentés au type W et rattachés au complexe clonal hyper invasif Nm/cc11.
Le méningocoque de type W peut être prévenu par un vaccin adapté, encore trop coûteux pour son inclusion dans les campagnes de vaccination de masse.

2018-10-07T17:56:19+00:00October 7th, 2018|Actualités, popup actu, Recherche|

1er octobe 2018 – La leptospirose en République Centrafricaine : mythe ou réalité ?

La leptospirose est méconnue et pourrait être responsable de certains cas inexpliqués d’ictères fébriles en République Centrafricaine.

Malgré un environnement local favorable, la leptospirose n’a encore jamais été décrite en République centrafricaine. La leptospirose, également baptisée la « maladie des rats », est causée par des bactéries du genre Leptospira transmises par l’environnement souillé par l’urine des animaux réservoirs, les rongeurs le plus souvent mais aussi d’autre mammifères, notamment les bovins et les ovins. Les symptômes associés sont peu spécifiques (fièvre, courbature) et d’intensité variable. En revanche, la prise en charge tardive de la maladie peut entraîner un risque de complications parfois mortelles par atteinte du foie et des reins.

Elle touche environ 1 million de personnes dans le monde causant 60.000 décès, principalement dans les pays du Sud. Les inondations et conditions sanitaires précaires favorisent les épidémies de leptospirose.

Une étude menée à l’Institut Pasteur de Bangui indique que la leptospirose pourrait être responsable de certains cas inexpliqués d’ictères fébriles dans le pays. Ce travail a été conduit en marge de la surveillance de la Fièvre Jaune, dont la leptospirose est un diagnostic différentiel habituel. Des marqueurs de la leptospirose ont été ainsi retrouvés chez des patients cliniquement suspects de Fièvre Jaune mais non confirmés par le laboratoire pour ce virus. Il est donc probable que la leptospirose survienne en République centrafricaine de façon d’autant plus discrète que cette pathologie n’est pas ou peu connue des cliniciens, multiforme et résolutive par les antibiotiques souvent prescrits à l’aveugle.

A ce jour, il n’y a pas de données épidémiologiques sur le nombre de décès en République Centrafricaine liés à la leptospirose. Une étude complémentaire serait nécessaire pour mieux décrire le tribut en santé publique de cette pathologie, les souches de Leptospira rencontrées et évaluer précisément leurs réservoirs en faune sauvage ou domestique pour adapter sa prévention.

2018-10-01T19:49:06+00:00October 1st, 2018|Actualités, popup actu, Recherche|

19 septembre 2018 – 8.8 % de personnes sont porteuses chroniques du virus de l’hépatite B à Bangui en République Centrafricaine

Au milieu des années 80, une épidémie d’hépatite fulminante delta avait tué 88% des 124 patients hospitalisés à Bangui, en République Centrafricaine. En 2010, 25 ans après cette épidémie, une étude de l’Institut Pasteur de Bangui révèle que le virus de l’hépatite B/delta circule toujours activement chez des jeunes adultes asymptomatiques.

L’Institut Pasteur de Bangui (IPB) a étudié l’évolution des infections au virus de l’hépatite B (VHB) et au virus de l’hépatite delta (VHD) vingt-cinq ans après l’épidémie d’hépatite fulminante VHB/VHD des années 80. Lire l’article…

Actuellement à Bangui, au moins 8% de la population des jeunes et des femmes enceintes est porteur de l’Ag HBs, témoin de l’infection active du VHB. 5,4% des jeunes et 18,8% des femmes enceintes infectés par le VHB sont de plus contaminés par le virus de l‘hépatite delta. Les résultats de cette étude indiquent que les infections par le VHB et le VHD sont toujours actives et demeurent un problème de santé majeur en République Centrafricaine.

D’anciennes études ont également montré que 90% des nouveau-nés infectés à la naissance deviennent porteurs du VHB. L’immunothérapie, le meilleur moyen de bloquer la transmission du virus de la mère à l’enfant, n’est pas utilisée en Centrafrique à l’heure actuelle. Le vaccin contre l’infection par le VHB, le seul moyen de prévention, est devenue obligatoire chez les enfants de 0 à 11 mois en République Centrafricaine que depuis 2008. La couverture vaccinale néonatale est très faible à cause des troubles politico-militaires.

L’hépatite delta est mal connue et mal soignée le plus souvent. Le VHD ne peut que co-infecter ou surinfecter un sujet préalablement infecté par le VHB. Le VHD n’est qu’un virus satellite du VHB. Sa prévention devrait être plus facile grâce à la vaccination. La sensibilisation à la vaccination contre le VHB des autorités sanitaires et du grand public contribuerait à réduire les infections par le VHB et le VHD.

