Un Test rapide MPXV mis au point

En mai 2022, des épidémies de virus de la variole du singe ou monkeypox (MPXV) ont été signalées simultanément en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, soit hors des régions endémiques du virus situées en Afrique. Plus de 1027 cas ont été communiqués à ce jour. Une détection rapide, sensible et spécifique du MPXV est essentielle pour informer les autorités de santé des cas suspects dans les plus brefs délais afin de suivre les évolutions épidémiques.

Dans ce contexte, des chercheurs du Pasteur Network ont collaboré afin de développer et valider des tests de détection rapide du MPXV. Ceux-ci peuvent produire des résultats fiables en fluorescence ou en flux latéral sur une bandelette en 30 minutes. Portés par les équipes d’Emmanuel Nakouné (Institut Pasteur de Bangui) et de Nicolas Berthet et Gary Wong (Institut Pasteur de Shangaï), ces résultats devraient faire l’objet d’une future publication.

Les tests sont basés sur l’amplification isotherme, elle-même basée sur la recombinase avec ou sans CRISPR/Cas12. Ils peuvent détecter l’ADN d’échantillons MPXV positifs aussi élevés que lors d’’une détection par qPCR traditionnelle avec une valeur de cycle seuil Ct de 38. De plus, les tests se sont avérés spécifiques et sans réaction croisée contre d’autres pox virus, tels que la vaccine. Ces résultats fournissent une plate-forme solide pour le diagnostic précoce des cas potentiels de MPXV et contribueront à la prévention et au contrôle des épidémies actuelles et futures de MPXV.

Le MPXV reste un pathogène tropical négligé. Il est étroitement lié à la variole, une maladie qui a été éradiquée chez l’homme depuis les années 1980. Bien que des épidémies de MPXV soient régulièrement signalées en Afrique parmi les communautés les plus pauvres, il demeure sous-étudié, même suite à la première épidémie de MPXV signalée hors zone endémique : aux États-Unis en 2003.