Santé – Nos expertises

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29 mai 2021 – Tuberculose multirésistante en République Centrafricaine : le point sur le niveau actuel de la résistance aux antituberculeux de 1ère ligne

 

Les formes multirésistantes de la tuberculose notamment aux deux antibiotiques principaux prescrits en première intention, la rifampicine et l’isoniazide se développent et concernent la plupart des cas en République Centrafricaine. Cette résistance combinée entraîne l’inefficacité des traitements de première intention, une mortalité et une contagion accrues, et l’acquisition de résistances additionnelles à d’autres antituberculeux. Une étude menée par l’Institut Pasteur de Bangui sur 225 patients diagnostiqués tuberculeux a montré que 73,2% des résistances ont concerné à la fois la rifampicine et l’isoniazide. Et dans 34,2%, elles ont concerné tous les antituberculeux de première ligne.

Depuis la découverte du bacille tuberculeux par Robert Koch en 1882, la tuberculose continue d’être un problème de santé publique dans le monde. En 2018, L’OMS a rapporté 10 millions de cas de tuberculose dans le monde dont 1,2 million de décès hors patients VIH. Les cas de tuberculose multi résistante (TBMR) à la rifampicine et l’isoniazide étaient estimés à 484 000 dont 214 000 décès. Si la prévalence globale de la TBMR est estimée en 2018 à 3,4% chez les nouveaux patients et 18% des cas précédemment traités, des taux plus élevés ont été rapportés en Russie avec plus de 25% chez les nouveaux cas et plus de 50% chez les retraitements.

La pharmaco résistance apparait donc aujourd’hui comme un problème majeur dans la prise en charge de la tuberculose pulmonaire car si un patient a une tuberculose pharmaco résistante, sa maladie ne répondra pas à l’un des deux principaux antituberculeux que sont la rifampicine et l’isoniazide. Les deux principales causes du développement de la résistance aux médicaments sont connues pour être la non-observance du traitement prescrit et l’utilisation de schémas de traitement inadéquats.  Parmi les facteurs de risque importants de résistance aux médicaments, il a été rapporté le traitement antérieur avec des médicaments antituberculeux et le contact avec une personne atteinte de tuberculose pharmaco résistante.

L’émergence et la propagation de la TBMR constituent un véritable challenge pour la stratégie « Mettre fin à la tuberculose d’ici à 2035 » car elles compromettent tous les acquis des programmes mondiaux de lutte contre la tuberculose et menacent de déstabiliser la lutte mondiale contre cette maladie.

La prévalence de la TBMR augmente partout dans le monde, tant parmi les nouveaux cas de tuberculose que parmi ceux déjà traités alors que seulement 50% de ces patients atteints de TBMR ont été traités avec succès. Un patient atteint de TBMR est une source de danger pour la santé publique qui ne peut pas être sous-estimé.

La République Centrafricaine est l’un des pays ayant une forte charge tuberculeuse avec une incidence de 540/100 000 habitants mais à ce jour, il n’existe que des données partielles au niveau national sur la prévalence de la TBMR. Des études circonscrites réalisées en 2010 et en 2011 respectivement sur les résistances primaires et secondaires avaient rapporté 0,4% de résistances primaires et déjà 40% chez les retraitements…. Lire l’article.

L’Institut Pasteur de Bangui abrite le Laboratoire National de Référence de la Tuberculose (LNR-TB) pour le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT) du ministère de la santé de la République Centrafricaine. Les activités du LNR-TB sont :

  • La coordination des 80 Centres de Diagnostic et de Traitement (CDT) de la République Centrafricaine ;
  • La formation initiale des techniciens en bacilloscopie ;
  • La fourniture des intrants et réactifs (bascilloscopie) à tous les CDT ;
  • La supervision des activités des CDT ;
  • L’organisation des Contrôles de Qualité Externe (CQE) pour tous les CDT ;
  • La surveillance de la TBMR dans le pays.