2018-09-24T18:38:45+00:00September 24th, 2018|Actualités, Non classé, Recherche|

8 août 2018 – Les premières journées scientifiques de Bangui

 

L’Institut Pasteur de Bangui et l’Université de Bangui relèvent le défi d’organiser les premières journées scientifiques. 2 jours, pour mettre en avant la santé humaine, animale et végétale en accueillant des spécialistes, médecins, chercheurs et étudiants du monde entier pour cet événement francophone exceptionnel. Un événement qui se déroulera du 28 au 29 novembre à Bangui.

Les objectifs

 Autour de la thématique « Interactions hôte-agents pathogènes en Afrique tropicale », l’objectif de cette conférence est de stimuler les échanges et de générer de nouvelles perspectives aussi bien pratiques que théoriques dans les défis contre les maladies infectieuses. En encourageant la collaboration interdisciplinaire et la réflexion innovante, cette conférence tend à faire le pont entre les maladies infectieuses humaines, animales et végétales au travers de conférences, tables rondes, et discussions informelles.

Les intervenants :

  • Pr Philippe VAN DE PERRE Université de Montpellier, France ;
  • Pr François-Xavier WEILL Institut Pasteur Paris, France ;
  • Pr Sylvain BAIZE Directeur du Centre National de Référence des fièvres hémorragiques à Lyon, France. Institut Pasteur ;
  • Dr Oumar TRAORE Chercheur, Directeur de recherche en virologie à l’Institut de l’Environnement et des recherches agricoles (INERA) au Burkina Faso ;
  • Pr Richard NJOUOM, Laboratoire de Virologie, Centre Pasteur du Cameroun ;
  • Pr Léon Hervé ILOKI, Service de gynécologie obstétrique au CHU de Brazzaville, Département des formations doctorales à la faculté des sciences de la santé de l’université Marien-Ngouabi ;
  • Pr Laurent BÉLEC, Laboratoire de Virologie, Hôpital Européen Georges Pompidou, Université Paris Descartes (Paris V), Paris, France ;
  • Pr Ildevert P GBÉRY, Département de Dermatologie et d’Infectiologie, Université Félix Houphouët Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire ;
  • Pr Jean Rosaire IBARA, Service de Gastroentérologie au CHU de Brazzaville, Faculté des Sciences de la Santé Université Marien Ngouabi.

A propos de :

L’Institut Pasteur est une fondation privée reconnue d’utilité publique. L’Institut Pasteur de Bangui, créé en 1961, fait partie du Réseau International des Instituts Pasteur. Ses activités sont centrées sur la recherche, la santé publique et l’enseignement.

Tout savoir sur les journées scientifiques…

2018-08-08T18:14:00+00:00August 8th, 2018|Actualités, Recherche|

6 juillet 2018 – Les inclusions à l’étude AFRIBIOTA sont terminées

 

L’étude AFRIBIOTA lancée en mars 2016 en Centrafrique et à Madagascar, vient de franchir une étape importante : la fin de la période d’inclusion.

Le Dr. Pascale Vonaesch, Co-PI du projet AFRIBIOTA, en mission à Bangui, annonce la fin du recrutement pour l’étude AFRIBIOTA en Centrafrique dont les principaux résultats sont attendus début 2019.

L’étude AFRIBIOTA lancée en mars 2016 en Centrafrique et à Madagascar, vient de franchir une étape importante : la fin de la période d’inclusion.

Discours de Pascale Vonaesch à la cérémonie de fin des recrutements à l’étude AFRIBIOTA en Centrafrique.

Une cérémonie informelle s’est tenue à cette occasion dans les jardins de l’Institut Pasteur de Bangui et un repas a été partagé entre les principaux acteurs AFRIBIOTA en Centrafrique à savoir le Directeur de l’Institut Pasteur de Bangui, le Dr. Jean-Pierre Lombart, le Directeur du Complexe Pédiatrique de Bangui, le Pr. Jean-Chrysostome Gody, le responsable pays AFRIBIOTA en Centrafrique, le Dr. Serge Ghislain Djorie et toute l’équipe AFRIBIOTA.

Pour rappel

Un total de 520 enfants ont participé à cette recherche qui a pour objectif de mieux comprendre la malnutrition infantile chronique. Le projet AFRIBIOTA est soutenu par la Fondation Total, l’Institut Pasteur, la Fondation Odyssey Re et la Nutricia Research Foundation.

2019-05-28T20:46:38+00:00July 10th, 2018|Actualités, AFRIBIOTA, Recherche|

02 juillet 2018 – Pourquoi évaluer la sensibilité des moustiques (Anophèles) aux insecticides en Centrafrique ?

De juin 2018 à juin 2019, une étude coordonnée par l’Institut Pasteur de Bangui et financée par le Fond Mondial à travers Word Vision met en œuvre l’évaluation de la sensibilité des vecteurs du paludisme aux insecticides dans certaines régions en Centrafrique.

Le paludisme est une maladie infectieuse, mortelle mais curable. Il est transmis par les piqûres de moustiques femelles du genre Anopheles. En République Centrafricaine (RCA), le paludisme se transmet de manière intense et pérenne toute l’année. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les deux méthodes de base pour lutter contre la transmission du paludisme sont l’usage de Moustiquaires Imprégnées d’Insecticides à Longue Durée d’Action (MILDA) et la pulvérisation intra-domiciliaire (PID) d’insecticides rémanents.

Malheureusement, la résistance des vecteurs aux insecticides a été rapportée dans différentes régions du monde incluant l’Afrique sub-saharienne. Ce constat constitue alors un obstacle majeur pour le contrôle des moustiques qui transmettent le paludisme et d’autres maladies.

La République Centrafricaine ne dispose pas de données récentes sur les moustiques vecteurs du paludisme, leur répartition ainsi que leur sensibilité aux insecticides pour l’ensemble du pays mises à part les données obtenues au niveau de Bangui la Capitale et ses environs.

Le service d’Entomologie médicale de l’Institut Pasteur de Bangui (IPB) dirigé par le Dr Carine NGOAGOUNI, mène des études d’intérêt médical sur la connaissance des moustiques comme les Anophèles (vecteur du Plasmodium) et des Aedes (vecteur des arbovirus). L’objectif est de déterminer le rôle épidémiologique de chaque espèce et proposer des moyens de lutte efficaces.

Financé par le Fond Mondial à travers World Vision, la présente étude vise à évaluer dans certaines régions sanitaires de la RCA, la sensibilité des vecteurs du paludisme aux insecticides. L’étude sera coordonnée par l’équipe d’entomologistes médicaux de l’IPB en partenariat avec le Ministère de la Santé à travers le Service de Lutte contre le Paludisme (SLP), World Vision et une expertise internationale représentée par l’Institut Pasteur de Dakar au Sénégal (IPD) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) à Montpellier en France.

L’équipe d’entomologistes de l’IPB procédera à l’échantillonnage des populations naturelles d’anophèles sur les différents sites retenus dans cette étude. Elle réalisera également les différentes analyses de laboratoire (identification morphologique, bio-essais, analyses moléculaires et biochimiques).

2018-07-02T14:58:02+00:00July 2nd, 2018|Actualités, Recherche|

25 juin 2018 – Comment l’Institut Pasteur répond à la malnutrition en République Centrafricaine ?

L’Institut Pasteur de Bangui lance, le 25 juin 2018, le projet MALINEA (MALnutrition et INfections Enfances d’Afrique) dont l’objectif est d’améliorer la prise en charge des enfants atteints de malnutrition.

La malnutrition de l’enfant est un problème majeur de santé publique en zone intertropicale. Elle est particulièrement fréquente et amplifiée dans le contexte géopolitique perturbé de la République Centrafricaine.

Le projet MALINEA vise à valider des stratégies nutritionnelles nouvelles chez les enfants âgés de 6 à 24 mois et atteints de malnutrition aiguë modérée. Ce projet est initié par l’Institut Pasteur de Paris et financé par le Ministère français des Affaires Etrangères et du Développement International. Il est réalisé dans quatre pays africains particulièrement exposés aux problèmes de malnutrition : la République Centrafricaine, Madagascar, le Niger et le Sénégal.

Un effectif total de 210 enfants sera inclus dans ce projet en République Centrafricaine. Une bouillie préparée à base d’une nouvelle qualité de farine de blé enrichie de soja, lait, vitamines et sucres sera administrée quotidiennement à ces enfants pendant une période de trois mois. L’état de la santé de chaque enfant sera régulièrement évalué jusqu’au sixième mois de suivi.

En République Centrafricaine ce projet a démarré ses activités le lundi 25 juin 2018 sous la coordination du Dr Alexandre MANIRAKIZA, responsable du service d’Epidémiologie à l’Institut Pasteur de Bangui.

Les résultats attendus au cours de ce projet permettront d’adapter les stratégies de prise en charge utilisées dans les structures de santé pour la malnutrition.

2018-06-28T18:52:23+00:00June 28th, 2018|Actualités, MALINEA, Recherche|