07 février 2019 – VIH-1 : Améliorer la prise en charge en République Centrafricaine

Le Dr Vincent LACOSTE de l’Institut Pasteur (Paris), actuellement en mission en République Centrafricaine, met en place une nouvelle compétence au Laboratoire d’Analyses Médicales de l’Institut Pasteur de Bangui. En complément de la détermination de la charge virale du virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1), cette nouvelle analyse vise à identifier les résistances du VIH aux médicaments antirétroviraux (ARV) chez les personnes infectées par le virus. Cette mission est financée par l’Initiative 5% – canal 1 du Fonds Mondial gérée par Expertise France.

 

Un besoin actuel dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH-1 (PVVIH) en Centrafrique

L’objectif 90-90-90 de l’Onusida vise à ce que d’ici 2020 : (1) 90% des PVVIH soient diagnostiquées ; (2) 90% des personnes diagnostiquées soient sous traitement antirétroviral (ARV) ; (3) 90% des personnes sous traitement aient une virémie contrôlée.
Depuis 2017, la quantification de la charge virale est réalisée en RCA à l’Institut Pasteur de Bangui et au Laboratoire National grâce au soutien du Fonds Mondial. Avec un recul de près de 2 ans, on constate qu’une proportion importante des PVVIH suivies reste en échec virologique, malgré les traitements ARV.
L’atteinte du 3ème objectif nécessite aujourd’hui la réalisation des tests génotypiques pour la recherche des mutations associées à la résistance du virus aux ARV chez les patients en échec et valider les traitements de seconde intention.

 

La mise en place du génotypage des résistances aux ARV du VIH-1

Menée par le Dr Vincent LACOSTE de l’Institut Pasteur (Paris)Le Dr Vincent LACOSTE de l’Institut Pasteur (Paris), actuellement en mission en République Centrafricaine, met en place une nouvelle compétence au Laboratoire d’Analyses Médicales de l’Institut Pasteur de Bangui. En complément de la détermination de la charge virale du virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1), cette nouvelle analyse vise à identifier les résistances du VIH aux médicaments antirétroviraux (ARV) chez les personnes infectées par le virus. Cette mission est financée par l’Initiative 5% - canal 1 du Fonds Mondial gérée par Expertise France., une mission de 2 mois en Centrafrique vise à mettre en place une nouvelle analyse complémentaire dans le but d’identifier les résistances du VIH-1 aux médicaments antirétroviraux. Cette analyse sera disponible au Laboratoire d’Analyses Médicales de l’Institut Pasteur de Bangui à partir du mois d’avril 2019. Sa mise en place comprend la formation de 2 personnels du service, un biologiste médical et un technicien.Le Dr Vincent LACOSTE de l’Institut Pasteur (Paris), actuellement en mission en République Centrafricaine, met en place une nouvelle compétence au Laboratoire d’Analyses Médicales de l’Institut Pasteur de Bangui. En complément de la détermination de la charge virale du virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1), cette nouvelle analyse vise à identifier les résistances du VIH aux médicaments antirétroviraux (ARV) chez les personnes infectées par le virus. Cette mission est financée par l’Initiative 5% - canal 1 du Fonds Mondial gérée par Expertise France. Cette action se place dans le contexte de l’aide financière apportée à la RCA par le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
La technique en cours de déploiement est basée sur le protocole de l’ANRS (Agence publique française de recherches sur le sida et les hépatites virales). Elle repose sur l’étude des gènes du virus codant pour les 3 cibles enzymatiques principales des ARV : la rétrotranscriptase, la protéase et l’intégrase.

En complément, l’analyse des séquences géniques virales permettra l’identification du sous-type de VIH-1, information qui participe à l’amélioration des connaissances épidémiologiques locales.

2019-05-06T11:11:41+00:00February 7th, 2019|Actualités, Santé - Nos expertises, VIH|